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 La Trilogie des Anges (I) Les Anges de Galinaus

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MessageSujet: Re: La Trilogie des Anges (I) Les Anges de Galinaus   Jeu 15 Juin - 20:22

[...]
Il discutait avec Lumiale au bord de la fontaine quand surgit Angélique qui sortait du bureau de Julius. Sans faire attention à ce qu'elle faisait et sans le faire exprès, elle bouscula Clavis qui tomba en arrière, dans la fontaine. Tous les Gardiens regardèrent le spectacle, inquiets. Le Gardien de l’Ombre se releva et sortit du bassin sans aucune expression apparente sur son visage. Il retira sa tunique trempée qu’il donna à Lumiale, gardant sa chemise blanche, à présent transparente. Angélique, inquiète, s’exclama :

« Clavis ! Tu vas bien ? »

Clavis ne répondit pas. Il essorait ses longs cheveux noirs. La jeune fille insista.

« Oui… répondit-il dans un murmura en plongeant sa main dans l’eau pour récupérer son diadème »

A la surprise de tous, qui pensaient qu’Angélique serait sévèrement punie, Clavis sourit. Lumiale était aux anges et Angélique rougit jusqu’aux oreilles.

« Ne t’en fait pas. ça va très bien… et alors ? Je me suis ridiculisé devant tout le monde mais quelle importance ? Ce n’est pas la fin du monde. »

Sa voix qui d’habitude était mystérieuse et sèche était au contraire douce, chaude et protectrice. « Comment ridiculiser un homme charismatique en moins de deux minutes… » pensa Olivier.
- Je me suis bien amusé. Pas toi ? demanda-t-il en gardant son sourire.
- Je ne l’ai pas fait exprès… je suis désolée. Je ne voulais pas…
- Ce n’est pas grave. Il fait beau et j’avais chaud !

Julius, qui était à sa fenêtre, sourit sans s’en rendre compte. Il reprit sa place devant son bureau. « C’est ce Clavis-là qui me manque le plus dans tout ce que j’ai perdu. »

L’après-midi, alors que les demoiselle avaient repris les cours, les Gardiens restaient encore dans le parc (ils sont payés pour le rien foutre ou quoi ? ? ?). Le Gardien de la Lumière lisait un livre, assit sur le rebord de la fontaine. Oscar eut une idée qui lui traversa l’esprit comme la foudre. Il posa sa main sur l’épaule de Julius et le fit tomber en arrière à la surprise générale. Clavis, changé, ainsi que les autres, furent extrêmement surpris de cet acte suicidaire d’Oscar. Julius était tombé à l’eau. Il releva la tête et recracha l’eau qu’il avait dans la bouche.

« Oups » murmura Oscar, satisfait. (ils n’ont que ça à faire… attendez ! continuez à lire ! ! va y avoir de l’action… bientôt…)

Le Gardien de la Lumière sortit du bassin de la fontaine, ruisselant. Il avait la respiration saccadée et s’appuya sur le banc d’à côté. Tous les Gardiens regardaient Julius et Oscar, stupéfaits, en s’inquiétant du sort du Gardien du Feu. Le blond se redressa en fermant les yeux. Clavis, lui, avait souri, mais c’était Angélique et involontaire ! Julius, lui, n’avait pour certains aucun sens de l’humour. Il regarda le rouquin d’un regard noir et soupira d’impatience. Oscar ne souriait pas plus que lui, désormais, en découvrant ce regard qui lui offrait son meilleur ami. Julius commença à sourire puis il ne pouvait plus s’empêcher de rire sous les yeux étonnés des autres Gardiens qui ne l’avaient jamais vu rire aux éclats. Puis il devint silencieux, enleva son diadème doré et le posa. Il essora ses cheveux avant de s’appuyer sur Oscar. Il le poussa dans la fontaine.
- Oups, excuse-moi Oscar, mais que je peux être très rancunier, parfois, dit-il dans un sourire radieux.
- Je vois ça, oui…
- Tu ne sais pas t’amuser qu’il disait l’imbécile.
- Je n’en ai pas besoin qu’il disait l’ingrat, répliqua le Gardien du Feu en enlevant sa cape, ayant l’idée de l’essorer sur la tête de Julius, mais il se ravisa.
- Parce que Clavis est tombé tu voulais me faire le même coup… tu manques d’imaginations mon cher Oscar.
- Ça ne t’a pas empêcher de me faire la même chose, Votre Majesté.

