Le Sanctuaire des Mangas
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 Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna

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MessageSujet: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 21:15

Boucles d’Argent
ou
Gabriel, le dernier Lymien




Myan, planète-cité, royaume des vices et de tous les trafics illicites, où le ciel était toujours grisâtre. Aucun soleil, aucune saison. Pas de neige, mais beaucoup de pluie et de vent. Peuplée à 80% d’hommes, cette cité était littéralement coupée de l’univers. On ne pensait qu’à soi-même et à ses plaisirs. Quasiment tous les Myaniens travaillaient dans des gangs. Le reste était comme des esclaves ou simplement soumis. Les patrons se spécialisaient dans des trafics d’armes, de drogue et même de prostitution. Cela leur rapportait beaucoup plus que n’importe quel travail. Il tiraient leur fierté de leurs bordels de luxe, extrêmement renommés dans toute la planète et ses alentours. Ce qui faisait leur succès, c’était qu’il n’y avait pas que des prostituées femmes, mais aussi beaucoup d’homme qui plaisaient à la population masculine. Ils avaient peut-être même beaucoup plus de succès que les femmes. A la surface de la société, on faisait semblant de ne rien voir des crimes et aux atteintes à la liberté et à la pudeur. Les Myaniens étaient très méfiants et tout ce qui était étranger à leur monde était mal vu, notamment un peuple ancien et éteint : les Lymiens. Ils leur faisaient horreur ! Pour eux, c’étaient des monstres qui abusaient de leurs pouvoirs surnaturels. Leurs gestes maniérés, leur grâce faussement naïve… ils les considéraient comme des animaux. Il ne méritaient pas d’autres traitements. Cependant, ce peuple avait disparu de Myan il y avait une centaine d’années, mais les légendes, bien aliénées au fil du temps, demeuraient. Avaient-ils tous disparu vraiment ?
Les Lymiens étaient un peuple angélique, d’un niveau bien supérieur à celui des Anges. Ils avaient tous une peau très pâle et les cheveux clairs : un mélange entre le bleu clair, le blanc et l’argenté. Ils possédaient chacun un cristal de vie qui enfermaient leurs âmes mais aussi leurs pouvoirs.
L’orphelinat de la partie occidentale de la planète se trouva devenir l’attraction de tout le quartier depuis qu’on ait emmené mystérieusement un enfant amnésique âgé de trois ans. Il semblait perdu, apeuré, les membres tremblants. Le propriétaire de l’établissement se trouva fort dépourvu quand on lui laissa cet enfant aux cheveux bleus pâles.

« C’est le dernier Lymien » avait dit l’étrange bonhomme qui l’avait amené. « Je suis sûr qu’il va se plaire sur Myan. Il va apprendre à oublier l’arrogance de son peuple. »

Il rit et s’en alla. L’enfant leva lentement les yeux vers son nouveau tuteur qui le regardait durement. Assis dans son fauteuil, il croisa les bras dans un soupire d’agacement, prit la fiche d’identité de l’enfant et lut à voix haute son contenu. Le Lymien s’appelait Gabriel.
- Tu as un nom de famille, petit ?
- Non, monsieur, répondit le « petit » en question.
- Où sont tes parents ?
- Je ne sais pas, monsieur.
- Dorénavant ta maison c’est ici jusqu’à qu’une famille veuille t’adopter, ce qui m’étonnerai.

A nouveau, l’enfant regarda le sol. Pourquoi était-il si différent ? Le « monsieur » du nom de Yaren lui prit son cristal – tous les Lymiens en possédaient un – et le rangea à l’abri, sachant ce qu’il représentait pour Gabriel. Apparemment, il n’avait pas de pouvoirs. Yaren lui ordonna sèchement de rejoindre les autres pensionnaires. Il vécut longtemps dans cet orphelinat. Deux familles avaient essayé de l’adopter mais sans aucune raison il était souvent battu. Alors il retournait à l’orphelinat, encore plus traumatisé. Etonnamment, il s’était fait des amis parmi les enfants mais peu après ils étaient adoptés les uns après les autres et, eux, ne revenaient pas. D’autres l’insultaient, le frappaient, profitaient de sa faiblesse… Heureusement qu’il avait Anne, la femme qu’il s’occupait d’eux. Elle était tombée sous le charme naturel du petit Lymien. Il était si adorable, humble et gentil. Elle était comme une mère pour l’enfant qui était seul au monde. Cela lui était reproché par Yaren pour qui Gabriel était le souffre-douleur. Il eut quinze ans lorsqu’un homme vint à l’orphelinat. Il était accueilli comme un prince et demanda à voir le Lymien. Il le jaugea du regard quelques secondes, cet homme aux yeux dur et aux larges épaules. Sa simple vision effrayait Gabriel qui restait immobile. Il avait enlevé ses lunettes de soleil et il regardait l’enfant de haut, la mâchoire crispée. Durant deux heures il discuta avec Yaren dans le bureau. Gabriel attendait dans le corridor, et enfin l’homme sortit, serrant la main à Yaren qui avait un grand sourire. Il ordonna à Anne de préparer les affaires du Lymien qui resta silencieux. Ainsi il allait le laisser à cet homme qui n’avait pas l’air d’un père.
- Mais monsieur… fit Anne, seule à seul avec son patron. Pas à lui ! Je vous en supplie ! Laissez-le à qui vous voulez mais pas à lui ! Gabriel est encore si jeune ! Il va ruiner sa vie !
- Il a payé, très chère, monsieur a payé une belle somme pour cet enfant. Alors je le lui laisse.
- Le fric ! Il ne s’intéresse qu’à ça ! Et vous aussi ! Il est incapable d’aimer et d’être un père ! Il va détruire sa vie !
- Je me moque totalement de ce qu’il v a advenir de ce Lymien ! répliqua Yaren. Il va à la place qu’il mérite !
- Comment pouvez-vous parler de Gabriel comme d’un esclave ? Un chien serait mieux traité ! Ce n’est qu’un enfant qui a tant à vivre ! Vous ne pouvez pas salir son existence pour de l’argent et à cause d’ancien préjugés sur un peuple éteint ! Il a son libre-arbitre lui aussi !
- La discussion est terminée, Anne ! coupa brutalement le directeur. Et un Lymien est un Lymien !

L’étrange homme attendait Gabriel devant sa voiture noire. Anne donna la petite valise à l’enfant avant de le serrer dans ses bras.
- Fais bien attention à toi, murmura-t-elle.
- Merci pour tout, Anne-Louise, dit le jeune Lymien de sa voix claire.
- Que vas-tu devenir sans moi mon chéri ? pleura-t-elle en passant sa main dans la chevelure bouclé.
- Anne, tu as l’air de me considérer encore comme un enfant. J’ai grandi maintenant. Je te promets que je vais faire attention. Tout va bien aller.
- J’espère, mon chéri.

Il se retourna et se dirigea vers l’immense voiture noire. L’homme lui ouvrit la portière passager et lui prit sa valise. Avant de démarrer, il jeta un coup d’œil à la fiche d’identité du Lymien.
- Tu t’appelles Gabriel, commença-t-il.
- Oui.
- Oui monsieur !
- Oui monsieur.
- Tu as quinze ans, c’est cela ?
- Oui monsieur.
- Es-tu un vrai Lymien ?
- Je crois, monsieur. C’est ainsi que l’on m’a toujours considéré.

L’homme arracha vivement un cheveu de la tête de Gabriel et le regarda fixement. Les cheveux des Lymiens étaient argentés ou bleus clairs, voire blanc, quel que soit l’âge. Il hocha la tête d’un air appréciateur et prit le cristal de Gabriel.
- La légende autour du cristal d’un Lymien est-elle vraie ?
- Oui monsieur.
- Parfait. Gabriel… un prénom typiquement Lymien ! ajouta-t-il d’un air dédaigneux. C’est trop tendre pour ton travail.
- Travail ?
- Oui, est que ce soit bien clair, je ne suis pas ton père ! Je ne suis un aucun cas ta famille. Je suis ton patron. Tu m’appartiens. Je t’ai payé suffisamment cher. Tu dois obéir à tous mes ordres. Je suis ton maître. Et tu vas travailler pour moi. Appelle-moi monsieur Tony.
- Quel genre de travail me donnez-vous, monsieur Tony ?

L’homme rit bruyamment et posa sa main sur la chevelure bouclée de Gabriel.

« Tu le sauras bien assez tôt, Boucles d’Argent… Tiens ! Boucles d’Argent, pas mal comme surnom. Ou alors Cheveux de Lune… »

Il démarra la voiture. Le trajet sembla long. Le Lymien commença à s’endormir quand finalement ils s’arrêtèrent devant une immense grille. Quand ils entrèrent dans la grande maison, une rangée d’une dizaine de personne les accueillit en silence.

« Je te présente mon équipe de maison ! fit Tony. Lily ici présente sera celle qui va s’occuper de toi. Je vous présente Gabriel. C’est lui qui remplacera Larry. »

Tout le personnel se toisa du regard, inquiet, et il fixa le Lymien qui prit peur, redoutant ce qui l’attendrait.
- Lily, montre-lui sa chambre, dit le patron en s’éloignant.
- Mais monsieur ! s’exclama la jeune femme. Il est bien trop jeune !
- Quinze ans, coupa Tony, c’est l’âge légal chez nous !
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 21:16

(...)
Lily passa sa main dans ses cheveux blonds et conduisit Gabriel au premier étage. Ils entrèrent dans un vaste bureau – celui de Tony – puis Lily ouvrit une porte qui mena à une sorte de placard à balais. Un matelas avec une couverture était posé sur le sol, à droite de la porte, contre le mur, dessous une étagère poussiéreuse. Au fond, il y avait une penderie avec quelques affaires. Et c’était sa chambre. Même à l’orphelinat, il y avait un lit.

« Voilà mon ange, dit Tony qui apparut par la porte en face de la chambre. Mon bureau est là, mais chambre juste à côté de la tienne. Tes vêtements de travail sont dans ta penderie. Regarde-les bien et tu comprendras quel sera ton travail… »

Gabriel regarda les vêtements. Il n’avait jamais porté ça et n’avait jamais songé que cela pouvait exister. Il tourna vivement la tête vers Lily qui baissa les yeux. Tony, lui, avait l’air satisfait. Il le regardait bizarrement. Le Lymien posa à nouveau les yeux sur le costume. Il était composé de cuir et de chaînes, et il était prêt à parier qu’il ne recouvrait pas le corps entier. A nouveau, il se tourna vers Tony et la jeune domestique en espérant qu’ils s’écrient « C’est une blague ! » mais rien.
- Je ne suis pas sûr de comprendre… murmura-t-il.
- Les Lymiens sont-ils tous attardés ou quoi ? trancha Tony. Demain, tu te lèveras à huit heures du matin, comme moi. Tu enfileras ça et tu te tiendras bien sagement ici.

Il montra un coin près de la petite bibliothèque.
- Tu attendras que je t’appelle et tu obéiras à tous mes ordres. Tu feras tout ce que je te demanderai de faire.
- Vous me demanderez quels genres de choses, monsieur Tony ?
- D’abord je vais te poser des questions. Il me semble que quelques familles ont tenté de t’adopter mais ça s’est mal passé.
- Oui, monsieur.
- Que t’ont-il fait ?
- Et bien…
- T’ont-ils battu ?
- Oui monsieur… murmura Gabriel dans un frisson.
- Ont-ils abusé de toi ?

Le Lymien leva à nouveau son regard sur son patron.
- Non, jamais, monsieur.
- Donc tu n’as aucune expérience ?
- Aucune.

Tony eut un sourire machiavélique.
- Très bien. Tu es donc vierge. C’est peut-être mieux comme ça. Bon. Je ne vais pas t’expliquer mon travail, ça ne te regarde pas, mais je recevrais des gens avec qui je parlerai affaires. Quelques fois, j’aurais besoin de toi. Soit ils te demanderont, soit c’est moi qui le ferait. C’est comme ça ici. Et un Lymien c’est tellement rare dans nos bureau.
- Je n’ai toujours pas saisi ce que vous attendez de moi, continua Gabriel la voix tremblante.

Le sourire de l’homme s’effaça. Il se leva et s’approcha du Lymien qui recula de quelques pas jusqu’à ce que son patron le prenne par le col.
- Tu seras ma putain jusqu’à la fin de tes jeunes jours, est-ce clair maintenant pour toi ?
- Oui monsieur Tony… répondit le Lymien, effrayé.

L’homme sortit du bureau dans une fureur telle qu’il claqua violemment la porte derrière lui. Gabriel resta seul avec Lily. Elle s’approcha de lui, le regard compatissant.
- Je suis désolée, dit-elle. J’aurais tellement préféré vous éviter ça.
- De toute façon, j’aurais tout fait maintenant, murmura le jeune homme la voix tremblante. J’ignore encore ce que je vais vivre ici, durant combien de temps… quoiqu’il en soit, cette terre n’a jamais été très accueillante pour moi.

Il s’assit sur le matelas, las.
- Ne dis pas ça, soupira la jeune femme en se posant à côté de lui. Tous les Myaniens ne sont pas comme Tony ou ceux qui t’ont fait du mal. D’accord, beaucoup sont comme ça. Ce sont eux qui règnent en maître ici. Mais je sais qu’il y a toujours de l’espoir, quel que soit l’endroit.
- J’aimerai tant y croire. Mais je crois que là j’ai touché le fond. Je ne sortirai jamais de là. J’ai du mal à imaginer ce qu’il va faire de moi.
- Sache que je suis là, dit-elle. Et je suis avec toi.
- Je croyais que…
- Lymien ou Humain, peu m’importe.

Le lendemain, Gabriel se leva aux aurores. Lily lui apporta son petit déjeuner et il mit son costume. Effectivement, ça ne couvrait presque rien. Deux bretelles de cuir formaient des croix sur son dos et sur son torse. Il avait un bermuda moulant en cuir et des chaînes tout autour de lui. Charmant… pensa-t-il. Sexy… Il entra dans le bureau. Tony était déjà là.

« Tu es mignon… dit-il. Maintenant, va dans le coin et attend. »

Le Lymien obéit. Des hommes allaient et venaient les uns après les autres pour discuter avec Tony d’affaires plutôt douteuses. Quelques uns remarquèrent Gabriel.

« Ça alors, disaient-ils. Tu as sacrément bien remplacé Larry. Est-ce un vrai Lymien ? Plutôt mignon. Ça te dirait de me le prêter ? »

Pour le moment, Tony disait non. Dès qu’ils se retrouvèrent seuls, effectivement il l’appela.
- Approche-toi, Boucles d’Argent. Veux-tu que je t’apprenne des trucs qui plaisent beaucoup au client ?
- Que voulez-vous dire ?
- Décidément… soupira Tony en le prenant par la taille. Tu es bien naïf. N’oublie pas que c’est moi qui te nourrit et qui t’héberge. Agenouille-toi…

Vers vingt-deux heures, Gabriel entra dans sa chambre, épuisé. Il s’effondra sur son lit. Il s’était laissé faire. Il avait obéi. Il n’avait opposé aucune résistance. Etait-il vraiment consentant à tout ça ? Il avait fait des choses qui le dégoûtaient. Il avait envi de vomir. Sa tête lui tournait, il avait mal au cœur. Etait-ce normal que cela fasse si mal ? Il avait obéi. Mais son corps avait rejeté tout ça. Il le suppliait presque de s’opposer à Tony. Pourtant il ne pouvait pas désobéir. Ce serait pire.

Lily entra dans la chambre, inquiète, un plateau repas dans la main. Gabriel se leva lentement.
- Non, reste allongé. Repose-toi.
- Je crois que je n’ai pas faim…
- Il faut que tu reprennes des forces ! Change-toi et mange. Je repasserai plus tard.

Elle ferma la porte derrière elle. Les membres douloureux, Gabriel parvint à retirer avec difficulté cet accoutrement qui lui collait à la peau.

Les jours se suivaient et se ressemblaient. Le Lymien obéissait à tout sans rien dire, sans se plaindre. Il supportait toute cette violence physique et morale bien plus qu’il ne pouvait. Il perdait peu à peu son humanité, pourtant il ne voulait pas devenir un petit chien bien obéissant. Heureusement que Lily était avec lui. Elle était la seule à le considérer comme un être humain. Gabriel dut supporter également les assauts des associés de Tony. Ils s’enfermaient dans la petite chambre et s’il plaisait aux clients, ils se mettaient en accord avec le patron. Le Lymien avait beau être habitué à tout ça, il en souffrait tous les jours. Il ne l’acceptait pas intérieurement. Cela l’épuisait. Il avait mal. Il voulait que cela en finisse. Il n’était pas un objet et pourtant il était traité ainsi. Certains s’amusaient à l’insulter et à le frapper, et tout ça pour quoi ? Gabriel n’avait rien fait, il leur obéissait mot pour mot, il n’avait pas la choix de toute manière et malgré tout, ils le malmenaient.

Combien de temps pourrais-je supporter tout ça ? se demanda-t-il.
Six mois passèrent. Et la vie de Gabriel avait continué ainsi.

°°Une salle sombre et floue… Une immense fenêtre lumineuse… Un enfant dans les bras d’une femme. Ils regardaient par la fenêtre.
- Tu as vu, maman ?
- Regarde Gabriel, murmura la femme. Regarde la neige…
- C’est beau la neige ! On ira jouer dehors avec mes frères ?
- Attend que cela se calme.
°°
- Réveille-toi, fit une voix dans son sommeil.
- Qu’y a-t-il ? demanda le Lymien en s’asseyant.
- Joyeux anniversaire ! s’exclama Lily en lui tendant son plateau de petit déjeuner.

Il y avait, en plus de son repas habituel, un maigre gâteau au chocolat avec une bougie. Jamais, aussi loin que remontaient ses souvenirs, il n’avait réellement fêté son anniversaire. Etonné et silencieux, il mangea son petit déjeuner. Lily le regardait dans un sourire bienveillant. Elle alluma la bougie et attendit.
- Nous allons le manger tous les deux, dit-elle. Avant de souffler, fait un vœu !
- Bon… euh… je souhaite…
- Non ! coupa la jeune femme. Ne le dit pas à haute voix ! Sinon il ne va pas se réaliser !

Gabriel ferma les yeux pour se concentrer sur son vœu avant de souffler. Lily l’embrassa sur la joue tout de suite après.
- Seize ans… déclara-t-elle. Ça se fête !
- Ça ne change rien, ajouta le Lymien.
- Ne t’inquiète pas. Tout va s’arranger. Tiens ! s’exclama-t-elle en lui donnant une boite enveloppée de papier de couleur avec un ruban. Un cadeau pour toi.
- Je ne peux pas accepter, fit-il, gêné.
- J’insiste !

Il ouvrit le paquet et en sortit une petite boule de verre avec une miniature à l’intérieur. Elle représentait un Ange, les ailes blanches et majestueuses déployées, ses longs cheveux blancs au vent. Gabriel le regardait étrangement, faisant lentement tourner la boule pour mieux la regarder. Il semblait ailleurs.
- Ce n’est pas grand chose, je sais, murmura-t-elle en rougissant. Dès que je l’ai vue, j’ai pensé à toi. Et si tu secoues un peu, il y a de la neige qui tombe.
- De la neige… fit le Lymien, songeur, les yeux fixés sur la fausse neige qui tombait lentement sur l’Ange.
- Il n’y a jamais de neige ici. Je n’en ai jamais vu, mais beaucoup entendu parler par les voyageurs venus d’ailleurs. Il paraît que c’est magnifique. Et toi ? Tu sais ce que c’est ?
- De la neige… répéta-t-il.
- Normalement, c’est à cette époque, en hiver, qu’elle tombe.

Une vision furtive remplit son esprit. Le rêve qu’il avait fait. De gros flocons tombant derrière une immense fenêtre, et une voix d’enfant. Tu as vu, maman ?

Qu’est-ce que c’était, enfin ? Il n’arrivait pas à se souvenir. Il n’y pensa plus un moment. C’était son jour de repos, mais le lendemain, il reprendrait ses occupations. Il en profita pour se reposer. D’habitude, il allait en ville avec Lily pour changer d’air mais il ne supportait plus le regard des autres. Mais une journée de répit c’était bien trop court. A nouveau, il remettait ces vêtements. A nouveau, il obéissait aux moindres des désirs de Tony. Il savait ce qu’il aimait. Lui, il en était dégoûté, mais il le faisait. Le soir, il fut demandé dans sa chambre. C’était très rare, et ironiquement, le Lymien avait appelé cela ses « heures sup. »
- Tu as eu seize ans, c’est bien ça ? fit Tony, assis dans un fauteuil.
- Oui monsieur.
- Le temps passe si vite…

C’est ce qu’il dit… Gabriel pensait le contraire, mais ne dit rien. Tony lui fit signe de s’approcher.
- Comme cadeau, tu as le droit de me dire tout ce que tu penses de tout ça. Tu ne seras nullement puni, quoi que tu dises. Je t’écoute.
- Vous me demandez d’exprimer mes opinions ?
- Oui…
- Très bien. Je suis fatigué, monsieur, avoua Gabriel. Fatigué de tout ça. Je supporte tant que je peux. Je ne me plains pas, vous ne pouvez pas le nier.
- C’est vrai.
- Je ne suis pas une putain, monsieur. Je sais que je suis différent des autres. Je sais que je suis dans un monde qui n’accepte pas les gens comme moi. Je m’y suis fait. Je vis ici depuis l’âge de trois ans, avant je ne sais pas. Ce n’était pas ainsi que j’imaginais ma vie. Et pourtant c’est toujours ainsi que l’on m’a traité. Quelque chose de nouveau est arrivé depuis que je vis chez vous. Je me sens malade. Je n’en peux plus. Pourtant je vous suis reconnaissant de me nourrir, de me loger. Ce n’était pas toujours le cas dans mes précédents foyers.
- Et que désires-tu, toi ?
- Partir. Être libre. Retrouver les miens, s’il en reste.
- Intéressant… comment comptes-tu réaliser ça ?
- Je n’en sais rien encore, monsieur.
- Tu as fini ?
- Je crois.
- Bien.

Il demanda à nouveau au Lymien de s’approcher. Il lui posa les mains sur les hanches et l’obligea à se coller à lui. Il déboutonna avec lenteur la chemise blanche et la lui fit glisser sur les épaules. A quoi ses paroles avaient-elles servies ? Il n’en savais rien. Il ne se débattait pas. Tony lui embrassa l’épaule, lui frôlant la peau. Il le déshabilla en quelques gestes. Il le fit s’agenouiller tout en dégrafant son pantalon.

« Tu sais ce que je veux, Boucles d’Argent… » murmura-t-il. « Tu es, et tu resteras ma putain. »

Et tout recommença. Les journées harassantes, les clients violents… Un matin, Gabriel ne put se lever. Lily l’avait trouvé immobile et très pâle dans son lit avec une forte fièvre. Elle en avait parlé à Tony mais il ne voulait rien savoir. Même après avoir constaté lui-même que le Lymien était malade, il cacha sa colère mais ne chercha pas à le soigner. Son état allait de pire en pire. Il avait du mal à respirer. Sa fièvre augmentait et inquiétait Lily. Elle décida d’y remédier et partit voir le médecin du quartier.

Le docteur Kian, vingt-sept ans, était un jeune médecin très doué. Il était cependant sous l’égide des grands patrons de la ville. Lily entra en vrac dans son cabinet. Il était confortablement assis dans un fauteuil à roulettes, lisant ses dossiers.
- Lily, on frappe, tu sais, avant d’entrer.
- Excusez-moi Docteur, rougit-elle. Mais j’ai des questions à vous poser.
- Je t’écoute, dit-il en posant son classeur.
- Quels médicaments peut-on donner à quelqu’un qui a une forte fièvre ?
- Cela dépend des autres symptômes, on ne peut pas donner n’importe quoi.
- Si cette personne a très mal à la tête, et se plaint de douleurs aux ventres…
- Qui est-ce ? Cette personne ne peut-elle pas venir elle-même ?

La jeune femme rosit légèrement et baissa la tête.
- C’est le jeune Lymien, n’est-ce pas ?
- Oui monsieur.
- Tu sais que sans l’accord de son patron, je ne peux rien faire ?
- Je… je le sais mais… s’emporta-t-elle. Mais il est tellement mal ! Il souffre et Tony ne veut rien faire pour le soulager ! Ce… ce n’est qu’un enfant et… et il doit supporter des choses inhumaines, vous le savez !
- Je ne peux rien faire, murmura Kian. Je sais ce qu’il doit endurer, je sais que c’est injuste, mais c’est ainsi que va le monde. Tu sais que je ne peux pas me permettre de défier Tony.
- Mais… mais… Gabriel est si fragile ! Il est tellement adorable. C’est un garçon sincère, charmant, si gentil… il ne mérite pas tout ça… je ne peux plus supporter de le voir souffrir ! C’est peut-être un Lymien mais ce n’est pas un animal ! Pourquoi les Myaniens ne veulent pas se rendre compte qu’il ressent lui aussi ? Il est tellement plus humain que la plupart des gens que je connais.

Kian ne répondit rien. Il se contenta de soutenir son regard sur Lily. Sachant qu’elle avait perdu elle s’inclina légèrement et se retourna vers la porte pour partir. Kian prit la parole avant qu'elle ne parte. Faisant mine de refuser de l’aider, le docteur réussit à lui donner la liste des médicaments nécessaires pour soigner Gabriel. Il lui sourit affectueusement avant qu’elle ne parte.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 21:16

Lily entra dans la pharmacie, la joie au cœur, croyant au rétablissement de son petit protégé.
- Salut Lily ! s’exclama la caissière.
- Bonjour Léa.
- Ça fait un moment qu’on ne t’a pas vue !
- Cette fois-ci c’est pour une urgence. J’aimerai tout ce qu’il y a sur cette liste s’il te plaît, dit Lily en tenant une feuille de papier.
- J’aurais besoin de l’ordonnance du médecin, ajouta Léa, avec une moue.
- Je n’en ai pas. C’est pour Gabriel, tu sais que…
- Ouais mais…

Ça recommençait… toute cette discrimination sur un enfant… Mais après un regard sur le visage de Lily, son amie accepta de lui donner les médicaments nécessaires.
- Ne donne pas trop de celui-ci, dit-elle. Il peut être dangereux.
- Merci infiniment !

Durant une semaine, Lily tentait de soigner Gabriel avec ce qu’on lui avait prescrit. L’état du jeune Lymien allait en empirant. Il se plaignait très souvent d’une fulgurante douleur au ventre. Il délirait quand il avait une importante fièvre. Il disait des mots incompréhensibles. Les bras levés, cherchant le ciel, il appelait les siens. Mais jamais ils ne viendraient. Lily devait supporter tout ça. Cette vision lui faisait mal. Elle avait beau tout faire Gabriel ne guérissait pas. Tony ne voulait rien savoir. Il était suffisamment en colère que son « jouet » était indisponible. Il fallait amener le Lymien l’hôpital, mais le patron refusait de l’y transporter. Alors, prenant son courage à deux mains, Lily prit le malade sur ses épaule non sans difficulté et partit à pied à l’hôpital le plus proche. Les gens dans la rue la regardaient étrangement, murmurant à son passage. Ils la voyaient se peiner à traîné le jeune garçon et personne ne venait lui prêter main forte. Non seulement c’était un Lymien, mais en plus il avait des mœurs plutôt particulières, avec d’autres hommes. Elle ne parvenait pas à comprendre… comment faisaient-il pour résister au charme angélique du Lymien ? Le Docteur Kian apparut au coin d’une rue.
- Que se passe-t-il ?
- Les soins ne font aucun effet… répondit Lily essoufflée. Je l’emmène à l’hôpital moi-même puisque personne ne veut le faire.
- Très bien, alors allons à ma voiture, je l’y emmène.
- Je ne veux pas vous déranger…
- Penses-tu… de toute façon je vais à l’hôpital, je commence mon service !

Avec délicatesse, il prit Gabriel dans ses bras. Le Lymien émit une faible plainte. Il l’allongea sur la banquette arrière de la voiture, et ils partirent en vitesse en direction de l’hôpital. Dès leur arrivée, Gabriel fut admis aux urgences et il fut opéré par Kian lui-même. Lily attendait dans le couloir, impatiente et tremblante, priant de tout cœur pour qu’il s’en sorte. Elle resta auprès de lui. Il ne semblait plus souffrir, engourdi par les anesthésiants. Il était paisible. Lily le regardait attentivement. Il lui rappelait quelqu’un… Elle se devait de le protéger, lui qui était tout seul au monde. Elle passa sa main dans les cheveux d’argent de Gabriel quand le Docteur Kian entra dans la chambre. Lily se leva brusquement et s’avança vers lui.
- Qu’avait-il ?
- Une crise d’appendicite.
- Quoi ? s’étonna la jeune femme. Tout ça pour… ça ?
- Oui.
- Mais comment… normalement…
- Ton patron est arrivé, ajouta Kian d’une voix morne.
- Quoi ?
- Je dois le lui dire.
- Non ! s’écria-t-elle en s’accrochant au bras de Kian. Non, il punirait Gabriel pour ça ! Pour lui c’est peu une crise d’appendicite !
- Je dois le lui dire, répéta Kian en se détachant de Lily.
- Pitié…

Cette fois, Kian plia aux ordres de ses supérieurs. Il s’approcha de Tony qui ne semblait pas enclin à rire.
- Alors ?
- Nous l’avons opéré d’une crise d’appendicite, dit Kian.
- Quoi ? Mais…
- Si nous ne l’avions pas fait, votre Lymien serait à la morgue. Il avait contracté un virus en même temps qui aggravait son cas. Par chance, nous avons pu l’emmener ici à temps.
- Très bien, quand pourra-t-il sortir ?
- Demain.
- Comment va-t-il ?
- Il ira beaucoup mieux ne vous inquiétez pas.
- Très bien.

Gabriel se réveilla lentement. La première chose qu’il vit fut le sourire de Lily.
- Coucou mon Ange, dit-elle. Comment te sens-tu ?
- Ça ne va pas… murmura-t-il.
- Comment ça ?
- Pourquoi ?

Les yeux remplis de larmes, le Lymien semblait déçu et triste à la fois.
- Pourquoi est-ce que l’on m’a sauvé ?
- Mais voyons Gabriel, répondit la jeune femme, inquiète. Parce qu’on ne voulait pas ta mort !
- Pourquoi me demandes-tu de faire un vœu, et qu’une fois exaucé, il échoue ?
- Tu avais souhaité de mourir ?
- Je voulais être libre, avoua l’Ange la gorge nouée. Même si pour cela je devais mourir. Je ne veux plus vivre tout ça. Je ne le supporte plus. Je t’en prie !
- Il y a d’autres moyens d’être libre ! Ne t’inquiète pas, tu le seras un jour et crois-moi, tu seras heureux.
- C’est faux. Je continuerai ainsi jusqu’à la fin de ma vie. Pourquoi me donnes-tu de faux espoirs ? Pourquoi veux-tu à tout prix préserver ma vie ?
- Mais parce que je tiens à toi, Gabriel ! s’exclama Lily en lui prenant les mains. Je ne veux pas que tu meurs. Tu es comme… comme mon petit frère que j’ai perdu, que je n’ai pas pu sauver. Je ne te pas te perdre toi aussi, compris ? Tu verras, tout s’arrangera ! Mais garde espoir je te prie…
- Laisse-moi… murmura le Lymien en détournant son regard.
- Gabriel…
- Je veux être seul, s’il te plaît.
- Comme tu voudras…

Et elle obéit. Tony était assis sur un des fauteuils en face de la chambre. Lily l’ignora délibérément, le considérant comme responsable de tout cela. Quelques heures après, le patron décida d’aller voir le Lymien. Il eut la surprise de voir un lit vide. La fenêtre était grande ouverte. C’était une mauvaise idée de l’avoir mis dans une chambre au rez-de-chaussée. Tony avertit tout de suite la sécurité. Un être comme Gabriel était l’équivalent d’un esclave, et sa fuite provoquait une grande agitation, même à dix heures du soir. Lily partit seule à sa recherche avant que Tony ne le trouve. Celui-ci monta dans sa voiture en compagnie de Kian.
- Gravement malade, hein ? grommela Tony. Tu as intérêt à ce que je le retrouve !
- Il ne doit pas être bien loin dans l’état où il est. Il doit être perdu et terrifié.
- Je vais lui en donner moi des raisons d’être terrifié à cet abruti.

Gabriel… quelle bêtise ! Quand Tony te trouvera, je n’ose imaginer le sort qu’il va te faire subir ! pensa Lily qui courait dans les rues, cherchant le Lymien de vue. Tony quant à lui sortit un fusil à fléchettes anesthésiantes.
- Mais vous êtes fou ! s’exclama Kian.
- Pas du tout. Je tiens à le récupérer ! répondit l’homme qui roulait à vive allure.
- Ça pourrait le tuer dans l’état où il est ! Je ne peux pas vous laisser…
- Dans l’état où il est… T’es un marrant toi… je te signale qu’il a eu assez de forces pour se lever et s’enfuir par la fenêtre !
- ce n’est pas étonnant vu le traitement que vous lui faites subir…
- Ne t’inquiète pas, je changerai de méthode. J’ai été beaucoup trop gentil !
- Ce… ce n’est pas un animal !
- Ah bon ? Maintenant, tais-toi ! On va continuer à pied !

Enfin, Lily aperçut le Lymien. Il courait aussi vite qu’il le pouvait, n’ayant nul part où aller. Il ne voulait pas s’arrêter. Aller le plus loin possible. Fuir tout ça, fuir cette vie, vivre ailleurs…

« Gabriel ! s’écria Lily. »

Il ne se retourna pas. Les yeux embués, il continua à courir, croyant que plus il courait, plus ce qu’il avait vécu était loin. Un coup de feu retentit. La scène s’immobilisa. Touché au flanc, le Lymien arrêta sa course. Horrifiée, Lily le voyait tomber. Elle courut auprès de lui et le prit dans ses bras.
- Pourquoi… murmura-t-elle en larmes. Qu’est-ce qui t’a poussé à t’enfuir ?
- La Liberté… Lily… rien que la Liberté…
- Dire que tu avais échappé à la punition… maintenant Tony aura une bonne raison de te punir… et crois-moi, c’est pire que tout…
- Ah bon ? fit Gabriel, la voix suraiguë, dans un sourire. Ne t’inquiète pas… j’ai survécu à tout ça… pardonne-moi de te causer du soucis…

Il s’endormit aussitôt. Tony et Kian arrivèrent. Le patron regardait le Lymien avec un air de dégoût et de mépris.
- Maintenant nous rentrons, dit-il d’une voix froide. Il va regretter de s’être réveillé quand il va ouvrir les yeux celui-là.
- Par pitié monsieur, pour une fois, pardonnez-lui, pleura Lily. Il était perdu !
- Non ma chère, murmura-t-il en caressant le visage humide de la jeune femme. Non il sera châtié pour cela. Tu ne peux plus le protéger maintenant.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 21:17

Arrivés à la maison, Lily attendait auprès de Gabriel. Si seulement il pouvait rester endormi… là, au pays des songes, il était libre. En fait, elle lui promettait qu’un jour tout s’arrangerait mais en était-elle vraiment sûre ? Parfois, elle se le demandait. Aurait-elle dû le laisser mourir ? D’un certain côté il l’aurait mieux valu. Enfin, le Lymien se réveilla le lendemain matin.
- Non, rendors-toi… murmura Lily.
- Où suis-je ?
- A la maison, tu es à la maison, et ce n’est pas bon pour toi…
- Qu’y a-t-il ?
- Ne parle pas. Si jamais Tony t’entend…
- Que veux-tu dire ? demanda Gabriel en s’asseyant.
- Je te rappelle que tu t’es échappé de l’hôpital alors que ton rang social équivaut à celui d’esclave. C’est considéré comme une trahison à son maître. Ça peut te condamner à mort. Je connais Tony, il ne te tuera pas mais te le fera payer cher.

La porte s’ouvrit à la volée. Tony regarda avec dureté de ses yeux de glace le jeune Lymien qui avait du mal à assimiler la nouvelle. Soudain il prit peur et se colla au mur.
- Toi… susurra l’homme en colère. Petit avorton, viens avec moi.
- Monsieur, supplia Lily. Je vous en prie…
- Cela suffit, ne te mêle pas de ça !

Il prit fermement Gabriel par le bras et le conduisit dans le bureau, refermant la porte du cagibi derrière lui. Lily y resta, seule, agenouillée sur le sol, effondrée.
- Lâchez-moi, vous me faites mal ! fit Gabriel.
- Silence ! Tu n’es pas en position de te plaindre ! Comment oses-tu prendre la parole alors que je ne te l’ai pas demandé ?
- Mais…

Il le frappa violemment au visage. Le Lymien s’écroula sur le sol, un filet de sang s’échappant de sa bouche.
- Vas-tu m’expliquer pourquoi t’es-tu enfui de l’hôpital ?
- …
- Parle ! s’écria Tony en enserrant ses doigts sur la gorge de Gabriel.
- Je… je ne voulais pas vous faire du tort… je voulais simplement…
- Tu voulais quoi ?
- Vous le savez ! Vous ne m’avez pas écouter ! Vous savez que je n’aime pas cette vie-là, vous savez que je veux vivre, vous savez aussi que j’ai le droit d’avoir une vie moi aussi, d’être libre, et pas obligé à faire des choses qui me dégoûtent !

Sans prévenir, il le frappa à nouveau sans retenir sa force. Gabriel s’affala sur le bureau.

« Maintenant, je vais t’apprendre à rester à ta place et à obéir, petit imbécile… »

Lily restait immobile. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle entendaient sans écouter les cris de Gabriel qui se faisait battre. Dans quel état allait-elle le retrouver ? Tony était un homme très violent, appelé par ses pairs l’Eventreur. Avant d’être patron de son propre gang de la mafia, il était tueur d’élite. Ses crimes étaient signés d’une cruauté sans nom, un véritable massacre. Il ne se contentait pas de tuer ses victimes, mais prenait du plaisir à les faire souffrire. Tuer des gens rien qu’avec les poings il savait faire. C’était encore mieux quand ses victimes le suppliaient de les épargner. A présent, il ne pratiquait plus le meurtre. Ses acolytes le faisaient à sa place. Il avait développé dans le quartier de nombreux trafics, comme la drogue, les armes… mais notamment la prostitution qui s’avérait être une source de pognon considérable. Surtout quand il s’agissait de mignons jeunes garçons, appelés d’ailleurs « Les Mignons de Tony » même si ces jeunes hommes n’avaient jamais rencontré leur proxénète. Gabriel pouvait être considéré comme un Mignon de valeur puisqu’il vivait sous la protection du patron. Sous sa protection… sauf quand on le met en colère, et il en faut de peu quand on a le rang de « putain », Mignon ou pas. Quand ce fut fini, Tony partit du bureau en claquant la porte. Lily alors se leva brusquement et se précipita hors de la chambrette. Gabriel était au sol, à demi inconscient, les vêtements en lambeaux, des hématomes sur les membres et le visage. La jeune femme l’aida à se traîner dans sa chambre avant d’aller chercher de quoi le soigner.

Epongeant le dos meurtri du Lymien avec une serviette, Lily semblait songeuse. Gabriel grimaçait à chaque fois qu’elle le touchait.
- Je t’en prie, ne provoque plus la colère de Tony. Il en va de ta vie.
- Pardonne-moi de te causer du soucis…
- Tais-toi et repose-toi. Ça ne l’empêchera pas de te faire du mal et de continuer à te faire faire tout ça.

Gabriel s’endormit rapidement. En effet, le lendemain matin, il devait reprendre du service. Cependant Tony avait complètement changé d’attitude. Il ne cessait de le regarder de haut et de le considérer plus bas que terre. Un jour, quelqu’un d’important entra dans le bureau. Le visage dur sous ses cheveux bruns coupés courts et de petits yeux noirs, il était lui aussi un chef de gang allié de l’Eventreur. Etrangement, il avait toujours le sourire aux lèvres.
- Banho ! s’exclama Tony. Cela faisait longtemps qu’on ne t’avais pas vu dans le quartier !
- Je reprends mes affaires ici, répondit Banho d’une voix glaciale. Tiens donc, tu as un nouveau Mignon ?
- Ouais, si tu le veux pour une nuit, pas de problème !
- Vraiment ?
- Bien sûr. Mais tu n’es pas là pour causer plaisir, n’est-ce pas ?
- C’est vrai.

Ils discutèrent pendant des heures. Gabriel espérait qu’ils l’oublient à la fin de la discussion. Apparemment, ils avaient quelque désaccords, mais rien de préoccupant pour les deux. Quand Banho se leva pour s’en aller, il jeta un œil sur le Lymien qui décidément n’aimait pas cet homme. Les deux hommes se serrèrent la main et alors que Gabriel crut s’en être sorti Banho se retourna.
- Je peux vraiment emmener ce Lymien avec moi pour une nuit ?
- Si tu le demandes… Allez Boucles d’Argent, tu vas suivre ce monsieur et tu lui obéis comme si c’était moi. Et pas de discussion. A demain.

Gabriel se retrouva dans la voiture de Banho aussi vite que l’ordre de Tony.
- Tu tombes bien, dit Banho à Gabriel en le serrant contre lui. Cela faisait longtemps que je n’ai pas pris mon pied. Et pour une fois que je rencontre un Lymien, je vais pouvoir en profiter, qu’en dis-tu ?
- Si c’est un ordre, j’obéis.
- Je vois que Tony t’a bien dressé, petit Ange… remarqua l’homme dans un sourire. Boucles d’Argent c’est ça ? Adorable. Tu es très féminin, on a dû te le dire souvent, n’est-ce pas ?
- Peut-être.
- Tu as peur de moi ?
- Non monsieur.

Le sourire de Banho s’élargit, ce qui avait le don d’exaspérer Gabriel. Mais il se devait d’être obéissant. Arrivé chez Banho, on lui servit un repas. Au sous-sol, tous les membres du gang s’étaient réunis et étaient affalés sur des sofas, riant, buvant, fumant, jouant aux cartes… Banho l’avait conduit au premier étage où étaient les appartement de leur patron. Celui-ce le mena à la chambre.

« Tu es bien mignon, lui murmura-t-il à son oreille. Et c’est ça qui m’énerve, petit Lymien. Tu vas être bien sage, n’est-ce pas ? Ma petite mignonne… »

En dépit de son visage souriant, cet homme était aussi violent que Tony. Gabriel n’avait aucun répit, devant supporter ses coups et ses assauts…

Le lendemain matin, Banho ramena Boucles d’Argent à Tony, bien étonné que son Lymien avait des marques de coups sur son corps.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il d’une voix dure.
- Et bien… commença Banho dans un sourire. Ton petit chien n’est pas aussi obéissant que ça. J’ai dû user de la force pour me faire entendre. Je suis déçu…

Gabriel tourna vivement la tête vers Banho, le regard effrayé et inquiet, car la réaction de Tony risque d’être violente. Ce n’était pas vrai ce qu’il disait. Pourquoi mentait-il ? Qu’avait-il fait pour ça ? Il lui avait parfaitement obéi, quel que soit l’ordre, quel que soit son dégoût pour cela. Il se sentait mal à chaque fois. Et malgré tout, on ajoutait encore plus de problèmes à sa personne.
- Comment ça il ne t’a pas obéi…
- C’est tout à fait ça, affirma Banho.
- Non ! s’exclama Gabriel.
- Tais-toi ! rugit Tony. Je t’interdis de lui manquer de respect, espèce de sale petite vermine ! Tu peux partir Banho, je me chargerai de lui. Cela ne se reproduira plus.
- J’y compte bien, fit-il en partant. A bientôt !

Pour la deuxième fois de sa vie, Gabriel subit la colère de Tony. Il supportait de moins en moins sa vie et regrettait de ne pas avoir succombé à sa maladie quelques semaines plus tôt. Non ce n’était pas une vie. Et même s’il avait Lily auprès de lui, même si elle lui procurait tout l’amour dont elle pouvait, il voulait partir le plus loin possible de tout ça. Les jours défilaient tout aussi lentement qu’avant. La vie était de plus en plus insupportable, et Gabriel se demanda même s’il n’était pas mieux de provoquer la colère de Tony pour qu’un coup fatal puisse le faire partir loin de ce monde. Un soir, alors que l’on s’apprêta à se coucher, alors que le patron était à son bureau, lisant quelques dossiers, la demeure fut assiégée par un gang tellement rapidement que Tony n’eut pas le temps de riposter. La porte du bureau s’ouvrit à la volée et deux hommes battis comme des armoires entrèrent, suivis de Banho. Les relations entre les deux patrons s’étaient détériorées, et il n’y avait jamais de discussions diplomatiques pour régler un conflit. Gabriel et Lily, qui étaient tous les deux dans le bureau également, s’immobilisèrent. Les deux hommes eurent une discussion assez bruyante.
- Désolé de t’interrompre, coupa Banho en levant son revolver sur Tony. Mais les affaires sont les affaires et tu n’en fais plus parti.
- Et que veux-tu faire, espèce d’imbécile ?
- T’éliminer, comme tous ceux qui s’opposeront à l’expansion de mon empire !

Avant que Tony ne puisse se défendre, il lui tira une balle en pleine tête. Comme un film au ralenti, Gabriel regarda Tony s’effondrer, mort sur le coup. Délivrance ? Catastrophe ? Il ne savait plus ce qu’il ressentait.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 21:18

Lily, elle, était horrifiée, car Banho avait pointé son arme vers eux.

« Maintenant, à ton tour ma mignonne… Et c’est ainsi que fini le dernier Lymien… »

Gabriel n’eut pas le temps de réagir, l’homme appuya une deuxième fois sur la détente. L’esprit de Gabriel se vida. Une ombre passa devant lui, puis une longue chevelure blonde. Lily fut plus rapide que le coup de feu. Elle se précipita devant le Lymien pour le protéger et fut touchée à sa place. Elle tomba dans les bras du Lymien qui ne réagit pas. La serrant contre lui, il n’avait pas le courage d’affronter la réalité.
- Lily… murmura-t-il. Pourquoi ?
- Tu dois vivre, Gabriel, je te l’ai déjà dit… dit-elle d’une voix faible.
- Pas au dépend de la tienne…

Lily lui sourit tendrement et succomba à sa blessure. Banho ne chercha pas à retenter de tuer le Lymien.
- C’est peut-être mieux ainsi, dit-il en rangeant son arme. Tu viens avec moi.
- Assassin ! s’écria Gabriel sous le coup du chagrin et de la douleur.
- Considère-moi comme tu veux, mais ton maître est mort et tu n’es pas libre puisque je te prends !

Un des hommes de Banho prit le Lymien par le bras et le traîna vers lui.
- Non ! s’écria-t-il en larmes. Lily ! Lily !
- Elle est morte, alors on ne va pas s’attarder dessus, non ? fit l’assassin en serrant Gabriel contre lui dans un sourire sournois. Si tu penses que c’était un cauchemar de vivre avec Tony, crois-moi tu vas reconsidérer tout ça avec moi.

A quoi devait-il s’attendre ? Même après la mort de Tony, son calvaire ne se terminait pas, bien au contraire. Il se retrouva à l’autre bout du quartier, dans la demeure mal famée de Banho, esclave du patron lui-même et de ses sbires. Ils abusaient de lui comme bon leur semblait. Enchaîné vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le Lymien leur serait leur nourriture, leur boisson… les hommes demandaient même à ce qu’il vienne s’asseoir sur leur genoux pour un petit câlin. Las, désespéré, Gabriel ne disait mot. Il obéissait sans répondre. Petit à petit, Banho le faisait aller dans des hôtels faire de l’animation, pour « amuser » la clientèle, où il devait se montrer quasiment nu avec d’autres jeunes garçons pour séduire les clients qui les demandaient pour la nuit. A Myan, les différents moyens de prostitution étaient très développés, et on n’avait toujours de nouvelles idées pour le plaisir des Myaniens des affaires noires. S’ils ne pouvaient être que minoritaires parmi la population… mais en réalité c’était la prostitution, plus que tout autre, qui faisait marcher les affaires. Jeunes femmes, jeunes hommes… tant qu’ils étaient d’une beauté et d’une fraîcheur surpassant la moyenne, ils se retrouvaient dans ces trafics d’êtres humains et n’avaient que deux devoirs : l’obéissance et le silence. C’était en tout cas ainsi que continuait la vie de Gabriel. Il restait dans ce « métier » malgré tout, se sentant responsable de la mort de celle qui fut sa sœur. Mais alors, désormais, plus rien ne le retenait dans ce monde. Pourquoi cherchait-on toujours à empêcher sa mort ? Après tout, chaque vie avait une fin, et avec le métier qu’il faisait, il serait très vite « hors d’usage » et cela l’étonnerait fort qu’on le libère de son esclavagisme pour qu’il puisse finir ses jours tranquillement, dans la paix. S’il n’était pas un Lymien, tout serait plus simple…

Une nuit, alors que son amant d’un soir dormait profondément contre lui, Boucles d’Argent sortit de son sac qui contenait ses affaires personnelle une petite boule en cristal, celle que lui avait offert Lily pour ses seize ans. Ce jour-là il fêtait son dix-septième anniversaire, mais personne ne s’en souciait. Personne ne viendrait le réveiller en douceur avec une chaleur maternelle au fond de la voix lui murmurant « Joyeux anniversaire mon cher Gabriel. » Non, personne… Il restait seul, plongé dans le souvenir de sa sœur, se disant qu’il avait pris un an de plus et que cela ne changeait absolument rien à sa vie. A quoi servent les anniversaires quand il n’y a plus personne pour le lui souhaiter ? A quoi servent les anniversaires quand on est seul et que sa vie est foutue ? Son amant, plutôt jeune, se retourna vivement, pris dans un rêve. Gabriel reposa la boule en cristal dans ses affaires en pensant qu’il était bien loin cet Ange qui semblait noble sous la neige.

Aussitôt quelques jours après ses dix-sept ans, un hombre fit irruption chez Banho. Gabriel l’avait déjà vu plusieurs fois. Il s’appelait Finh et il était le dirigeant d’une maison close assez spéciale et très réputée du coin. Alors que le Lymien était un peu malmené par les hommes de Banho, lui et Finh discutaient tranquillement autour d’un café.
- Il te manque un homme ? fit Banho.
- Oui, répondit Finh, exaspéré. J’ai les dix meilleurs prostitués de la planète et un abruti en a dessoudé un. Ce n’était pas le meilleur de tous mais enfin bon… du coup la réputation de la maison est mise à rude épreuve. Il me faut une bombe pour pouvoir la sauver.
- C’est si dramatique que ça ? Je connais très bien « Les Milles Et Une Nuits » : ce n’est pas avec la perte d’une de tes vedettes que tu vas plonger.
- C’est là où tu te trompes. La maison est en déclin. J’ai de moins en moins de clients. Il me faudrait un événement de taille…
- J’en ai justement un sous la main, coupa Banho dans un sourire. Il est temps que je m’en sépare, je pourrais toujours aller le voir. Tu es mon ami, alors je te le propose. Mais j’ai des scrupules à m’en séparer, alors il te coûtera assez cher !

Finh se leva brusquement, fou de joie, et prit les mains de son acolyte.
- Peu m’importe le prix si cela me sauve la vie ! Je veux le voir avant d’accepter !
- Très bien, continua l’autre, le sourire toujours aux lèvres. Suis-moi, tu ne vas pas être déçu.

Ils partirent dans le salon et regardèrent attentivement les hommes de Banho titiller joyeusement leur pauvre proie.
- Ne fais pas ta mijaurée, ma puce ! s’exclama l’un d’entre eux. Fais-nous au moins un bisou si tu es trop pudique !
- Un petit câlin, ça ne te tuera pas, ajouta un deuxième en l’obligeant à s’asseoir sur ses genoux. Tu es si doué pour ça pourtant…
- C’est vrai, ma chérie, coupa un troisième en tirant sur la chaîne de Gabriel qui fit un bon en avant. Tu l’as bien déjà fait avec nous tous quand même. N’essaie pas de nous faire croire que tu es aussi délicat que ça ! Tu sais bien que c’est faux et que tu aimes ça !
- Arrêtez… demanda doucement le Lymien, las de leur jeu.

Finh n’avait pas décroché une seule seconde son regard du Lymien. Si jeune… si frêle… avec une expression assez féminine et délicate… on croirait qu’il était encore vierge et innocent. Ses gestes suscitaient une émotion étrange, presque inquiétante. Il resta bouche bée devant cette vision irréelle. C’était donc vrai, rien que par leur apparence, les Lymiens embellissait n’importe quel paysage.
- Alors ? demanda Banho.
- Tu veux combien exactement ? fit son ami les yeux écarquillés.

Le sourire de Banho s’élargit. Quelques minutes après, les deux hommes entrèrent à nouveau dans le salon et interrompirent le jeu sournois des hommes.
- Boucles d’Argent, commença le patron, j’ai une nouvelle intéressante qui te concerne. Désormais, tu ne m’appartiens plus. Je te présente ton nouveau maître, Finh qui va s’occuper de toi à présent. Tu vas voir. Là où tu vas aller, tu seras choyer. Finh va faire de toi la coqueluche de son établissement. N’est-ce pas cher ami ?
- Compte sur moi, répondit-il avec un sourire.
- Toi ! s’exclama Banho à l’adresse d’un de ses hommes. Va me chercher les affaires personnelles du Lymien et sa fiche.
- On s’en sépare alors ?
- Exactement. Allez oust ! Mais on pourra toujours aller lui rendre visite aux « Milles Et Une Nuits » s’il vous manque trop.
- Pardon d’intervenir, murmura Gabriel à Finh, mais où m’emmenez-vous ?
- Et bien… balbutia Finh sous le charme du Lymien.
- Dans une maison close. Tu continues ton chemin de ton métier… Tu gravis très vite les échelons mon bonhomme ! Tu vas devenir très célèbre dans le milieu !
- Quoi ? s’exclama le Lymien. Mais…
- Il n’y a pas de mais ! Il y a toujours mieux que ce que l’on vit, n’est-ce pas ? continua Banho, un étrange sourire aux lèvres. Allez, va et travaille bien.

Finh récupéra les affaires de Gabriel et l’emmena avec lui dans les quartiers chauds de la ville. Rien n’était encore ouvert, la nuit n’étant pas tombée. Gabriel allait bientôt mieux connaître le monde de la nuit de Myan. Ils passèrent dans une petite ruelle pour se rendre dans un immeuble assez bien tenu. Il allait lui présenter ses « collègues ». Il y avait dans le dortoir cinq femmes et quatre hommes qui se préparaient à la nuit qui venaient. Gabriel était surpris de leur jeunesse et de leur beauté. Il n’avait pas rencontré beaucoup d’autres prostitués, et il n’avait jamais été marqué par leur présence. Cette fois-ci c’était différent. Finh le laissa avec eux. La première à s’avancer vers lui était une jeune femme à la longue chevelure blonde. Elle lui sourit amicalement.
- Alors c’est toi le nouveau ? demanda-t-elle.
- Euh…
- Il est bien jeune, fit un des jeunes hommes aux longs cheveux noirs.
- Il n’est pas le seul, Uven, coupa un autre homme aux cheveux blonds coupés courts qui semblait être le plus jeune de tous.
- Je m’appelle Ilya, dit la jeune femme blonde. Et voici notre aîné, Uven, et son humeur qui va toujours droit au cœur.
- Moi c’est Josh, intervint un autre jeune homme blond aux cheveux attachés en catogan.
- Et moi Faïs, dit une rouquine, la plus jeune des filles.
- Hélia, salut ! dit une brune dans le fond du dortoir.
- Et moi Lonh, dit un jeune homme aux cheveux bruns et courts.
- Moi c’est Shian, dit une femme aux cheveux châtains.
- Taly, dit la dernière des filles.
- Et voici le plus jeune : Perith, finit Ilya en montrant le jeune homme qui avait répondu à Uven.
- Et toi, c’est comment ton nom ? demanda Faïs.
- Et bien… je…
- Tu es tellement mignon, coupa Ilya. Tu as quel âge ?
- Dix-sept ans, et je m’appelle… Gabriel, dit Boucles d’Argent.
- Gabriel ? C’est joli ! s’exclama Ilya.
- Dix-sept ans… fit Uven. Quand je vous dit que Finh est fou.
- Il a juste un an de moins que moi, remarqué Perith. Et arrête d’être grognon tout le temps ! On a tellement peu de temps à pouvoir vivre, tu nous casse le moral.
- Toi, tu…
- Cela suffit, coupa Josh qui semblait être le médiateur du groupe en se levant de son lit. Uven, donne-nous l’exemple, et toi Perith, sois plus respectueux. Vous ne faites que mettre mal à l’aise notre nouvel ami. Déjà qu’on n’a pas une vie facile, il vaudrait mieux être soudés pour s’en sortir.
- Ça va ? demanda Ilya à Gabriel.
- Je ne pense pas retenir vos noms aussi facilement, sinon ça va, répondit le Lymien en lui rendant son sourire.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 15 Juin - 23:02

A peine arrivé, Gabriel devait commencer son « nouveau » travail. Il suivit le groupe et ils se retrouvèrent dans un endroit aussi étrange qu’irréel. Cela semblait être le lieu le plus animé du quartier, en tout cas. Un groupe d’hommes attendaient devant d’immenses grilles en or, qui enfermaient une place illuminée, comme s’ils attendaient un quelconque spectacle. Uven eut un petit rire ironique.
- Je sens comme un air d’amour dans les airs, pas vous ?
- Encore des obsédés qui vont regretter d’être tombés sur moi ! s’exclama Shian, les mains sur les hanches, regardant avec dégoût les futurs clients.

Ils entrèrent dans la place par une porte, et enfin on put voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Le groupe se promena dans une allée qui séparait deux rangées de sorte de cages en verres assez grandes aménagées comme des chambres nuptiales, avec poufs, lits, draps en soie… de couleur rouge. Il y avait au-dessus de chaque chambres (ou appelez ça comme vous voulez) des dorures ainsi que le nom, ou le surnom, de chacun. Seul un seul d’entre eux n’en avait pas.
- Tu vas prendre place dans cette cage de verre, expliqua Josh en lui montrant celle qui n’avait pas de nom. C’est très simple ici c’est comme un petit village.
- Les Milles et Une Nuits, ajouta Lonh en passant sa main dans ses cheveux bruns.
- Le village des plaisirs, continua Faïs.
- Où le client est libre de choisir s’il veut Ilya ou Perith, par exemple, dit Uven.
- Nous sommes des putes de luxe, ironisa Ilya. Finh paie cher pour entretenir cet endroit qu’on peut qualifier de…
- Bizarre, répondit Josh.
- Pervers, fit Perith.
- Ignoble, dit Taly.
- Contraire aux principe, ajouta Shian.
- Ecœurante… murmura Gabriel.
- As-tu des questions ? demanda Josh.
- Combien de clients pour chacun d’entre nous ?
- Ça dépend de ta popularité, répondit Uven. Mais bon, on est plus ou moins demandés ici. Nous sommes quand même la plus grosse maison close de la planète. Ça devrait être une fierté, mais bon… et on est très cher.
- Et moi je me retrouva là-dedans…
- Bonne chance, ajouta Ilya.
- Bon alors, qu’est-ce que vous attendez ? coupa une voix.

Finh apparut. Il conduisit Gabriel à sa propre chambre pendant que les clients entraient dans la place. Il devait présenter le Lymien à tous puisqu’il était nouveau. Il était tellement sûr qu’il remporterait un succès fulgurant. Gabriel se laissa faire, il n’avait plus la force de repousser tout ça. Soit, si tel était son destin, écœuré ou pas, il ne se battrait plus. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps qu’il n’avait plus cherché à fuir. Pendant deux ans, sa vie avait été la même. Il n’était que l’objet d’hommes qui ne cherchaient qu’à passer leur temps et à prendre du plaisir. Finh le prit par la taille et le colla contre lui, le mettant bien en évidence aux yeux des clients.

« Chers clients ! s’exclama-t-il. Je vous présente la nouvelle idole de la maison : Boucles d’Argent, le pur et tendre Lymien. Déjà connu dans certains quartiers, et il est jeune et réputé ! Il saura faire votre bonheur. »

Il posa son regard sur Gabriel dont le visage exprimait une infinie tristesse, et fit glisser ses doigts sur sa joue. C’était ce visage si tendre, si frêle, si pur… qui allait faire de Gabriel le prostitué le plus demandé et le plus cher de son métier. Il commença alors à voir se succéder ses clients, tous plus pervers les uns que les autres. Il y avait du monde dans l’allée, attendant de pouvoir passer un moment en compagnie des Mignons et des Mignonnes des « Milles et Unes Nuits », comme dans un parc d’attraction. Dans la foule, un homme, très jeune, voire trop pour faire parti de ce genre de clientèle, avait les yeux posés sur le Lymien. Emmitouflé dans un long pardessus, il retira avec des gestes lents les lunettes qu’il avait sur le nez. Ses sourcils étaient froncés sur ses beaux yeux verts, exprimant le dégoût qu’il ressentait.
- Qu’est-ce que tu fais ? lui demanda un autre homme. On a des trucs à faire. On n’a pas le temps pour ça.
- J’arrive, répondit l’autre d’une voix calme en passant sa main dans sa longue chevelure noire (bon niveau coiffure, imaginez Akiha Hara version brun, juste pour la coiffure). Mais tu as vu leur nouveau jouet ?
- Axel, nous ne sommes pas là pour eux ! coupa son collègue. Et t’as pas fini de te rincer l’œil ?
- Si tu veux vraiment me mettre en colère Hugo-kun, continue comme ça.
- Et bien viens, s’empressa le dénommé Hugo.

Rien à faire… Axel ne pouvait pas détacher ses yeux de ceux de Gabriel. Ce-dernier d’ailleurs était trop occupé pour se rendre compte qu’on l’avait remarqué. Un regard bleu infini… le ciel du paradis, bien loin du ciel de Myan toujours encombré de nuages… un regard pur, intense… mais pourquoi Axel ne pouvait-il pas bouger tout à coup ? Pourquoi il restait là, à regarder le Lymien faire des choses plutôt obscènes ? En même temps, c’était le but d’une maison close. Que faisait-il dans un endroit pareil ? Il avait tout oublié. Son nom, sa place… plus rien n’existait. Le bruit, la musique… il ne les entendait plus. Pourquoi ? Quelqu’un cria son nom, et il sortit de sa transe… Son travail… oui… Il baissa la tête et remit ses lunettes avant de se retourner et de se perdre dans la foule.

C’était horrible. Gabriel pensait que ça ne changeait rien à ce qu’il avait déjà vécu chez ses précédents propriétaires, mais en réalité c’était totalement autre chose. Ils venaient tous les uns à la suite des autres, ne lui laissant aucun répit. Ils ne se souciaient pas de son libre-arbitre, mais de toute façon, dans toute sa vie, il n’avait jamais eu droit à un libre-arbitre. Quand enfin ce fut terminé pour cette nuit, ils rentrèrent dans leur appartement. Ils dormaient tous dans la même chambre. Gabriel s’effondra sur son lit.
- Tu tiens le coup, petit ? demanda Uven en allumant une cigarette.
- Ils n’y vont pas de main morte, c’est sûr, ajouta Lonh en se préparant pour aller se doucher.
- Ça va, répondit Gabriel. J’y suis habitué…
- Ne t’inquiète pas, dit Josh en s’allongeant sur son lit, ses lunettes sur le nez, avec un livre volumineux dans les mains. On est là pour toi nous.
- Merci beaucoup… murmura le Lymien en s’endormant.

Ilya s’approcha de lui tout doucement et lui mit le drap sur les épaules. Ils étaient tous profondément gentils malgré ce qu’ils vivaient et malgré leurs différents caractères. Ils avaient tous décidé d’un commun accord qu’ils prendraient soin du jeune Lymien. D’accord il n’était plus un enfant mais son enfance avait été totalement détruite. Il n’avait pas su grandir correctement. Cela n’empêchait pas qu’il était très intelligent et très mûr. Il savait s’attirer la sympathie des gens d’un seul regard et était très étonné qu’autant de gens l’avaient protégé alors qu’ils venaient d’une planète réputée pour détester le peuple disparu des Lymiens.

Le lendemain soir, ils repartirent au « travail » comme la veille. Gabriel n’en pouvait déjà plus de tout ça. Son corps suppliait à ce que cela cesse. Ils étaient tous égoïstes et arrogants, ne pensant qu’à satisfaire leurs propres désirs ignorant volontairement ceux qui souffraient de leurs actes. Gabriel en était malade. Mais il ne pouvait rien faire contre ça. Il était piégé. Depuis deux ans et même avant que cette histoire ne commence, il avait arrêté de se battre contre toute cette discrimination et contre le fait que tous autant qu’ils étaient profitaient de son corps. La seule fois où il avait tenté de s’échapper, il l’avait payé très cher. Il n’avait pas la force de défendre son honneur. Pendant qu’ils attendaient les clients, un homme alla voir Finh.
- Que voulez-vous ? demanda-t-il.
- Je réserve la nuit entière auprès du Lymien, répondit de sa voix suave le jeune homme aux yeux verts.
- Quoi ?
- Tenez, voilà de quoi vous dédommager, continua-t-il en lui donnant un billet.

D’un pas assuré, il entra dans la chambre de verre. « Si jeune… » pensa Gabriel. « Pas aussi jeune que moi, mais pourquoi quelqu’un d’aussi jeune viendrait dans un tel endroit ? » Le jeune homme retira ses fines lunettes et les rangea dans son manteau, les yeux posés sur le Lymien qui trouvait se regard étrange et mystérieux. Machinalement, Gabriel enleva la légère chemise blanche qui lui servait de vêtement. Il s’approcha lentement.

« Non, dit le jeune homme brun, je ne suis pas là pour ça. »

Gabriel ne dit rien mais le regarda avec un profond étonnement. L’inconnu retira son long manteau et recouvrit le Lymien avec.
- Je voudrais savoir pourquoi un Lymien est dans un tel endroit ?

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alors alors? pour l'instant?
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 16 Juin - 16:58

- Je n’en sais rien moi-même, répondit Gabriel dans un murmure, tenant fermement le manteau.
- Et quel âge as-tu ?
- Dix-sept ans.
- Je croyais que Myan avait touché le fond il y a bien longtemps, je me suis bien trompé…

Il semblait courroucé et écœuré. Gabriel en avait l’habitude. Combien de fois avait-il été battu ? Il ne les comptait plus. Mais là, l’homme n’était pas en colère contre lui, mais contre ceux qui avaient fait de lui un objet. Il n’avait pas l’air mauvais, tellement différent des autres.
- Je m’appelle Axel.
- Et que faites-vous ici ?
- J’ai vu ce qu’ils te font subir.
- Je ne veux pas de votre pitié, murmura Gabriel en se détournant de lui.
- Il y a des mondes où tout ça est interdit, tu le sais ? Quel est ton nom ?
- Boucles d’Argent,
- Non, ça c’est le nom qu’ils t’ont donné.
- Je n’ai pas de nom. Partez.
- Non plus… ça m’est impossible.
- Si vous avez payé pour moi, expliquez-m’en la raison ! s’emportant le Lymien, exaspéré par l’attitude d’Axel.
- Et j’ai une autre question : te sens-tu bien, ici ?
- C’est un interrogatoire ?
- Oui.
- Si je me sens bien ? Heureusement que je me suis fait des amis.
- Je comprends.
- Qui êtes-vous exactement ?
- Et si on discutait ? On a toute la nuit.

Encore une fois, Gabriel était surpris. Axel s’assit tranquillement sur le fauteuil le plus proche. Accoudé au rebord, la tête posée sur sa main. Le Lymien quant à lui restait immobile, ne sachant comme réagir.
- Pourquoi faites-vous ça ?
- Je n’en ai strictement aucune idée, répondit Axel en tout sincérité. En tout cas, cela te permets de passer une nuit tranquille. Assis-toi.
- Je ne vous comprends pas.
- Personne ne le peut, crois-moi, rit-il. Tu as toujours vécu ainsi ?
- J’en ai l’impression, alors que ça fait deux ans que tout ça a commencé.
- En plus ton origine ne t’a pas aidé, j’imagine.
- Absolument pas, répondit Gabriel dans un sourire.

Quel homme étrange, cet Axel. Grand, la silhouette élancée, des cheveux d’ébène, fins, longs et attachés en catogan, d’intenses yeux verts qui fixaient Gabriel d’un façon assez singulière. Jamais on ne l’avait regardé comme ça. Il avait l’impression d’exister. Finalement, le Lymien s’assit en tailleur sur le sol.
- Vous êtes vraiment quelqu’un d’incroyable…
- Et fou, oui, tu peux le dire, rajouta Axel.
- Non. J’en ai rencontré des fous, murmura Gabriel. Vous êtes totalement différent.
- Merci. Qu’est-ce que tu aimerai le plus au monde ?
- On m’a déjà posé cette question.
- Et ?
- J’aimerai partir loin d’ici, être libre, ne plus être obligé de faire tout ça. Et si possible y amener mes amis, mais… Tout ça c’est impossible, soupira le Lymien.
- Mon cher, rien n’est impossible, coupa Axel. Je vais t’avouer quelque chose. Si je me retrouve dans ce lieu, c’est pour mon travail. Je suis le plus jeune inspecteur de police qu’on ait connu, et je sais que si je commets la moindre petite erreur, mes supérieurs n’hésiteront pas à me lyncher. Depuis des années, la police est très mal vue. C’est le monde à l’envers, en somme. Le monde où tu vis est absolument légal et normal, alors que le mien qui est sensé représenter la justice est en déclin.
- Et alors ?
- Et alors ? continua Axel, le regard perdu dans le vide et les sourcils légèrement froncé. Je suis sur la plus grande affaire de tous les temps. Le but est de démanteler ce réseau ignoble, restaurer la justice dans ce monde, parce que Myan n’a pas toujours été comme ça. Tu sais pourquoi les Lymiens sont très mal vu ?
- Non.
- Finalement c’était il n’y a pas si longtemps que ça. Il y a environ cinquante ans, Myan était une planète lumineuse. C’était une des planètes les plus importantes, elle égalait les plus grands systèmes. On dit que les Lymiens avaient disparu il y a cent ans, mais c’est faux, c’était il y a cinquante ans. C’est tout récent. Myan était dirigée par une famille royale juste et aimée du peuple, mais un complot les a fait tombé. On ne sait pas exactement ce qu’ils sont devenus. Et si les Lymiens sont détestés, c’est parce qu’ils étaient très proches de la famille royale Myanienne. Ils aidaient beaucoup le peuple. Mais voilà, à la chute du roi de Myan, la population a totalement changé d’opinion. Elle s’est mis le couple royale en haine et les Lymiens avec et elle a oublié pourquoi et même depuis combien de temps.

Gabriel resta bouche bée. Enfin il comprenait pourquoi les gens le méprisaient. Axel continua son histoire :
- Ici, je cherche des failles. Des failles de ce réseau pour l’arrêter. Quand j’y arriverai ? Je n’en ai aucune idée.
- C’est un peu dangereux ce que vous faites. C’est tellement important pour eux. Vous y risquez votre vie.
- Je sais. Mais si je ne le fais pas, je le regretterai amèrement.
- Et pourquoi ?
- Il est trop tôt pour te le dire, murmura Axel en se levant.
- Désolé… fit Gabriel en baissant la tête.

Un lourd silence s’abattit dans la chambre. Ils n’entendaient que le bruit venu de l’extérieur. Gabriel avait presque oublié où il était. Il avait l’impression d’avoir dit quelque chose de mal. Axel le comprit et s’agenouilla devant lui. Il lui releva le visage d’un doigt et lui sourit chaleureusement.
- Tu n’as pas à t’excuser, dit-il dans un murmure. Tu n’as rien fait de mal.
- J’ai tellement été frappé alors que j’avais rien fait, j’ai l’impression maintenant que quoique je fasse, c’est mal.
- Tu as dis de moi que j’étais quelqu’un d’incroyable. Toi tu es quelqu’un d’extraordinaire. Je ne pense pas être de capable de supporter ce que tu as vécu. Tu gardes le sourire après ça, et tu restes pur. Ils ne parviendront jamais à t’enlever ce que tu es.

Le Lymien sourit. Il se sentait bizarre… quelque chose avait changé en lui. Axel se releva, soulagé. Gabriel se redressa à son tour. Il se rapprocha d’Axel qui restait immobile. Le manteau glissa des épaules de Boucles d’Argent.

« Qu’est-ce que tu… »

Gabriel posa son doigt sur la bouche d’Axel. Pourquoi agissait-il comme ça ? Il ne le savait pas lui-même. D’ailleurs le jeune Myanien se laissait faire. Le Lymien posa ses mains sur la taille d’Axel qui l’embrassa. C’était tout nouveau pour Gabriel. Jamais personne ne l’avait embrassé. Les clients ne perdaient pas leur temps à cette marque trop affective. Il n’était donc pas anormal pour lui que ce soit son premier baiser alors qu’il avait perdu sa virginité il y avait bien longtemps. Un étrange sentiment remplit son âme et son corps. Il déshabilla Axel avec lenteur.

Comme c’est étrange… ce n’est pas comme d’habitude. C’est moi qui le lui ai demandé ? Pourquoi ? C’est totalement autres chose de ce que j’ai connu. Quel est cet étrange sentiment qui monte en moi ? Est-ce normal que je le désire ainsi ? Je veux que ce soit lui et seulement lui qui me touche. Je n’ai pas mal. Je n’ai plus mal. Au contraire. Je ne veux pas qu’il s’arrête ? C’est donc ça le plaisir de l’amour ? L’amour… est-ce de l’amour ? Je me sens naître. Mon âme orageuse s’apaise. Je vis dans une symbiose parfaite avec cet homme que je ne connaissais pas hier… Je tremble sous ses doigts, mais je n’ai pas peur ! Je n’ai pas froid ! Le monde n’existe plus. Nous sommes tous les deux, seuls, loin de cette terre hostile qui m’oppresse. Rien que lui et moi, dans l’air pur d’un amour naissant. Je ne veux pas partir de ce monde. Je veux rester avec lui. Ne me quitte pas, ô Axel, amant d’un soir. Laisse-moi me noyer dans l’océan noir de tes cheveux ! Libère-moi de tout ça, de ces monstres abominables ! Je ne veux plus… je n’en peux plus… Je ne suis pas une putain ! Personne ne l’est. J’ai une âme, un cœur, un esprit… et je ne supporte plus tout ça. Sauve-moi, je t’en supplie, Ange de l’Amour…

Allongé sur le corps d’Axel, Gabriel revenait peu à peu à la réalité. Il ferma les yeux. Sa tête lui tournait. Il sentait sur son visage le souffle chaud et tremblant du Myanien pour qui c’était sa première nuit avec un autre homme. Il passa ses bras autour du Lymien qui releva lentement la tête. Ses grands yeux bleus le regardaient étrangement. Celui-ci sourit et l’embrassa. Ils basculèrent, le Myanien sur le Lymien. Gabriel se sentait protégé, libre.
- Un jour, je te le promets, murmura Axel en passant ses doigts dans les boucles de Gabriel. Je te libèrerai. Tu n’auras pas à attendre longtemps, je te sauverai.
- Pourquoi faites-vous ça ?
- Aucune idée. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Pourquoi me fais-tu cet effet-là ? demanda-t-il en lui caressant la joue. J’ai envie de mieux te connaître, je veux prendre soin de toi… et je ne sais pas pourquoi. Et ce n’est pas par pitié, crois-moi.
- Je vous crois. Je ressens la même chose…
- Ne me vouvoie pas, s’il te plaît… Honte à moi, je parais avoir profité de toi.
- Non, ce n’est pas l’impression que j’ai eu.
- Dis-moi ton nom, je t’en prie…
- Cela suffit vous devez partir ! coupa une voix derrière la porte.

C’était Finh. Ils ne s’étaient pas rendus compte du temps qu’ils avaient passé dans cette chambre. Ils se levèrent. Axel se rhabilla et se retourna vers Gabriel avant de partir. Le Lymien avait remis sa longue chemise blanche. Il avait l’impression de perdre quelque chose. Il ne voulais pas qu’il s’en aille.

« A bientôt, Ange de la Nuit qui n’a pas de nom » murmura Axel dans un sourire avant de sortir.

Finh attendait, entouré de Josh, Ilya et les autres, les mains sur les hanches. Axel le regardait de haut, le considérant plus bas que terre. Ils échangèrent quelques mots et Axel fit un signe de main à Gabriel qui sortait timidement de la chambre. Il répondit d’un geste fébrile, les yeux dans le néant, le cœur vidé, son amour s’éloignant. Ses amis se regardèrent, inquiets, et le fixèrent étrangement. Josh sourit, devinant ce qu’il se passait. Ils partirent pour leurs appartements. Le Lymien ne se rendait pas compte qu’il se retrouva dans le dortoir. Ils s’assit sur son lit, l’esprit ailleurs. Josh, qui avait remis ses lunettes, se posa à côté de lui.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda-t-il. Tu as l’air tout bizarre.
- Hein ?
- Qui était cet homme ? fit Uven, allumant une cigarette.
- Qui était-il exactement, aucune idée… répondit Gabriel, mais il était tellement différent des autres. Je me suis senti moi-même différent. Je voulais être avec lui. Pourquoi ?
- Ce n’est pas rare qu’on puisse tomber amoureux de nos clients, ça arrive parfois, dit Ilya.
- Je te dis qu’il n’était pas comme les autres. J’ai la nette impression que c’était sa première fois. Il a commencé à me poser des questions comme s’il menait une enquête. Il n’était pas venu pour mon corps, c’est moi qui l’ai voulu.
- Quoi ?
- Il est très jeune. A peu près ton âge je pense, dit Gabriel à Josh. Plus jeune qu’Uven en tout cas.
- Tu crois ? coupa Uven, rattachant ses longs cheveux noirs. Je ne l’ai pas bien vu.
- Peut-être vingt-deux ou vingt-quatre ans, songea Shian. Il est plutôt beau gosse.

Gabriel sourit et s’allongea. Taly apporta le déjeuner et ils cessèrent de parler d’Axel. Le Lymien était encore perdu dans ses sentiments. Axel sortait de la place tranquillement, sans se presser. Il traversait sans s’arrêter « le quartier des plaisirs ». De nombreuses prostituées l’accostaient pour le séduire, en vain. Ses pensées étaient toutes tournées vers le Lymien. Il n’avait jamais cru au coup de foudre jusqu’ici. Il n’était jamais tombé amoureux, toujours pris par son travail vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Cela lui permettait d’oublier ses problèmes. Lui aussi était un pariât de la société. Sa mère était une prostituée et tout le monde le savait et le montrait du doigt pour sa naissance. Il n’était pas né de l’amour.
- Hey ! fit une voix dans la pénombre. Où étais-tu passé ?
- Excuse-moi, murmura Axel. Mais je suis là alors, calme-toi.
- Je t’ai cherché toute la nuit. Les autres sont rentrés et toi tu te baladais.
- J’ai rencontré le Lymien des « Mille et Une Nuits ».
- Et toi, tu draguais… rectifia Hugo. Tu prenais du bon temps… et bien… bravo mon vieux…
- Il faut que nous finissons ce que nous avons commencé. Et au plus vite ! Allez, rentrons.

Hugo ne put rien ajouter. Ils s’engouffrèrent dans les pénombres de la fin de la nuit. Les premiers rayons du soleil cachés par les nuages perpétuels éclaircissaient un peu l’horizon.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeSam 17 Juin - 0:46

Je t'ai déjà dit ce que je pensais de ta fic sur Manga-Powers et je vais te le répéter ici : franchement j'adore ! C'est super bien écrit et en plus, je la trouve moins compliquée à comprendre que ta fic sur Angélique (qui est très bien quand même^^)
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeLun 19 Juin - 13:43

La journée passa encore trop vite, mais cette fois Gabriel semblait impatient. Il avait hâte de retrouver le jeune homme d’hier, Axel. Rien que penser à lui le faisait sourire. Il était tellement sûr de le voir… Enfin, quelqu’un entra dans sa chambre de verre, et il se retourna avec un grand sourire qui disparut aussitôt lorsqu’il reconnut un des clients habituels de la maison, qui ne venait là que pour le martyrisé physiquement et moralement. Son espoir se volatilisa subitement. Quand l’autre le laissa, Gabriel resta immobile dans le lit à demi inconscient. Peut-être que finalement ce qui s’était passé la veille n’avait été qu’un rêve. Axel apparut alors, l’air inquiet. Le Lymien, qui était enroulé dans les draps, mit un moment avant de relever la tête pour voir qui était le nouveau visiteur, et ne reconnut pas immédiatement Axel. Il s’assit vivement et rougit. Le Myanien s’assit à côté de lui et d’un geste de la main, il lui dégagea de son front humide une mèche argentée.
- Axel… murmura le Lymien.
- Tu ne pensais pas que je viendrais n’est-ce pas ?

Gabriel ne répondit pas. Il se contenta de sourire. Axel l’embrassa sur les paupières et le serra contre lui. La tête posée sur l’épaule de celui qu’il aimait, le Lymien oublia rapidement tout le mal qu’on lui avait fait. Il pouvait rester ainsi tout sa vie. Axel passa délicatement un doigt sur la ligne de la mâchoire de Gabriel avant de l’embrasser. Le Lymien se retourna légèrement pour se retrouver adosser contre Axel qui posa ses lèvres contre la tempe pâle de l’être qu’il aimait tant, et les fit glisser sur le cou et l’épaule. Ils se fichaient cordialement que l’on pouvait les voir. Ils restèrent ainsi silencieux pendant quelques secondes, quand ils se couchèrent sur le lit, l’un contre l’autre. Il se parlaient avec les yeux, mettaient leur nez bout à bout, se donnaient de petits baisers. La main posée sur la hanche de Gabriel, Axel commençait à l’effleurer nonchalamment.
- A quand remonte ton plus lointain souvenir ? demanda-t-il.
- Et bien, songea le Lymien. A mon arrivée à l’orphelinat sur cette planète. J’avais trois ans.
- Et avant ?
- Le noir total. Et toi ?
- Moi ? J’avais quatre ans, c’est quand ma mère est morte. C’est la voisine qui m’a recueilli ce jour-là.
- Je suis désolé.
- Ce n’est pas grave. Je n’ai aucun souvenir d’elle. Je crois que je la voyais très peu.
- Elle est morte jeune…
- Vingt-quatre ans, répondit-il. Elle était prostituée elle aussi. Tu devines comment je suis né.

Gabriel lui prit la main et la lui embrassa.
- Au fait, quel âge as-tu ? demanda-t-il pour changer de sujet.
- Je me pose souvent cette question… j’ai vingt-deux ans.
- C’est un peu étrange, quelqu’un d’aussi jeune dans un pareil endroit.
- Je sais. Il faut que tu saches aussi que je ne pourrais pas venir te voir tous les soirs.
- Je comprends.
- Je te sortirais de là, je te le promets.
- Je sais.
- J’aimerais tellement te savoir ailleurs qu’ici, continua Axel en enfouissant sa tête au creux de l’épaule du Lymien. Là où tu pourras vivre en paix, loin de ça.

Gabriel ne dit rien. Il se contenta de nouer d’un air absent entre se doigts une mèche noire de la chevelure d’Axel qui s’était échappée du catogan. Mais il écoutait quand même.
- Bientôt, nous partirons, tous les deux, ajouta le Myanien en lui prenant la main et en jouant avec ses doigts. Et nous aurons une grande maison isolée avec d’immenses et verts pâturages…
- Toi et moi… rêva le Lymien.
- Oui, et nous aurons… un chien.
- Un chien ?
- Oui, un grand chien qui aime jouer… sauf si tu n’aimes pas les chiens…
- Si, si… oui, un chien… Que nous appellerons… Aïden !
- Aïden ? C’est joli.
- Faute de ne pouvoir avoir d’enfants… murmura Gabriel.
- Ah çà…
- Est-ce que tu voulais des enfants avant de me rencontrer ?
- Je n’y ai jamais songé, en fait. Comme je n’ai jamais songé à tomber amoureux… Tu comprendras très vite que l’un de mes plus grandes priorités c’est…
- Le travail, finit Gabriel dans un sourire. Je l’avais compris, oui.
- Maintenant c’est toi ma priorité, susurra Axel en l’embrassant. Et toi ? Des enfants ?
- Au vu de ma vie assez spéciale, je n’y ai pas non plus vraiment songé, mais effectivement j’aurais bien aimé en avoir.
- Je suis désolé.
- Ce n’est pas grave. Mes sentiments pour toi sont plus forts que l’envie d’avoir des enfants. Je t’aime.

Axel ne répondit pas, ému par ces quelques mots. Il le serra contre lui tendrement avant de brusquement s’assoire et se mettre à genoux aux pieds de Gabriel. Il fit une petite grimace avant de reprendre la parole :
- Je n’aime pas cet endroit. Je n’aime pas être obligé de venir là, payer comme eux pour pouvoir te voir. Cela ne se fait pas.
- Alors on a qu’à faire… commença le Lymien en remuant tendancieusement ses jambes. On a qu’à faire la même chose qu’eux

Il prit un air et une position qui pouvait prêter à confusion dans un petit sourire moqueur. Axel rougit, les yeux grand ouverts, ne sachant pas comment lui répondre.
- Je ne suis pas là pour ça…
- Genre ! s’exclama Gabriel.
- Hier au soir, c’est venu comme ça. Ce n’était pas calculé. Mes émotions et mes désirs avaient pris le dessus sur ma raison tu le sais.
- Pourtant, ça ne t’a pas déplu, n’est-ce pas ? continua le Lymien en lui jetant un coussin dans un petit rire.
- Non, c’est vrai, répondit le Myanien sur un même ton en se penchant sur lui et en lui tenant fermement les mains. Et tu crois que je vais recommencer, vraiment ?
- Je ne suis pas contre, moi !

Ils se chamaillèrent cinq minutes sans savoir qu’ils étaient épiés depuis le début par Hugo qui affichait une mine sceptique. Il ne pouvait pas s’empêcher cependant d’être profondément surpris. Jamais il n’avait vu Axel s’amuse comme ça et rire aux éclats. Il ne pouvait pas entendre ce qu’ils disaient, et ce n’était pas important. Finalement, les deux amoureux s’enlacèrent tendrement car le temps d’Axel était quasiment écoulé.
- Vivement que tout ça se termine… murmura le Myanien.
- Tu avances dans ton enquête ?
- Pas vraiment. C’est compliqué. Même si j’ai aujourd’hui une raison de plus de me battre contre ces institutions. Je ne peux pas t’en dire plus. Désolé.
- Ce n’est pas grave. Alors tu ne seras pas là demain, c’est ça ?
- Je ne sais pas. Je ne peux pas prévoir ce que je ferais. Ce qui est sûr, c’est que je viendrais le plus souvent possible.
- Je me sens tellement bien avec toi… je ne veux pas que tu partes !
- Je suis désolé, mon Ange. Mais… de toute façon, tu sauras le fin mot de cette affaire puisqu’elle te concerne, continua-t-il en lui prenant le visage dans ses mains.
- Et tout sera fini ?
- Et tu seras libre de vivre. J’ai tellement envie de t’emmener maintenant avec moi.

Il l’embrassa une dernière fois avant de partir. Quelqu’un d’autre entra derrière lui. C’était Banho. Gabriel se pétrifia. Son ancien maître lui adressa un de ses sourires machiavéliques.
- Quel beau jeune homme, dit-il. Très jeune même ! Et je vois qu’il t’a à peine touché. Tu veux bien m’expliquer ?
- Ce… ce qu’il fait de son temps avec moi ne vous regarde pas…
- Tu oses me répondre ? siffla-t-il en le serrant contre lui. Je comprends bien ce qu’il t’arrive. Il t’a fait des promesses, et toi tu les as avalées sans hésiter, n’est-ce pas ?
- …
- Tu crois réellement que quelqu’un est capable de t’aimer ? Laisse-moi rire… la seule chose qu’on peut aimer chez toi c’est ton corps. On aime te toucher… murmura-t-il en posant ses mains sur les fesses de Gabriel. Te caresser… te faire faire tout ce que l’on désire… car tu es là pour ça. Tu es fait pour ça. Tu es doué pour ça… et je suppose que c’est ce qu’il aime te faire, lui aussi.
- Vous n’arriverez pas à me faire douter, fit Gabriel d’une voix presque menaçante.

Banho le fit basculer sur le lit dans un petit rire. Retrouver ainsi cet homme après avoir rencontrer l’amour c’était horrible pour Gabriel. Banho et ses sourires qui cachaient bien des choses… Banho et sa violence… Banho et sa folie… cet assassin avait été pendant un an le maître de Gabriel et l’avait fait souffrir. Vivre avec Tony c’était une chose. Quand il devenait violent c’était pour punir, même si parfois c’était injuste, mais Banho aimait faire du mal, autant dans ses paroles que dans ses gestes.
- C’est pas croyable ce que ces hommes peuvent être ignobles… râla Faïs en passant un coup d’éponge sur les blessures du Lymien.
- Qui c’était ? demanda Josh.
- Il s’appelle Banho… murmura Gabriel la voix absente. C’est lui qui m’a vendu à Finh.
- Ça va toi ? s’inquiéta Ilya.
- J’en ai l’habitude…
- C’est terrible de dire ça, commenta Uven. Si ça ne tenait qu’à moi je les fusillerai tous…
- Uven et son irrémédiable envie d’avoir l’air stupide, coupa Perith qui se prit un coup de poing derrière la tête.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, fit Gabriel dans un sourire en regardant ses neuf amis qui étaient tous autour de lui.
- Et ton ami, on a bien vu qu’il est passé, sourit Lonh. Vous êtes adorables tous les deux…
- Comme il t’embrassait… il est vraiment accro ! s’exclama Shian, un sourire railleur. Je le trouve toujours aussi craquant.
- Axel… il s’appelle Axel… répondit le Lymien. Et heureusement qu’il est là…
- Axel, c’est mignon ! fit Taly.
- Vas-tu te taire ! coupa Uven en chuchotant. Il s’est endormi le bel enfant…

Il dormit du matin jusqu’au soir. Il fut réveillé par Finh pour aller au travail. Il était très important d’être à l’heure. Encore meurtri des coups qu’il avait reçu, Gabriel redouta les assauts des clients. Le premier entra. C’était Axel. Le Lymien se tenait machinalement le col de sa chemise pour cacher ses marques et se jeta dans ses bras, versant des larmes de soulagement et de frustration.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- J’ai eu peur que tu ne viennes pas… et je suis tellement heureux que tu sois là.
- Je ne resterai pas longtemps, murmura le Myanien. Et je voulais voir comment tu allais.
- Maintenant ça va…
- Tu es sûr ?

Vivement, il enserra le poignet de Gabriel et lui déboutonna le haut de sa chemise.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Ce n’est rien… répondit le Lymien rougissant en baissant les yeux.

Mais Axel comprit quand même. Il avait vu tellement de cas similaires là où il travaillait. Tendrement, il le serra contre lui, se sentant coupable.
- Dire que je prétends t’aimer et que je ne suis pas capable de te protéger de ça…
- Ce n’est rien je te dis.
- Ecoute, je devais partir ce soir, mais je peux rester avec toi si tu veux.
- Je ne veux pas t’interrompre dans ton travail. Vas-y. Tu reviendras.

Le Myanien l’embrassa et partit à contrecœur. Hugo l’attendait à la sortit des « Mille et Une Nuits ».
- Je maintiens ce que je t’ai dit : continuer de fréquenter ce Lymien t’attirera des problèmes.
- Et toi tu ferais mieux de t’occuper de tes affaires, trancha Axel, furieux.
- Ce n’est qu’un Lymien !

Brusquement, il plaqua Hugo contre en mur, les poignets étroitement serrés sur son col.
- Tu es mon meilleur ami, mais je ne te permettrais jamais de dire ça. Est-ce clair ? Tu ne le connais même pas !
- Et toi, tu le connais ?
- Sans doute mieux que toi…
- Pourquoi tu es si tendu tout à coup ? demanda Hugo dans un sourire.
- Et bien, tu sais, ce Lymien… comme tu dis… il est souvent battu par les gens qui pensent comme toi.
- Et oh ! s’exclama Hugo. Ne me mets pas dans le même sac que ces gugusses !
- Faudra être plus ouvert sur les choses, mon bonhomme, siffla Axel en le lâchant.
- Je crois savoir ce que tu ressens pour ce Lymien, finalement. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la pitié.
- Tu as été piqué par quoi exactement ? s’exaspéra le jeune homme. Tu as décidé de te mettre contre moi ?
- Non, j’essaie simplement de te protéger contre ça ! répondit son ami en montrant du doigt la maison close. Tu sais que ce qu’on fait est illégal et dangereux, et t’aguicher avec un prostitué n’arrangera en rien les choses ! Ce n’est qu’un gosse ! Des tas de gens profitent de lui, et rien que parce que c’est un Lymien, c’est dix fois plus dangereux. Tu trouves cela normal comme relation ?
- …
- Tu es obligé de venir ici, et payer comme les autres pour le voir, alors que ta seule raison d’être ici c’est pour une enquête suicidaire pour démanteler le plus gros réseau de trafic humain qu’on ai jamais vu ! On joue notre vie, car ceux qui sont derrière tout ça, ne sont pas seulement pervers et sadiques, ils sont extrêmement intelligents et tuent sans scrupules, même des gens comme nous ! Et toi tu… toi tu te retrouves, là, faisant tourner ce commerce, car tu y participes, quoi que tu en dises, parce qu’une putain te plaît !
- Comment l’as-tu appeler ?
- Excuse-moi mais c’est purement vrai, et c’est ainsi qu’ils l’appellent tous, ce Lymien.
- Tu pourrais avoir un peu de respect pour la vie humaine ? répliqua Axel, de plus en plus furieux.
- J’aimerai, Axel, je te jure que j’aimerai. Mais vois-tu, on vit sur une planète qui n’a aucun respect pour la vie humaine justement. Et là on est dans un milieu qui se plaît à vendre des êtres humains comme des objets, et ton ami fait parti de ces « objets ». Je t’en prie… ajouta Hugo en voyant son ami s’approcher de lui, menaçant. Tu es mon meilleur ami. On se connaît depuis toujours. J’ai été tellement heureux de savoir qu’on allait être coéquipier. Je ne veux pas te perdre ! Que tu préfères les garçons je m’en moque, mais pas celui-là…

Axel poussa un long soupir et reprit sa route pour sortir du quartier. Hugo avait la gorge nouée. Il passa sa main dans sa courte chevelure rousse et le rejoint en silence quand son ami prit la parole.
- Je sais que je ne prends pas le chemin de la facilité. Mais vois-tu, il me plaît, oui, mais c’est plus que ça. Ce n’est pas de la pitié. Ce n’est pas mon genre. J’aimerai te le présenter pour que tu comprennes.
- Ecoute, je…
- Laisse-moi finir. En aucun cas tu ne pourras m’empêcher de l’aimer et d’aller le voir.
- Tu le connais si peu.
- C’est pour ça que j’aimerai mieux le connaître.
- Tu t’engages dans une relation comme ça toi !
- Mais moi, finit Axel, je ne suis pas comme toi. Je n’ai aucune expérience en la matière. Laisse-moi agir comme je l’entends, d’accord ? Je ne me suis jamais interposé dans tes propres aventures.
- Tu as gagné, soupira Hugo. Mais fais attention.
- Je n’ai rien à craindre puisque tu es près à me mettre en colère pour me protéger, rit Axel.
- Normal, tu es un peu mon petit frère… j’ai quand même trois ans de plus que toi. Et tu sais, je vais essayer de faire un effort pour le Lymien. Mais je ne te garantis rien.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeMar 20 Juin - 11:53

Comme pour illustrer ses paroles, il ébouriffa les cheveux d’Axel. Peut-être un jour il allait changer d’avis sur Gabriel. Pendant deux semaines, Axel allait rendre visite quasiment tous les jours au Lymien. Il prenait peu à peu conscience de la force de ses sentiments. Il avait du mal à supporter que celui qu’il aimait avait des relations physiques avec d’autres. Mais il ne pouvait le montrer, il est tombé amoureux en toute connaissance de cause. Mais ce qu’il supportait encore moins c’est que Gabriel se faisait souvent battre. Il ne savait pas par qui, et heureusement d’ailleurs, sinon cette personne avait de gros soucis en perspective. Ce qu’il ne savait pas, c’était que Banho venait rendre visite à Gabriel à l’appartement même où il vivait, lui répétant sans cesse qu’Axel n’était pas sincère. Ce que Gabriel refusait de croire. Il résistait aux coups sans broncher. Son seul réconfort hormis la présence de ses amis était quand Axel venait le voir. Toutes ses souffrances, tout son passé, tout ça s’évaporait à sa seule vision. De même pour le Myanien. Dans son bureau il passait des heures devant son ordinateur à faire des recherches pour son enquête, à lire les archives de presse… Hugo quant à lui faisait tout pour ne pas parler de Gabriel. Mais il sentait que cet amour était réel, même s’il était trop rapide. En un instant il avait vu son ami d’enfance évoluer et devenir plus humain.

Alors au bout de deux semaines, Banho ne supportait plus le comportement de Gabriel. Il n’hésita pas à la battre quasiment tous les jours.
- Ton petit copain joue avec toi comme moi et comme les autres. Regarde, il joue aussi avec ta vie ! Mais il ne s’en sortira pas, ne t’inquiète pas. Attend que je le trouve ça va être sa fête… et toi malgré tout tu continues à agir comme une collégienne amoureuse ! Tu fais pitié. Oui c’est ça. C’est de la pitié qu’il ressent pour toi !
- Calme-toi, dit Finh, il me le faut en un seul morceau…
- Toi tu es bien trop gentil de le laisser vivre une telle relation, coupa Banho. Ce n’est pas bon pour la maison. Et toi, petit morveux, tu as intérêt à mettre fin à cette relation le plus vite possible sinon tu risques amèrement de le regretter. Cet homme est comme les autres. Dis-moi, qu’est-ce que vous faites tous les deux ? De la couture ? Non crois-moi. Un Myanien amoureux d’un Lymien… c’est tout simplement impossible.

Gabriel le regarda, furieux. Ne supportant pas qu’on lui tienne tête, Banho le frappa violemment au visage. Le Lymien tomba sur un coin de la table d’à côté. Il ne se releva pas. Finh se précipita sur lui, inquiet.

« Gabriel ! s’exclama-t-il en le mettant sur le dos. Qu’est-ce que tu lui as fait ? »

Il était inconscient, la tête en sang. Délicatement, Finh le prit dans ses bras et l’emmena dans une chambre. Banho le suivit, sans aucun remord de son geste. Ils croisèrent Josh.
- Va vite appeler mon médecin personnel, lui ordonna Finh.
- J’y cours !
- Tu en fais trop, il n’est pas en danger !
- Tu rigoles ? Tu as failli le tuer ! Et il n’est pas encore sorti d’affaire ! Tu es complètement cinglé.
- Hey ! N’oublie pas que c’est moi qui te l’ai vendu !
- Justement, il ne t’appartient plus ! Tu ne peux plus en faire ce que tu veux ! J’accepte que tu ailles lui rendre visite alors qu’il n’est pas sensé travailler, et toi tu le bats. Jusqu’ici j’ai laissé passer pour qu’il comprenne, mais là tu es allé trop loin.
- Ce n’est qu’un Lymien, et personne n’est irremplaçable.
- Peut-être, mais c’est aussi un être humain, Lymien peut-être, mais humain. Tu sembles l’oublier ! Je ne veux pas le perdre, non seulement parce qu’il me rapporte beaucoup, mais aussi parce que je tiens à lui, comme aux autres ! Alors maintenant tu sors !

Banho obéit. Le médecin arriva et examina Gabriel. Il avait beau être un jeune homme frêle, aux traits féminins, il était aussi très solide. Il avait survécu à tant de choses très peu supportables. Étonnamment, Gabriel avait une capacité de survie très forte. Il se réveilla quelques heures après le choc. Il fut surpris de voir Finh à son chevet.
- Tu te sens mieux ?
- Je… je crois… répondit-il d’une voix pâteuse.
- Tu nous as fait peur, tu sais. Je vais pouvoir annoncer aux autres que tu vas mieux.

Il se leva et laissa sa place à Banho.

« Tu es un étrange morveux, tu sais. Bref, tu n’iras pas travailler ce soir. Tu restera dans cette chambre un moment, seul, jusqu’à ce que tu comprennes où est ta place. »

Il partit. Ilya s’occupait de lui fréquemment. Et au bout de deux jours, il fut remis sur pied. Mais il fut obligé de rester dans cette chambre. Axel s’inquiétait de ne plus le voir. Il se demandait ce qu’il s’était passé. Cela le tourmentait tous les jours. Une semaine passa et enfin il vit qu’il avait repris son travail. Il se précipita pour aller le voir. Gabriel était assis dans un fauteuil et regardait froidement Axel qui ne s’en soucia pas.
- Que t’est-il arrivé ? demanda-t-il. Je m’inquiétais…
- Tu t’inquiétais ? répéta le Lymien en se levant. C’est gentil de ta part.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Absolument rien. Tu es revenu ? Super !

Avec un sourire il le poussa et le fit assoire sur le fauteuil avant de se mettre à califourchon sur lui. Il commençait à le déshabiller quand Axel, remis de l’effet de surprise, le retint.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il.
- Ben quoi, tu n’es pas venu pour ça mon chéri ? fit Gabriel d’un air narquois en lui caressant le torse. Il faut bien que tu en aies pour ton argent, n’est-ce pas ?
- Arrête ! fit Axel en le repoussant. Mais qu’est-ce qu’il te prend ?

Le Lymien eut un petit rire. Axel se leva, inquiet, presque effrayé.
- Et alors ? fit Gabriel. Tu oublies trop vite où tu es ! Et tu es là pour ça, non ?
- Là tu te trompes. Mais qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
- Peu importe. Maintenant tu dégages ! s’exclama le Lymien. Je ne veux plus te voir ! Laisse-moi !
- C’est vraiment ce que tu veux ? Pourtant tu…
- Dégage !
- Comme tu veux.

Il sortit en silence. Il croisa Banho et Finh. Il leur sourit et partit en vitesse. Il ne prêta aucune attention à Hugo qui l’avait attendu.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il en voyant la mine sombre de son ami. Que s’est-il passé ?
- Je n’en sais absolument rien. Maintenant il est temps de passer la seconde !

Il ne l’avait jamais vu dans une colère aussi noire mêlé à un profond chagrin. Ce qu’il avait redouté s’était produit. Ils arrivèrent sur leur lieu de travail. Axel claqua la porte de son bureau et se planta devant son ordinateur. Il mit ses lunettes et commença à taper violemment sur le clavier. Hugo posa ses mains sur les épaules de son amis.
- Je suis là.
- Je sais.
- Que s’est-il passé ?
- Je crois que je me suis fait jeter, mais ce n’est pas normal.
- Oui, parfois c’est injuste, mais c’est comme ça. Tu connaîtras d’autres déceptions amoureuses.
- Non, tu te trompes ! Il semblait différent… Ils l’ont détruit ! Et moi je ne l’ai pas vu venir ! Quel imbécile…
- Ne te torture pas pour ça. Et je te conseille d’évacuer ça au plus vite avant que ça empire, dit Hugo en le laissant seul.

Axel ne répondit pas. Il resta les yeux fixés sur son écran. Gabriel avait totalement changé d’attitude. Le Lymien fébrile et pur n’existait plus. Et cela plaisait beaucoup plus aux clients. Il jouait avec eux autant qu’eux avaient joué avec lui.
- Mais qu’est-ce qu’il te prend ? demanda Faïs. Tu es totalement différent…
- Ça ne te regarde pas, répliqua Gabriel, allongé sur son lit, faisant basculer ses jambes d’avant en arrière d’un air provocateur. Et laisse-moi faire mon travail !
- On ne pensait pas qu’ils réussiraient à te voler ton âme aussi tôt, fit Uven. Franchement tu nous déçois petit !
- Est-ce que je t’ai demandé ton avis toi ? répliqua le Lymien en lui lançant un regard noir.
- Ça va, je ne vais pas te bouffer ! s’exclama l’aîné. Tu vas te calmer !
- Cause toujours papy, ria-t-il.
- Doucement, coupa Lonh.
- Gabriel tu vas trop loin, dit Josh.
- C’est ça, je vous laisse entre vous, marmonna Gabriel en quittant la chambre.

Ils semblaient tous très alertés par ce revirement d’attitude. Les jours passaient… Gabriel ne se souciait guère des autres. Il faisait simplement ce que les autres désiraient de lui, et « avec le sourire » disait-il. Banho était fier de ce qu’il était devenu. Finh ne savait que penser, tant qu’il lui ramenait des sous. Ilya, Josh et les autres étaient tout simplement déçus. Axel n’était plus revenu, comme le Lymien lui avait demandé. Il restait nuit et jour dans son bureau, déterminé à trouver le moindre petit détail qui le ferait avancer, mais aussi la moindre indication d’une vie Lymienne ailleurs.
- Ça suffit, fit Hugo au bout de trois semaines. Tu vas te tuer si tu continues ! Tu es crevé, tu te drogues avec du café et je te vois te détruire de jour en jour !
- Si je ne fais pas avancer cette affaire, qui le fera ? répliqua-t-il en froissant un verre en plastique.
- Tu vas trop loin !
- C’est toi qui t’inquiète trop, imbécile.
- C’est moi l’imbécile ? Et d’abord, en quoi rester comme ça avancerait les choses ? Tu fais pitié !
- Alors fiche-moi la paix.
- Bravo, j’arrive enfin à avoir une discussion avec toi… et d’ailleurs, qu’est-ce que tu fais ?
- J’envoie un appel au secours.
- Pour quoi ?
- Le Lymien qu’on appelle Boucles d’Argent.
- Celui qui t’a jeté ?
- …
- Et puis, qui répondrait ?
- Des gens qui vivent loin d’ici, peut-être même des Lymiens.
- Alors là on va rire…
- Tu oublies pourquoi les Lymien sont devenus des parias !
- Pas du tout, dit Hugo, les mains dans les poches. Mais il ne seront pas les bienvenus ici. Allez, rentre chez toi. S’il était assez bête pour te rejeter c’est qu’il ne te méritait pas.
- Tu ne sais pas tout, et moi non plus.

Sur ces mots, Hugo sortit du bureau pour laisser son ami seul. Les semaines s’écoulaient encore et toujours. Un jour, le journal à la main, Hugo entra dans le bureau d’Axel, comme d’habitude. Il le retrouva la tête posée contre le clavier, profondément endormi. Son ami eut un petit sourire et le laissa dormir cinq minutes avant d’aller le réveiller. Il le secoua doucement mais il ne réussit qu’à le faire tomber par terre. Il était brûlant… Aussitôt, il le ramena chez lui. C’était un assez grand appartement au deuxième étage. Bien meublé, toujours en ordre, Axel y allait tellement peu souvent, et encore moins ces derniers jours. Hugo habitait l’appartement d’en face. Il l’allongea dans le lit et appela un médecin. Quelques minutes après, on sonna à la porte.
- Bonjour monsieur, fit Hugo.
- Bonjour. Je suis le médecin que vous avez appelé : Docteur Alan Kian.
- Bienvenu. Je vous en prie, entrez. Mon ami est dans la chambre. Cela fait plus d’un mois qu’il ne dort plus.

Kian examina Axel. C’était tout simplement un excès de travail mélangé à de la fatigue. Il ne lui fallait que beaucoup de repos. Ce n’était pas si grave.

« Ange… murmura Axel dans son sommeil. Lymien… sauvez-le… »

Kian, qui s’apprêtait à partir, s’immobilisa.
- Qu’a-t-il dit ?
- Rien…
- Répondez.
- Il parle de quelqu’un qu’il aime beaucoup. Un Lymien, Boucles d’Argent je crois.
- Gabriel… murmura Kian, plongé dans ses souvenirs.
- Comment ?
- Rien. Où est ce Lymien ? Je le connais. Où est-il ?
- Il vit dans une maison close, trois quartiers plus loin, répondit Hugo.
- Merci.
- Vous le connaissez ?
- Oui, il y a quelques années. Je l’ai soigné. Comment va-t-il ?
- Aucune idée. On n’a plus de nouvelles.

Josh prenait tranquillement sa douche dans la salle de bain commune. C’était une sensation apaisante de sentir l’eau couler sur son corps. Cela le rassurait, le calmait… Gabriel entra à son tour dans les douches. Un long silence troublé par le bruit de l’eau s’installa.
- J’ai une question, dit enfin le Lymien. Que faisais-tu avant de te retrouver ici ?
- J’allais à l’université, répondit-il. Je faisais des études de droit. Mais j’étais sans famille, sans parent, je devais travailler après les cours pour pouvoir payer mes études et mon appartement. Alors j’ai emprunté de l’argent. Et un jour, des hommes sont entrés chez moi, disant que j’avais des dettes à payer, et qu’ils ne connaissaient qu’un seul moyen de rembourser facilement. Ils m’ont alors confié à Finh. Je ne sais pas exactement combien je lui ai rapporté, mais apparemment ils ne se soucient plus de mes dettes. Je continue mes études, mais on ne me laisse pas aller an cours. Alors j’étudie seul, comme je peux.
- Et comment vis-tu tout ça ? continua Gabriel, songeur.

Josh eut une étrange impression, comme si tout espoir n’était pas perdu.
- Je ne pourrais jamais m’y faire, c’est sûr. C’est traumatisant d’être soumis comme ça à des gens qu’on ne connaît pas, et qui nous font des choses qu’on ne veut pas. Mais pas question d’abandonner. L’espoir, c’est comme le soleil de Myan. Il existe, mais il est caché. Et toi alors ? Tu as bien changé, je trouve, Gabriel.
- Ce n’est plus mon nom.
- Si tu le dis… Ils ont quand même réussi à t’enlever une grande partie de toi, ton âme. Où est-il passé, celui que tu aimes ? Axel, c’est bien ça ?
- Il était comme les autres.
- Ça, c’est ce qu’il voulaient te faire croire.
- Je lui ai dit de ne plus venir me voir, et il n’est plus venu. Il n’était donc pas attaché à moi.
- S’il avait été comme les autres, bien au contraire, il serait revenu. Mais par respect pour toi et malgré tout l’amour qu’il pouvait te porter, il t’a laissé. A contrecœur mais il l’a fait.
- Tu crois ?

Gabriel leva vers Josh un regard horrifié. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait. Il pensait qu’ainsi tout serait plus facile, et puis… Banho n’avait jamais cessé de le frapper et à force Gabriel avait commencé à penser dans son sens… et si c’était lui qui avait raison ? Il commençait maintenant à se réveiller.
- Et n’as-tu pas dit toi-même qu’il était différent ? Finh et Banho ont réussi à te faire croire du contraire, à te domestiquer. Tu était pourtant le mieux placé d’entre nous à pouvoir échapper à tout ça. Il était différent, n’est-ce pas ? Rappelle-toi. Il était sincère.
- J’avais… murmura Gabriel en replongeant dans ses souvenirs pour y mettre de l’ordre. J’avais l’impression d’exister quand j’étais près de lui. Je… quand… quand j’étais avec lui, ce n’était pas comme avec les autres… J’en suis sûr… C’est lui qui m’a donné mon premier baiser… et…

Il prenait peu à peu conscience de tout ce qu’il avait fait depuis qu’il lui avait ordonné de partir. Tout ce qu’il avait pu dire ce dernier mois n’était que du venin. Envers Axel, envers ses amis qui avaient été toujours un soutien pour lui depuis qu’il était là… Il tomba à genoux, en larmes.
- J’ai été odieux avec lui, avec vous… Comment allez-vous pouvoir me pardonner ?
- Ce n’est pas à toi qu’on en veut, répondit Josh en lui posant une serviette sur ses épaules.
- Et lui… pourra-t-il seulement me pardonner ? Ô Axel… comme tu me manques…
- Calme-toi… allons en discuter dans la chambre. Ça va s’arranger.

Ils se rhabillèrent et rejoignirent les autres. Josh entra en premier. Tout le monde se retourna vers lui, même Ilya qui dormait quelques secondes avant. Il ouvrit un peu plus la porte pour faire renter Gabriel. Les yeux grand ouverts et dans le vide, les cheveux s’égouttant, il avançait lentement, plongé dans ses pensées. Il avait peur de lui même. Il se dégoûtait. Ilya comprit et se leva.
- Gabriel… murmura-t-elle en posant une main sur son épaule.
- Pardonnez-moi… dit Gabriel de façon presque inaudible.
- Quoi ?
- Pardon ! s’écria-t-il en larmes en se jetant dans ses bras.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeMar 20 Juin - 12:42

T'écris toujours aussi bien les histoire^^

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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeMar 20 Juin - 12:44

arigato ^^
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeMer 21 Juin - 15:16

Ilya le serra contre elle. Il ne tenait pas debout, et ils tombèrent à genoux tous les deux. Elle était en larmes tellement elle était heureuse de le retrouver. Gabriel ne se calmait pas. Il avait mal.
- Où étais-tu donc passé, mon Gabriel ?
- Tu nous as manqué petit frère, fit Perith en lui posant une serviette sur ses cheveux pour les sécher.
- Tu nous as fait une de ces peur, ajouta Faïs en l’embrassant sur le joue.
- Fêtons le retour de notre petit frère ! s’exclama Shian.
- Uven ? firent-ils en chœur en se tournant vers leur aîné qui restait adossé au mur en train de fumer.

Gabriel releva la tête, les joues rosies par la honte et par les larmes. Uven ne réagit pas. Perith s’avança vers lui, lui prit sa cigarette et l’écrasa sur le mur. Uven sourit et s’avança vers Gabriel. Il s’agenouilla et le prit dans ses bras.
- Pardonne-moi, dit le Lymien. J’ai été odieux avec toi.
- Ne t’inquiète pas pour ça. Il va falloir maintenant faire payer ça à Banho.
- Je vais lui arracher ses dents et les enfoncer dans son… fit Shian.
- Cela suffit ! coupa Josh.
- Excuse-moi si mes manières ne te plaisent pas.
- Les dents, ce n’est pas assez voyons, expliqua-t-il.

Ils rirent de bon cœur. Gabriel se rendit compte qu’il pouvait toujours compter sur eux. Il n’était pas rassuré pour autant. Comment retrouver Axel puisqu’il ne venait plus ? Axel était dans sa chambre et commença peu à peu à émerger de son sommeil. Il se leva doucement et s’habilla rapidement avant d’aller dans le salon. Hugo était assis sur le canapé.
- Où comptes-tu aller comme ça ? demanda-t-il.
- Il faut que j’y retourne.
- Où ?
- Aux « Mille et Une Nuits », répondit Axel en haussant les épaules.
- Tu es fou.
- Viens avec moi, dit-il en prenant les clés de la voiture.
- Tu es fou, et moi aussi, alors c’est parti ! Allons sauver ta princesse !

Ils descendirent tous les deux rapidement pour prendre la voiture. La nuit était tombée.
- Tu es fou de vouloir y aller maintenant, tu aurais pu te reposer ! s’exclama Hugo en accélérant.
- J’ai un mauvais pressentiment… c’est comme s’il m’appelait.
- Heureusement que je te connais, je te fais confiance !
- A tous les membres de la brigade 1, fit Axel dans le micro de la radio. Mise en application du plan C, je répète, mise en application du plan C.
- Déjà ? fit Hugo. Mais on…
- C’est possible, si on y croit ! dit Axel dans un sourire.
- Alors soyons aussi fous que toi ! s’écria Hugo en appuyant sur l’accélérateur.

Ils se garèrent dans une ruelle déserte. Axel sortit de la voiture et dit à Hugo.
- Tu prends les commandes de l’opération.
- Alors je m’en vais, rit-il.
- Dès que je sortirai, tu commences.
- A vos ordres lieutenant ! fit Hugo en faisant le salut de l’armée.

Banho était auprès de Gabriel, totalement furieux qu’il était redevenu comme avant. Mais cette fois, le Lymien n’allait pas se faire avoir. Il ne se laisserait plus manipuler ! Il avait beau le frapper, Gabriel n’avait pas l’intention de lui obéir. Il n’allait pas non plus le laisser le toucher. Mais la force de Banho surpassait la sienne. Personne ne semblait s’inquiéter du fait que l’un des Mignons de la maison était battu juste devant leurs yeux. Gabriel était trop sonné pour le levé. Allongé sur le côté, tournant le dos à son tortionnaire, attendant qu’il profite de sa faiblesse. Axel entra brusquement en donnant un coup de pied à la porte. Banho s’apprêtait à donner un nouveau coup à Gabriel mais Axel le retint. Surpris, il s’immobilisa et tourna son regard vers le nouvel arrivant.

« Toi… »

Axel le regarda froidement et tout en souplesse, il lui donna un coup de genou dans le nez. Banho vacilla et le jeune homme le prit par le col avant de le traîner vers la sortie.

« J’aimerai m’occuper de toi comme tu le mérites ! Tu n’imagines pas l’envie que j’ai en ce moment de te frapper tellement qu’on ne reconnaîtra plus ta tronche ! Mais tu n’es pas ma priorité. Maintenant, c’est à toi de dégager, pas à moi, et ne reviens plus ! »

Il lui ferma la porte au nez et ferma à clé avant de poser son regard sur Gabriel qui était recroquevillé sur lui-même. Il prit un drap qui lui venait sous la main et le recouvrit. Le Lymien n’eut aucune réaction, mais il n’était pas inconscient. Axel posa délicatement une main sur le bras gauche de Gabriel qui formait un angle inquiétant. Il eut un sursaut, mêlé par la surprise et la douleur, et tourna son regard vers Axel.
- Bonsoir mon Ange, souriait-il.
- Axel… je te demande pardon… murmura immédiatement le Lymien d’une petite voix.

Axel le prit dans ses bras et s’assis dans un fauteuil, le tenant contre lui. Gabriel grimaçait. Une douleur indéfinissable s’était emparée de son être. Le Myanien le fit assoire sur ses genoux et lui prit l’épaule gauche entre ses deux mains.
- Ton épaule a été déboîtée. Je vais devoir la remettre en place.
- Non ! gémit Gabriel.
- Fais-moi confiance. Tu auras mal sur le coup mais après ça ira mieux. Tu as confiance en moi ?
- Je… oui, bien sûr.
- Alors prépare-toi. Un… deux… trois !

Il y eut un craquement et le Lymien se retint de crier, une goutte de sueur perlant sur sa tempe. Il se reposa contre Axel, l’air fatigué. Le jeune homme l’embrassa tendrement sur la joue, rassuré de le retrouver.
- Tu n’as pas à me demander pardon, dit-il. Je savais que tu n’étais pas toi-même.
- Ce n’est pas une excuse, murmura Gabriel en posant sa main sur la gorge d’Axel. Je n’aurais pas dû te parler comme ça. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je…
- Tais-toi, coupa le Myanien d’une voix douce. C’est fini. Repose-toi cette nuit.

Gabriel l’embrassa. Il lui avait tellement manqué. Tout d’un coup, pour tous les deux, un poids disparut de leurs épaules. Ils se sentaient plus légers. Ils se sentaient renaître.
- Axel… Mon prénom c’est Gabriel.
- Gabriel, répéta-t-il, ému. Mon Gabriel. Je t’aime tant.

Le Lymien s’endormit dans un sourire. Quelques heures plus tard, il sortit de la chambre, le Lymien toujours plongé dans un profond sommeil dans ses bras. Finh attendait en compagnie de Josh et des autres. Étonnamment, Banho était parti.
- Est-ce normal de laisser ses employés se faire battre presque à mort ? demanda Axel sévèrement.
- Je… commença Finh. Je ne peux pas…
- Alors je vous demande d’agir au nom de la dignité humaine et rendre sa liberté à Gabriel, ou celui que vous appelez Boucles d’Argent !
- Comment ?

Les neuf Mignons et Mignonnes des « Mille et Une Nuits » affichaient une mine à la foi stupéfaite et joyeuse. Totalement sûr de lui et jouant avec les nerfs de Finh, Axel continua.
- Mais je suppose, monsieur, que vous ne le libérerez pas gratuitement, n’est-ce pas ?
- …
- Alors je vais vous dédommager.
- Lonh… murmura Uven. Va chercher les affaires personnelles de Gabriel.
- Combien voulez-vous pour le libérer ? 1 000 ari ?
- C’est…
- 10 000 ari ?
- Je…
- 50 000 ari ?

Tous parurent surpris. On ne pouvait pas refuser une telle somme. Axel posa Gabriel dans les bras d’Uven et sortit sa carte électronique.

« Voilà. J’envoie 50 000 ari sur votre compte. Veuillez mettre le numéro ! »

Il tendit sa carte à Finh qui obéit. Lonh arriva avec la petite valise de Gabriel qui contenait le peu de ses affaires personnelles et ses papiers, mais aussi un étrange cristal qui brillait étrangement. Tout doucement, Josh, Ilya, Uven, Shian, Faïs, Lonh, Perith, Taly et Hélia lui dirent au revoir. Axel reprit le Lymien et commença à partir.
- A bientôt. Transmettez à m’sieur Banho mes amitiés.
- Prenez soin de lui, murmura Perith.
- Donnez-nous des nouvelles, ajouta Uven.
- Ne vous inquiétez pas, les choses vont vite s’arranger, assura Axel.
- Faites attention, fit Finh.

Axel partit, son Lymien dans les bras. Il rejoignit Hugo qui l’attendait accoudé à la voiture.
- Tu en as mis du temps ! s’exclama-t-il.
- Chut. Tu vas le réveiller.
- Alors c’est lui ton amoureux ?
- Je te présente Gabriel. Mais on verra demain. On rentre. Lance d’abord l’opération. Maintenant.

Hugo sortit de sa poche son téléphone et appuya sur un bouton.

« C’est un honneur, chef, de poser mon doigt sur un petit bouton… Allez, en voiture ! Et accrochez votre ceinture ! Oh, ça rime ! »

Gabriel se réveilla lentement. Il était allongé dans un grand lit qu’il ne connaissait pas. C’était le matin. La chambre était clair, les meubles blancs. Devait-il paniquer ? Pourtant cette chambre semblait sereine. Quelqu’un ouvrit la porte. Axel apparut, un plateau-repas dans les mains.
- Tu es enfin réveillé ! s’exclama-t-il.
- Où suis-je ?
- Chez moi.
- Tu m’as amené chez toi ? s’étonna Gabriel. Mais…
- Tu n’as plus de soucis à te faire, expliqua Axel en s’asseyant à côté de lui.
- Comment as-tu fait ?
- J’ai dû payer Finh pour ta liberté, répondit-il en passant sa main dans les boucles du Lymien.
- Quoi ! ? s’exclama Gabriel. Tu n’as… vous… oh non…
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Ça recommence… fit-il en se tenant la tête dans les mains. Ça ne cessera jamais… on me vend, on m’achète… vous m’avez acheté…
- Non ! assura Axel en lui prenant les mains. Je ne t’ai pas acheté. Tu ne m’appartiens pas, tu n’appartiens à personne, sauf à toi-même. Tu es libre. La porte est ouverte si tu veux partir. Tu es libre.
- Je suis libre ?
- Oui, tout est fini. Tu sais, si tu veux partir, je ne te retiendrai pas. Mais ici, tu auras un toit et puis, on sera tous les deux.. enfin si tu veux partir…

Il se tut et baissa la tête. Gabriel mit un certain temps avant de réagir. Qu’avait-il donc envie de faire ? Il regarda tendrement Axel et lui sourit.
- Mais je ne veux pas partir, murmura-t-il en se rapprochant de lui.
- Tu…
- Bien sûr je reste avec toi ! dit-il en se serrant contre lui. Je ne te quitterai pour rien au monde.

Ils s’embrassèrent et s’allongèrent sur le lit.
- Pas maintenant, dit Axel. Je vais aller au travail, et j’ai appelé un médecin pour toi.
- Pourquoi ?
- Tout simplement parce que je t’ai retrouvé avec une épaule déboîtée et que je ne sait pas si tu as d’autres séquelles. Mes compétences médicales ne sont pas très grandes. Il est dans le salon, je vais le chercher.

Il embrassa son Lymien et fit entrer le médecin dans la chambre.
- Bonjour Gabriel, dit-il dans un sourire.
- Docteur Kian…

Le Lymien se leva et se jeta dans ses bras.
- J’ai eu tellement peur, dit Kian. Quand j’ai vu les corps de Tony et de Lily, j’ai eu peur de ce qu’il t’était arrivé.
- Elle s’est interposée pour me sauver, pleura Gabriel. Comment a-t-elle pu croire que je préférais que ce soit elle qui meurt à ma place ?
- Elle était comme ça. Elle a donné sa vie pour te sauver. Dès qu’elle t’a vu, elle s’est mise à te protéger. Elle m’a tellement parlé de toi, tu sais. A chaque fois qu’on se voyait. Je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir te connaître comme je l’aurai voulu. Je suis tellement soulagé de te voir. Et maintenant, tout est fini, n’est-ce pas ? Tu es libre.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 22 Juin - 17:08

- Je ne cesse de penser à elle, continua-t-il. Si je n’avais pas été là elle serait toujours en vie.
- Ne dis pas ça. Moi aussi je pense souvent à elle. Elle nous manque.
- Elle vous aimait beaucoup.
- Je sais.

Axel les laissa seuls en instant. Lily… Gabriel lui en avait beaucoup parlé. Elle était son ange gardien, sa grande sœur. Il se sentait tellement coupable de sa mort. Finalement Gabriel n’avait rien. Il guérissait très vite. C’était un véritable mystère. Pendant qu’il prenait son petit déjeuner, le Lymien discutait tranquillement avec Kian. Une idée étrange traversa l’esprit d’Axel. Il ouvrit la valise de Gabriel et sortit le cristal. Il connaissait sa légende. Il entra dans la chambre.
- Gabriel, dit-il. Ton cristal.
- Oui ?
- Il est le symbole de ta force vitale. Garde-le auprès de toi.

Il le lui mit autour du cou. Le Lymien semblait tellement heureux. Plus tard dans la matinée, il l’accompagna à son travail. Avant d’entrer, Gabriel paraissait avoir peur. Axel le rassura en l’embrassant sur le front. Ils entrèrent. C’était un bâtiment assez délabré de l’extérieur mais à l’intérieur il y avait plusieurs bureaux, et encore d’autres en haut d’un escalier en acier. Tous les policiers étaient présents et discutaient tranquillement.
- Opération réussie mon frère ! s’exclama un jeune homme roux en descendant les escaliers en direction d’Axel.
- Je te présente Hugo, fit Axel dans un sourire. Vraiment ?
- Que veut-il dire ? demanda Gabriel.
- Juste après que je t’ai sorti de la maison close, on a lancé une opération. On a mis aux arrêt la direction des « Mille et Une Nuit ».
- Finh ?
- Il est en garde à vue. Il n’a opposé aucune résistance, ajouta Hugo. Mais ce n’est pas lui qui est à la tête de tout ça. Il ne fait juste que faire marcher cette maison, c’est tout.
- Et les autres ? demanda le Lymien, inquiet.
- On les a logé, pas loin de chez toi d’ailleurs, répondit Hugo. Ils vont bien.
- On ira les voir cette après-midi, ajouta Axel.
- Alors c’est toi Gabriel, fit Hugo dans un sourire en lui tendant la main. Enchanté. Axel m’a beaucoup parlé de toi !

Gabriel recula un peu et se blottit contre Axel.
- Voyons, c’est un ami, dit-il. Je t’ai parlé de lui. Il habite à côté de chez nous.
- Oui, je…
- Ne t’en fait pas, continua Axel à Hugo. Il a tellement souffert.
- Je sais, et bien j’attendrai qu’il me fasse confiance.
- Ce n’est pas la peine d’attendre, fit Gabriel en lui serrant la main. Excusez-moi, je me suis mal conduit.
- Pas d’offense, et je comprends. Tu peux me tutoyer tu sais ! Je ne te remercierai jamais assez !
- Pourquoi ? s’étonna le Lymien.
- Parce que tu as su donner le sourire à Axel, tu l’as fait changer, en mieux ! Je n’ai jamais su le faire rire ! Alors bravo ! Je vous souhaite tout le bonheur possible !

Le Lymien sourit. Les autres s’approchèrent.
- Bienvenu dans notre monde, dit un premier.
- Merci.
- On est tous en famille ici.

Gabriel arrêta son regard sur un des hommes. Il le connaissait.
- Ça alors ! s’exclama le jeune homme aux cheveux blonds. Gabriel !
- Yan ! C’est toi ?
- Le Lymien des « Mille et Une Nuit », c’était donc toi !

Il le serra dans ses bras. Tous les autres semblaient très étonnés. Le jeune homme expliqua :
- On était dans le même orphelinat ! Malheureusement on s’est perdu de vue quand j’ai été adopté !
- Il était l’un des rares enfants qui me témoignaient de l’amitié, ajouta Gabriel, encore plus heureux. Je suis tellement heureux de te revoir ! Et tu ne m’as pas oublié !
- Mais qui pourrait t’oublier ?

C’était étrange pour le Lymien de se sentir accueilli dans un monde où sa simple apparence faisait de lui un parias. Il discutait tranquillement avec les collègues d’Axel qui restait en retrait avec Hugo.
- Quand comptes-tu lui dire la vérité sur cette affaire ? demanda le rouquin.
- Quelle vérité ?
- Celle où ce n’est pas encore gagné. On a mis aux arrêts la maison close, mais tout le réseau est en état. Et dès qu’ils vont apprendre ça, ceux qui sont à la tête de ce trafic ne resteront pas les bras croisés.
- Ils ne vont pas se manifester dans l’immédiat, coupa Axel sévèrement. Et regarde-le. Il est tellement heureux maintenant ! Je ne vais pas briser ses espoirs alors qu’enfin il prend goût à la vie !
- Je te comprends, mais… est-ce la meilleure solution ?
- Je ne sais pas…
- Le plus dur va arriver Axel-kun, et là…
- Je serais là pour le protéger.
- Oui ben n’y joue pas ta vie non plus ! marmonna Hugo.
- Sans lui, ma vie n’est rien, répliqua Axel en s’avançant vers Gabriel.
- Je l’ai compris, oui… murmura son ami, seul.

L’après-midi, Hugo les conduisit où on avait relogé ses amis. C’était un petit lotissement tranquille. Il y avait un parc non loin et ils s’y étaient tous réunis, attendant Gabriel. Ils avaient tous du mal à y croire, cependant ils semblaient heureux.
- Bonjour, mesdemoiselles, commença Hugo dans un grand sourire, et messieurs !
- B’jour, dit Shian en le toisant des pieds à la tête.
- Comment allez-vous ? demanda Gabriel.
- J’ai l’impression que c’est un rêve, répondit Uven, et que je vais me réveiller d’un instant à un autre.
- Moi je crois que ce n’est pas un rêve, ajouta Josh. Et c’est génial !
- Mais on a quelques questions à vous poser, dit Lonh à Axel.
- D’où avez-vous sorti tout cet argent pour libérer Gabriel ? demanda Uven, sceptique.
- Ah çà ! s’étonna Hugo. Tu expliques ?
- C’était tellement élevé ? murmura le Lymien à Ilya.
- 50 000 ari.
- Où est-ce que tu as eu 50 000 ari ? s’exclama Gabriel vers Axel. Et tout ça quand même… n’était-ce pas exagéré ?
- Et bien en fait, il fallait pouvoir surprendre ton « propriétaire » et le faire taire. Il a été tellement abasourdi par la somme qu’il t’a laissé partir sans poser de question, répondit Axel en s’asseyant sur un banc. C’est un truc banal et tout simple qui marche souvent.
- Mais cet argent…
- N’existe pas. C’était du bluff. De toute façon, tu n’as pas de prix pas vrai ? Et puis, c’est mieux comme ça. Je ne t’ai pas « acheté » comme tu l’as cru.
- Il est trop fort ! commenta Hugo. Il a de ces idées parfois ! Pas étonnant qu’à vingt deux ans il a un poste important !
- C’était risqué, dit Perith.
- A part ça j’ai une nouvelle à vous annoncer ! s’exclama Josh en serrant Ilya contre lui. Cette jeune demoiselle et moi-même avons décider de nous marier !
- Quoi ? ! ! s’étrangla Lonh.
- Ça alors… sourit Gabriel.
- Ben quoi… ajouta Josh en voyant la mine surprise de tous. Ce n’est pas parce qu’on est un prostitué qu’on est forcément gay !

Ils partirent la joie au cœur fêter l’événement dans un bar du coin. Ils se voyaient tous très souvent. Hugo prit l’habitude de se rapprocher des filles qui appréciaient sa compagnie. Jamais il ne les avait traité comme les prostituées qu’elles étaient il y avait quelques jours. Axel leur dit que c’était son comportement normal. Il ne pouvait pas s’empêcher d’approcher les jolies filles. En attendant, les anciens Mignons et Mignonnes des « Mille et Une Nuits » cherchaient du travail, ce qui n’était pas simple. Il n’était pas difficile de savoir quel fût leur métier auparavant. Tout se savait à Myan. Gabriel aussi cherchait du travail, sans succès. Mais peu lui importait puisqu’il était tellement heureux auprès d’Axel. Il appelait l’appartement où ils vivaient son « paradis ». Un matin, Axel était encore endormi. Le Lymien lui était dans la cuisine et préparait le petit déjeuner. Tout doucement, il entra dans la chambre avec un plateau et le posa sur la table de chevet. Il releva délicatement une mèche noire de la chevelure d’Axel qui lui couvrait le visage et lui murmura à l’oreille.

« Lève-toi mon Amour… tu vas t’oublier au lit et être en retard à ton travail… »

Le Myanien s’étira nonchalamment en frémissant. Gabriel l’embrassait sur la joue, le front, les paupières… Axel fut forcé de se réveiller.
- Bonjour mon charmant réveil… dit-il.
- Je t’ai préparé ton petit déjeuner ! s’exclama le Lymien en mettant le plateau repas sur les genoux de son amant.
- Fallait pas, voyons…
- Mais si, de toute façon, ce n’est pas tout pour toi ! répliqua-t-il en s’asseyant à côté de lui. Je n’ai pas mangé, moi !
- Très bien, rit Axel. Et on ne joue pas avec la nourriture comme la dernière fois !
- Un peu de confiture mon chéri ? coupa Gabriel l’air innocent.
- Sur les tartines, oui je veux bien, merci mon cœur ! Et fais attention !

Gabriel pouffa un instant et redevint sérieux.
- On va déjeuner avec la troupe, n’est-ce pas ?
- Oui j’ai réservé un restaurant, répondit Axel en prenant sa tasse de café.
- Yan et Hugo viennent bien sûr ?
- Evidemment ! De toute façon, Hugo cherche toujours à conclure avec Shian !
- Le pauvre… murmura Gabriel en repensant aux tentatives d’Hugo pour la séduire.
- Il est comme ça, Gaby
- Ne m’appelle pas comme ça, se plaignit le Lymien en donnant un petit coup de poing sur l’épaule d’Axel qui rirait.
- Ben quoi ? Tu ne dis rien à Hugo !
- Ce n’est pas pareil !
- Vraiment ?
- Hugo c’est Hugo, et il le sait que j’aime pas ce surnom !
- S’il n’existait pas, faudrait l’inventer, ajouta Axel.
- Cela risque d’être difficile…

Il se blottit contre Axel pour cesser la rigolade et ils finirent leur repas tranquillement avant d’aller au travail.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeJeu 22 Juin - 23:12

Il se blottit contre Axel pour cesser la rigolade et ils finirent leur repas tranquillement avant d’aller au travail. Avant d’aller au restaurant, ils se retrouvèrent tous dans le parc du quartier. Ils marchaient calmement dans la rue, et bien sûr, Gabriel, le Lymien, était montré du doigt. Il n’y prêtait aucune attention. Hugo quant à lui discutait en chemin avec Shian. Elle faisait mine de ne pas l’écouter mais elle avait un tout petit sourire. Il n’avait aucun mal à le remarquer.
- Avoue que tu m’aimes bien, dit-il.
- Je ne peux pas détester celui qui m’a « sauvée », répondit Shian d’un air de dédain.
- Cause toujours, marmonna Uven.
- Voyons, Shian ma jolie, je suis plus que ton sauveur n’est-ce pas ? continua Hugo.
- Et bien si, mon « héros ».
- Tu perds ton temps, ajouta Perith.
- Je ne m’avouerai pas vaincu !
- Coriace le petit… commenta Uven.

Ils s’installèrent dans le restaurant et commencèrent par un apéritif.
- Alors, commença Hugo en levant. Aux fiançailles de Josh et Ilya !
- Qui méritent d’être enfin heureux, ajouta Lonh.
- Et à Gabriel et Axel aussi, dit Ilya.
- Et à nous, finit Uven. Qu’enfin on puisse vivre !
- Vous savez, si vous voulez du travail, dit Hugo quelques secondes plus tard. On embauche nous.
- Je ne sais pas si nous feront de bons officiers, répondit Josh, mais pourquoi pas. Moi de toute façon je continue mes études de droit.
- Moi je retourne au lycée, dit Perith. Uven me prend en charge et c’est lui qui m’a inscrit au lycée du coin.
- Pas de quoi.
- