(...)
Il se retourna et vit Oscar appuyé contre le rebord de la porte, un sourire mi-figue mi-raisin.
- J'en ai assez de les voir dehors tandis que toi tu t'enfermes dans de grandes salles villes sans mot dire ! Tu es tout triste ! Mais regarde-toi !
- Ce que je suis ne regarde que moi, répondit sèchement Julius. Et je n'ai pas besoin d'aller dehors pour me changer les idées. J'ai beaucoup de travail.
- Trop justement ! Aujourd'hui, c'est repos ! Et en plus, cette ambiance malsaine est insupportable. Nous sommes au-dessus des Anges et des Êtres de Lumière et pourtant on ne se comporte pas mieux que les Terriens ! On est là pour faire régner la paix et la justice dans l'Univers et non pour se déchirer entre nous !
A sa grande surpirse, Julius sourit.
- Va-t-en leur dire et leur faire comprendre. Clavis sait que je peux faire un effort si lui en fait également. J'en ai assez de tout donner et de ne rien recevoir. Pendant vingt ans de ma vie je n'ai fait qu'aider les autres et ce depuis l'âge de cinq ans. Ca ne m'a apporté que d'être haï. Mais mon travail et le bonheur du genre humain passe avant moi et je n'ai pas le droit de m'apitoyer sur moi-même. S'ils me détestent grand bien leur fasse, c'est leur droit, c'est ce qu'ils pensent et on ne peut rien y faire. C'est dans la nature humaine que l'on soit Terrien, Humain, Gardien ou autre.
- Arrête, tu va me faire pleurer, murmura Oscar, les bras croisés.
- Ecoute, coupa Julius, profite de ta vie et ne te préoccupa pas de moi. Tu perdrais ton temps.
Oscar baissa la tête. Julius avait toujours été sincère avec lui, aucun rsique qu'il ne mente. Dans la cour, Olivier laissa apparaître une grimace. Il prit l'épée et la retira. Il haussa encore une fois les épaules et jeta l'arme d'Oscar qui apparut et qui rangea son épée dans son fourreau.
- Ne pose plus jamais tes sales pattes sur cette épée, Olivier, murmura-t-il.
- Bien sûr ! Mais fait attention où tu la "poses" ! répliqua Olivier d'un air hautain. Comment va Sa Majesté ?
- Elle t'envoie son bonjour et "amusez-vous bien" ! rétorqua le rouquin.
Personne ne prêta attention à la remarque sarcastique d'Oscar. Tous regardaient Julius qui s'était changé en cavalier. Ses longs cheveux blonds étaient attachés en un catogan qui rendait sa silhouète plus noble qu'elle ne l'était.
Athéna bave rien qu'en pensant à cette image. Il s'assit sur le rebord de la grande fontaine et plongea sa main dans l'eau fraîche d'un air mélancolique. Oscar s'approcha de lui.
"Tu ne sais vraiment pas t'amuser," sourit Oscar.
Julius se leva en silence et siffla pour appeler Tronade, son cheval, ou plus exactement un magnifique pégase blanc. Elle vola vers lui et il monta sur son dos et la fit galoper et voler dans la prairie, sautant les parterres de fleurs et les haies. Il était magnifique sur son beau cheval blanc ailé, ses cheveux voletant au vent tout comme la crinière d'ivoire de sa jument. Il ne pouvait se sentir mieux protégé qu'avec son cheval ailé. Rien ne lui apportait plus de réconfort que Tornade. Elle le comprenait.
Ne cherchez pas le sens de cette scène et de celle qui va suivre. Ce n'est pas que j'ai une grande passion pour les chevaux, j'adore ces animaux et un bel homme sur un beau cheval ça fait rêver."Vive l'été et le soleil ! cria Oscar. Maintenant, cours d'équitation ! Marcy, Randy, suivez-moi, et Randy, tâche d'être plus doué à l'équitation qu'à l'épée !"
La licorne d'Oscar apparut et Julius et lui partirent se promener dans le parc. Marcy et Randy finalement ne les rejoignirent pas. Marcy préférait rester avec Luva et jouer avec son petit oiseau bleu Chuppy. Deux jeunes filles regardaient par la fenêtre. Elles étaient les deux élues parmi des milliards de femmes choisies pour apprendre à se comporter comme la Reine de l'Outre Monde. Angélique et Rosalia poussèrent ensemble un long soupir, c'était l'heure du cours avec Charlie. Rosalia était âgée de dix-sept ans et, au début, elle n'aimait pas Angélique et la considérait comme une rivale, mais elle avait enfin fini par comprendre que c'était mieux d'avoir une amie plutôt qu'une concurrente. Elles étaient devenues les meilleures amies du monde. Rosalia provenait d'une des familles les plus nobles. Angélique était une jeune fille enjouée issue d'un milieu social moyen. Elle avait seize ans. Contrairement à Rosalia, jamais elle n'avait été élevée dans le but de devenir Reine.
- Pourquoi tu t'es montré si brutal avec Olivier ? demanda Julius.
- Juste parce qu'il ne veut fair eaucun effort.
- Ca peut se comprendre, soupira le Gardien de la Lumière, songeur. Mais un Gardien se doit...
- Tu sais Julius, coupa Oscar qui commençaient par "un Gardien se doit...". Il faudrait qu'on fasse quelque chose...
- Dis ça à Clavis, répliqua Julius, il va bien t'accueillir.
Marcy vit Chuppy s'envoler. Mais quelques secondes après, un petit robot volant le percuta violemment. Zephel bondit alors, ramassant son oeuvre, laissant le pauvre Chuppy blessé. Randy accourut. Marcy prit son oiseau dans le creux de ses mains, inquiet.
- Tu l'as fait exprès ! s'exclama Randy.
- Non ! Figure-toi que je suis en train de le tester et qu'il est encore défectueux !
- Ce n'est pas la première fois que ton oiseau mécanique s'en prend à Chuppy !
- Fiche-moi la paix ! J'en ai rien à faire de ce stupide oiseau !
Marcy se précipité vers Luva et il lui demanda de soigner son oiseau. Le Gardien de la Terre lui murmura de ne pas trop en vouloir à Zephel. Mais ce qui avait le plus blessé le jeune Gardien, ce fut la réaction de Randy et Zephel quand ils s'étaient retrouvés face à face.
"Ne t'en fait pas, avait dit Randy, toi tu es notre point commun à tous, tu sais qu'on t'aime ! Même quand tu fais des bêtises en voulant aider Angélique avec tes pouvoirs !"
Mais tous les mots du monde ne pouvait consoler Marcy de l'ambiance extrêmement froide au Palais de Niria.
- Randy... murmura-t-il quelques minutes après.
- Oui chéri ?
- Cesse de te battre avec Zephel...
- Quoi ?
- Je me fiche d'être aimé, mais j'aimerai que mes meilleurs amis ne soient pas perturbés par des choses aussi futiles !
- J'essaierai, mais je ne te promets rien, répondit Randy en ébouriffant la tête blonde de son protégé.
Le visage de Marcy s'adoucit. Rien ne pouvait changer l'amitié qu'il maintenait avec le reste des Gardiens. Vraiment, Randy était un garçon épatant. Il savais toujours remonter le moral, c'était une de ses plus grandes qualités. Marcy retrouva alors le sourire.
Deux heures plus tard, il était temps pour les Gardiens d'inspecter le travail des deux candidates à l'Académie Royale. Les deux jeunes filles assistaient à présent au cours de "sens" du superbe Sei Lan. Olivier s'énervait sur ses cheveux. Il avait pas mal de noeuds. Oscar était à moitié mort de rire. Il montrèrent dans la salle de Sei Lan. Les deux jeunes filles sursautèrent quand ils apparurent. Ils étaient tellement impressionnants. Du coup, elle en furent déconcentrée. Sei Lan sourit malgré lui.
"Décidément, songea Angélique, Julius a un regard fascinant..."
- C'est donc à mon tour cette fois ! s'exclama Sei Lan.
- Oui, répondit Julius.
- Inspection de travail fourni par les deux élèves?
- Exactement.
- Se partager deux filles à neuf Gardiens...
- Sei Lan, on se passe de vos commentaire, aussi charmants soient-ils, et quelle que soit l'insinuation !
- Excusez-moi, maître Julius.
Angelique rougit et lança un regard à Rosalia. Le soir, avant le dîner, les Gardiens se réunirent dans leur salle communes. Ils faisaient le point sur les dernières notes des deux demoiselles. Olivier s'amusait avec son stylo, témoignant son ennui. Oscar prit une voix grave et lui dit :
- Si vous vous ennuyez, Monsieur Olivier, vous pouvez partir.
- Je vous ai demandé quelque chose, Monsieur Oscar ? répliqua Olivier.
- Non masi ça me fait tellement plaisir...
Au dîner, le personnel, les instructeurs, les Gardiens ainsi qu'Angélqiue et Rosalia dînaient ensemble dans la grande salleà manger. Un silence glacial régnait, une fois de plus, et le repas se termina ainsi. Tout le monde se leva. Silencieusement, les instructeurs se réunirent dans leur salle commune, tandis que les Gardiens allèrent à la bibliothèque au plus grand plaisir de Luva. Les deux candidates allèrent dans leur chambre pour faire leurs travaux personnels. Dans le salon des Gardiens, le silence régnait à mort. C'était pesant. Luva cherchait son "gros bouquin tout plein de lettres formant des mots qui forment des phrases, et des paragraphes, etc." comme l'appelait Olivier.
Marcy réétudiait pour la centième fois
Les Bienfaits de la Nature. Il dévorait ce livre. Randy le regardait, songeur, battant des cartes à jouer. Julius était à la fenêtre, regardant le ciel obscur. Clavis, lui, le regard éteint, parlait avec Lumiale et Olivier. Zephel bricolait le moteur de Méca Chuppy sous les yeux amusés d'Oscar qui "lisait"
La Science du Feu.
Clavis alla à la fenêtre, à côté de Julius qui ne se préoccupait pas de cette présence. Oscar posa son livre et posa sa main sur l'épaule de Randy qui sursauta, troublé dans ses pensée. Le Gardien du Feu haussa un sourcil.
- Alors, petit malin, je te fais peur?
- Non... je ne t'ai pas vu venir, répondit Randy en souriant mais un peu vexé.
- J'aimerai que tu viennes avec moi.
- Pour quoi faire?
- Cour privé d'escrime...
- Yes !!
- Tellement t'es nul, finit Oscar.
- Crétin... répliqua le jeune homme en lui lançant un regard foudroyant.
Tous les deux quittèrent la salle commune pour aller à la salle d'armes. Oscar prit deux épées et en lança une à Randy.
"En garde, Gardien du Vent !"
Leurs épées tintèrent et le duel commença. Oscar enchaînait les bottes offensives à une vitesse incroyable. Comme à son habitude, Randy perdit son épée et le coupo le fit tomber à terre. Oscar l'aida à se lever, arborant de son habituel sourire ravageur. Randy reprit son épée et se remit en garde quand Julius entra.
- Tiens ! fit Oscar.
- Ca fait plaisir de voir des gens qui ne se foudroient pas du regard, soupira Julius, las. Entre Marcy !
- Il faudrait que j'aille voir Luva dans une demie heure, dit Marcy. Chuppy n'a pas encore récupéré de son... choc frontal avec l'oiseau mécanique de Zephel, mais je ne m'inquiète pas, Luva est un excellent guérisseur, alors...
- Tu as beaucoup de chances, murmura Julius. Je n'ai pas la même facilité que toi à me faire des amis.
Le lendemain, Clavis sortit de sa chambre, prêt pour la nouvelle journée. Il croisa Julius qui, tout en marchant, lisait ses dossiers. Il ne prêta pas attention au Gardien de l'Ombre. Ce dernier alla dans le parc, rejoindre le reste des Gardiens. Il discutait avec Lumiale au bord de la fontaine quand surgit Angélique qui sortait du bureau de Julius. Sans faire attention à ce qu'elle faisait et sans le faire exprès, elle bouscula Clavis qui tomba en arrière, dans la fontaine.