Julius afficha à nouveau un regard noir. Celui lui déplaisait qu’on joue sur ses origines. Il partit se changer. Quelques minutes plus tard, il sortit de sa chambre l’air éteint. Il se cogna contre quelqu’un et manqua de tomber par terre.
- Tu aurais pu faire attention ! s’exclama Clavis, l’homme qui a été bousculé. (nan c’est pas ça encore « l’action ».
- Excuse-moi alors ! répondit l’autre en reprenant son chemin.
- Tu feras attention où tu poses tes pieds la prochaine fois.
- Dis, intervint Oscar, hors de lui. Clavis, tu n’as pas un truc à faire, comme regarder la fin du monde, ou ta propre fin dans ta boule de cristal, par exemple ? Enfin, quoi qu’il en soit, tire-toi !

Julius le coupa dans sa réflexion en le prenant par le bras et en le menant à la bibliothèque.
- Tu n’aurais pas dû dire cela, Oscar. Qu’est-ce qui t’a pris ? Que tu ne l’aimes pas, je peux comprendre mais tu n’as pas le droit de lui manquer de respect ! C’est tout de même un puissant Gardien, surdoué dans son domaine et irréprochable !
- Tu as vu comme il te regardait ? Tu as entendu le ton avec lequel il te parlait ? Si moi je n’ai aucun respect pour lui, il en a encore moins pour toi. Mais j’aimerai bien comprendre ! Cinq Gardiens sur neuf te détestent ! Tout d’abord Luva, il ne t’aime pas et ça se voit, moins que Clavis mais bon… Luva ? Lui qui est si gentil ? Je ne crois pas trop à l’histoire de ta fierté trop important à son goût ! Olivier c’est pareil, mais lui question excentricité tu fais pas mieux, t’as du mal à le comprendre… Zephel lui c’est normal, il déteste quasiment tout le monde à part Luva et encore… il aime bien aussi notre petit Marcy… Mais de ceux-là, tu t’en fiches royalement. Mais Clavis… Lumiale, lui, il suit Clavis alors… comme d’habitude, comme un petit chien ! Mais le seul que tu ne peux vraiment pas sentir, c’est Clavis. Ça doit déjà être inscrit dans l’Histoire des Gardiens, je vois ça d’ici : La haine entre le Gardien de la Lumière et le Gardien de l’Ombre, le combat des titans ! ! Tu vas faire un malheur face aux générations de Gardiens à venir. Pourtant vous avez tout pour vous entendre à merveille ! Tut d’abord, aucun de vous deux ne dévoilerait ses sentiments, que ce soit par la parole que par le regard. Vous êtes tous les deux immensément puissants et vous possédez un charisme impressionnant. On est paralysé devant vous. D’accord, vous êtes aussi deux antithèses, ne serait-ce par vos symboles : l’Ombre et la Lumière. Même dans vos vêtements, mais aussi physiquement… Mais votre plus grand point commun, c’est que vous ne pouvez pas vous sentir !
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MessageSujet: Re: La Trilogie des Anges (I) Les Anges de Galinaus   Jeu 15 Juin - 20:23

- Et alors ? murmura simplement Julius, l’air absent.
- Et bien je suppose que tu peux me dire pourquoi ils te détestent tant ? Je suppose que tu le sais, après tout… répondit Oscar, la voix plus calme.
- Non. Je ne peux te le dire, tout simplement parce que je ne le sais pas, continua le Gardien de la Lumière en prenant un livre.
- Vraiment ?
- Oui, fit-il d’un ton sec.
- Mais on peut faire plusieurs hypothèses ! D’abord parce que c’est toi qui nous dirige sans être officiellement notre chef…
- Je suppose… c’est possible…
- Ils sont jaloux, donc…
- Tu veux vraiment que je te dise tout ce que j’ai sur le cœur ? demanda Julius, impatient, plongeant ses yeux dans les siens.
- Et bien…
- Pourquoi le Gardien de la Lumière ?
- Comment ?
- Pourquoi c’est la Gardien de la Lumière qui dirige l’ensemble des Gardiens ?

Sa voix était trouble. Oscar regrettait amèrement d’avoir posé le sujet.
- Et bien…
- Pourquoi ne serait-ce pas un autre Gardien ?
- Je ne sais pas… mais la Lumière…
- La Lumière représente quoi dans l’Univers ? coupa Julius. L’Ombre, ça se trouve partout, l’Ombre c’est vaste ! Et le Feu, sans le feu, les hommes ne sont rien ! Et l’Eau, l’un des éléments fondamentaux, la source de toute vie sur terre… Alors ? Et le Rêve, mais tout le monde rêve. Des milliards de milliard de personnes habitent notre Univers ! Et la Terre… il n’y a pas de monde non plus, et l’Acier, avec toutes ces constructions humaines… alors ne va pas me dire que la Lumière domine l’Univers !
- Calme-toi, murmura Oscar. Mais la Lumière… d’un certain point de vu c’est aussi l’Espoir, le Bien !
- L’espoir… je représente la Lumière donc l’Espoir… quelle naïveté déroutante… marmonna Julius, ironique. Il m’a beaucoup aidé, l’Espoir, par le passé. C’est sûr…
- On ne va pas s’éterniser là-dessus… va dehors, ça te fera du bien de prendre un peu d’air, tu en as besoin !
- Comment peux-tu savoir ce dont j’ai besoin ou pas ? demanda Julius dans un murmure en prenant un autre livre. Je reste ici.
- Mais tu ne craqueras donc jamais ? Quand ça pèsera trop lourd sur ton âme, ça va faire très mal ! Tu souffres et tu ne le montre pas, mais un jour ça sera trop fort pour le cacher et ce sera pire ! s’écria le Gardien du Feu.
- Mêle-toi donc de tes affaires ! s’exclama Julius en tournant son regard vers lui. Et fiche-moi la paix !

C’était le regard le plus noir qu’Oscar n’eut jamais vu. Sa voix même était d’une sécheresse capable de rendre aride les plus vastes océans.

« Et en plus, si tu veux te mettre en froid avec moi qui suis ton plus grand soutien, t’es mal barré » murmura Oscar, plus blessé que vexé.

Julius sortit de la bibliothèque en claquant la porte. Il partait dans le salon. Passa alors Marcy poursuivit par Olivier tenant un robe rose à frous-frous jaunes à la main. Marcy se cacha derrière Julius. Olivier s’arrêta net devant le Gardien de la Lumière qui poussa un long soupir d’ennui.
- Oups… excuse-moi… dit Olivier.
- Tu n’as pas à t’excuser. Tu ne peux pas laisser Marcy un peu ? Il ne veut pas enfiler ces robes, alors respecte son choix !

Il partit sur ces mots avec Marcy.

« Bien… Votre Majesté ! »

Ils croisèrent Randy et Zephel qui se chamaillaient comme d’habitude. Randy sauta sur Zephel et le fit tomber à terre. Tout ce qui se tenait sur leur passage tombait et le vases, les porcelaines se brisèrent. Julius les sépara d’un rayon de lumière. Les deux jeunes Gardiens s’arrêtèrent doucement, évitant de nouvelles casses.

« Bien… murmura Julius d’une voix calme. Jeunes gens, vous allez me ranger tout ça. »

Zephel fit mine de sortir de la pièce mais s’arrêta devant Julius.

« Tu vas forcément avantager Randy dans cette histoire. Mais de toute façon, ne compte pas sur moi pour t’obéir ! » dit-il sèchement.

Et il partit. Le soir, au dîner, comme d’habitude régnait le silence entre plusieurs conversations futiles. Oscar le coupa :
- J’aimerai savoir, Clavis, pourquoi tu hais autant Julius ?
- Oscar ! coupa l’intéressé.
- Ça c’est une affaire entre lui et moi. Ça ne te concerne absolument pas, répondit machinalement Clavis.
- Je peux te poser une autre question ? continua le Gardien du Feu. Ça ne te dérangerait pas s’il arrivait quelque chose de fâcheux à Julius ?
- Ce serait plutôt drôle de le voir se débattre même dans la plus atroce des situation, conclut le Gardien de l’Ombre en regardant le Gardien de la Lumière.

Julius se leva brusquement et sortit de la pièce, agacé. Il partit se changer en claquant la porte et s’habilla pour sortir faire du cheval. Comme tous les soirs. Pour se changer les idées. Il allait galoper au-delà de la forêt. Personne ne savait où il allait. Ce n’était pas comme d’habitude cette fois. Un étrange pressentiment balaya la salle. Mais seul Oscar paraissait inquiet. Randy s’énerva.

« Il y a une rumeur que je voudrais éclaircir, Clavis… Est-ce vrai que tu as eu une aventure avec la Reine actuelle ? »

Le silence retomba momentanément. Clavis s’était immobilisé. Son regard avait perdu toute forme de colère ou d’indifférence. Il était plutôt extrêmement stupéfait qu’on lui parle de cela et était profondément mélancolique et triste à l’évocation de ce souvenir. Oui, cette rumeur était vraie. Vraie et douloureuse. Il y avait dix ans de cela, Clavis était tombé amoureux de celle qui allait être la Reine. Elle était blonde, et avait les yeux les plus bleus et les plus merveilleux que l’on puisse imaginer. Elle s’appelait Angélique. C’était pour cela qu’il avait sourit à Angélique après qu’il soit tombé dans la fontaine. Elle ressemblait beaucoup à l’Angélique de ses souvenirs. Ils s’aimaient profondément mais lorsqu’elle devint Reine, Clavis savait qu’il ne pouvait plus jamais l’approcher et en avait été bouleversé. L’aimer était interdit. En ce temps-là, Julius et lui étaient très amis, et depuis tout avait été brisé. Il était devenu sombre. Il se détachait des autres. Se repliait sur lui-même. Randy avait frappé fort.

Clavis monta alors dans sa chambre sans un mot. Au fin fond de la forêt, Julius arrêta son cheval devant une cascade illuminée tellement son eau était pure. Derrière, il y avait une petite grotte dissimulée. Le pégase blanc sentait que son maître était emplit d’une profonde tristesse et que cela empirait de jour en jour. Cela lui faisait même perdre ses pouvoirs. Julius entra dans la grotte et s’assit sur un petit rocher semblable à un banc. Il enfouit sa tête dans ses mains, les membres tremblants. Il n’en pouvait plus.

Une ombre apparut devant la cascade. Cet homme étrange commença à parler d’une voix morne.

« Julius… Gardien de la Lumière… ta fin est venue. Tu dois mourir, tel est le vœu de l’Empereur, et ce à petit feu mais avec un grand tourment. Les tiens te rejoindront aussi, et très vite, et après t’avoir vu mourir. Le Maître voudrait tant te voir expier dans le supplice ici même, mais tu seras bien au chaud dans ton lit, auprès de tes amis qui essaieront en vain de te sauver. Ils seront emplis d’une grande détresse et affaiblis par ta disparition. Tu ne mourras pas maintenant. Sinon où sera le plaisir de te voir souffrir ? Adieu ô toi le plus puissant de tous les Gardiens. »

Il avait une sorte de petit tas de poussière noire dans sa main. La manche de sa veste était relevée et son poignet portait une espèce de bracelet qui brillait fortement, éclairant le bleu pâle de ses yeux et de ses longs cheveux d’argent attachés en fine tresse. L’homme souffla et la poussière se dirigea à l’intérieur de la grotte. Le pégase s’agita, sentant le danger. Julius baissa les mains, intrigué. L’inconnu s’approcha de cette jument, fit apparaître une corde, l’attacha à l’arbre le plus proche sans qu’elle ne se défende et posa son doigt sur le front de l’animal.

« Dors, cheval du Gardien de Lumière… »

Tornade fut contrainte à obéir. L’homme partit et, étrangement, une mince larme vint couler sur une de ses joues. Julius se leva. Mais ayant inhaler sans le savoir la fine poussière. Sa tête lui tournait. De violents vertiges le déséquilibrèrent. Des spasmes affreux lui parcoururent le corps entier. Il voulut se rasseoir mais trébucha sur le rocher d’où il s’était levé. Il se cogna la tête et tomba à terre dans un bruit sourd. Du sang coula sur son front.
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MessageSujet: Re: La Trilogie des Anges (I) Les Anges de Galinaus   Jeu 15 Juin - 20:23

Minuit sonna. A la fenêtre du salon, Oscar cherchait un cavalier des yeux.

« Oh, je n’aime pas ça… j’ai comme un mauvais pressentiment… »

On entendit alors des hennissements de détresse provenant de la forêt. Tornade s’était réveillée et essayée de se détacher. Elle essayait en même temps d’appeler les autres Gardiens avant qu’il ne soit trop tard. Tous les chevaux de l’écurie entendirent les cris d’appel de leur amie prisonnière. Ils sortirent tous et attendirent leurs maîtres. Clavis était descendu à la hâte. Oscar monta précipitamment sur son cheval.
- Il y a un problème ? demanda le Gardien de l’Ombre.
- Julius a des ennuis ! Il est en danger ! s’exclama Oscar.
- Comment ça ?

Le pégase de Clavis arriva brutalement devant son maître. Il était nerveux et se cabra comme pour ordonner à son maître de le monter. Clavis fronça les sourcils et ne bougea pas. Malgré tout, le pégase mena Oscar à cette cascade. Le Gardien du Feu détacha la jument qui se réfugia contre le pégase noir qui lui caressa le flanc de ses naseaux. Des êtres si purs ne connaissaient pas la haine et ne partageaient pas l’ambiance nauséabonde où baignaient leurs maîtres.

« Julius n’aurait jamais attaché son cheval ! » constata Oscar.

Il se tourna vers le pégase blanc qui lui montra d’un signe de tête la grotte où était Julius. (super intelligent le dada) Oscar y entra et découvrit Julius, inanimé. Il le prit doucement dans ses bras, l’air inquiet. Le Gardien de la Lumière ouvrit les yeux, regarda Oscar avec une grimace de douleur et replongea dans le sommeil. Il le sortit de la grotte et le posa devant lui sur le dos de sa licorne, le tenant fermement. Les trois équidés galopèrent à une vitesse folle. Marcy, lui, sur le perron du Palais de Niria, s’inquiétait. Il regarda les étoiles et pria pour que rien ne se soit arrivé. Luva alla auprès de lui et lui posa sa veste sur ses vastes épaules.
- Il fait froid le soir ces temps-ci, murmura-t-il. Tu devrais rentrer et moins t’inquiéter.
- Non… répondit Marcy en se blottissant contre son aîné. Je sens que quelque chose s’est passé et que rien ne sera plus jamais comme avant. Je crains qu’il ne soit arrivé quelque chose à Julius. Tu as vu la tête d’Oscar ? Il semblait très inquiet. Et lorsque j’ai entendu les hennissements déchirants des chevaux, j’ai su que quelque chose de grave s’est produit. J’ai peur, Luva…
- Moi aussi, avoua-t-il.
- Quelque chose ne va pas, ajouta Randy…

Luva soupira et passa sa main sur la chevelure blonde de Marcy. Il regarda la forêt qui dégageait une aura ténébreuse. Clavis, Lumiale, Olivier et Zephel les rejoignirent. Ils aperçurent l’ombre des chevaux, puis les cavaliers, qui s’arrêtèrent brutalement devant le palais. Oscar ne dit pas un mot et prit Julius dans les bras. Marcy pâlit.
- Que… que s’est-il passé ? demanda-t-il d’une voix suraiguë.
- Je n’en sais rien… répondit le Gardien du Feu dont la voix trahissait son inquiétude.
- Il s’est simplement assommé, dit Clavis dans un sourire en voyant le filet de sang sur le front du Gardien de la Lumière.
- Non, je ne crois pas ! répliqua Oscar sous le hennissement de reproche du pégase blanc qui se cabra.

Oscar emmena Julius de toute urgence auprès du médecin du Palais. Marcy commença à pleurer. Randy caressa les chevaux tristement, se préparant à les ramener à l’écurie.
- Ce n’est rien, murmura Luva. Il a juste une petite bosse…
- Non… dit Marcy.
- Il va s’en sortir.

Le jeune Gardien cessa de pleurer et le regarda en fronçant les sourcils.
- Tu t’en moques…
- Comment ? s’étonna Luva.
- Vous vous en foutez complètement ! cria Marcy en regardant tour à tour ses aînés. Ça vous ferait bien plaisir s’il mourrait !
- Je trouve que t’y vas un peu fort, répondit Lumiale, inquiet.
- Pas du tout ! Vous cinq, vous le regarderez mourir sans broncher !

Sur ces mots, il courut en direction de l’entrée du Palais en bousculant Luva. Il gravit les escaliers et partit s’enfermer dans sa chambre. Du perron, tous entendirent la porte de la chambre claquer violemment. Randy soupira et laissa les cinq Gardiens abasourdis. Oscar allongea Julius dans un lit avant d’appeler le médecin. Ce-dernier arriva. C’était une jeune femme aux longs cheveux bruns aux grandes boucles. Elle avait de grands yeux verts. Elle se pencha sur Julius, l’air inquiet et l’examina.
- Alors, Shéryl, va-t-il s’en sortir ? demanda Oscar.
- Et bien… je ne peux pas te dire tout de suite ce qu’il a vraiment…

Elle passa sa main sur le front du Gardien.

« Il est brûlant… sa respiration est saccadée et irrégulière… Mais je ne trouve pas ce qu’il a… »

Elle lui fit une prise de sang et analysa le contenu via un ordinateur médical. Oscar se tenait derrière elle, impatient. L’échantillon de sang apparut à l’écran et Shéryl l’agrandit. L’ordinateur commença à chercher La jeune femme était immobile et Oscar pâle. Il y avait dans le sang de Julius de petites particules noires normalement absentes du corps humain.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda le rouquin.
- Par tous les Saints du ciel… murmura Shéryl, les yeux grand ouverts. Les Spores Noires…

*** Les Spores Noires ***


- Les Spores… Noires ? répéta Oscar, partagé entre l’inquiétude et l’interrogation. Et tu peux me dire ce que c’est exactement que les Spores Noires ?
- Une abomination ! répondit Shéryl. C’est une création meurtrière des forces du mal pour se débarrasser des Gardiens. Eux seuls peuvent en être infecté !
- Quoi ? Julius ne peut pas…

Shéryl se leva brutalement de sa chaise. Oscar se précipita sur Julius, indécis. Le Gardien de la Lumière n’allait pas bien. Il le savait. Mais Julius ne pouvait pas mourir !
- Il ne va pas…
- Les Spores Noires détruisent les organes vitaux lentement les uns après les autres, expliqua-t-elle dans un tremblement de voix. Je ne sais pas dans combien de temps mais Julius est condamné.
- Mais il y a un antidote ! Il y a forcément un contrepoison !
- Non… il n’y a eu que deux cas similaires dans l’histoire des Gardiens. Tous les deux sont morts sans qu’on ne puisse faire quelque chose. Ce fut une époque difficile et il s’en est fallu de peu pour que le monde de Lumière soit détruit.
- On peut trouver un antidote, répéta Oscar, calmement.
- Oscar…
- Je ne compte pas le laisser mourir comme ça ! Ce n’est pas son destin ! Ses pouvoirs sont trop grands pour qu’on le laisse disparaître ! C’est… c’est mon meilleur ami !

Il baissa ses yeux sur le visage blanchâtre de Julius qui était endormi par des somnifères. Oscar lui prit la main.
- Les anti-douleurs et produits anesthésiques n’auront qu’un effet très bref, ajouta Shéryl. Bientôt, les Spores Noires seront immunisées contre ça.
- …
- Mais nous allons le sauver. Je ne baisserai pas les bras : Moi non plus je ne le laisserai pas mourir ! Mais toi… tu as été dans cette grotte…
- Oui.
- Il faut que je t’examine, tu as peut-être été contaminé toi aussi.

Elle l’examina pour conclure qu’Oscar avait échappé aux Spores Noires.
- Et maintenant, qu’allons-nous dire aux autres ?
- Pour l’instant, rien, répondit le Gardien du Feu.

Marcy entra brusquement.
- Il ne va pas mourir ! ? Il ne peux pas mourir ! s’écria-t-il.
- Marcy-chou, fit Oscar. Je te fais la promesse qu’il s’en sortira… A nous tous, nous pourrons le sauver, tant qu’on aura la foi.

Mais le jeune Gardien n’avait pas le cœur à espérer un rétablissement. Il avait peur de voir Julius disparaître, emportant sa bienveillance, son charisme, sa jeunesse et tout le symbole du pouvoir de la Lumière. Finalement, il partit dans sa chambre accompagné par Randy qui apprit à son tour toute l’histoire. Oscar passa la nuit auprès de Julius, attendant patiemment qu’une solution vienne à lui. Randy, quant à lui, après avoir laissé Marcy, n’arrivait pas à dormir. Alors il se rendit dans la salle des Gardiens, toujours aussi choqué de la nouvelle. Il s’assit, las, dans un fauteuil moelleux.

« Alors, est-ce que Julius a une grosse bosse sur le front ? » demanda Clavis en rompant le silence.

Le Gardien du Vent hocha la tête d’un air attristé.

« Tu nous caches quelque chose… » murmura Clavis en fronçant les sourcils.
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La Trilogie des Anges (I) Les Anges de Galinaus

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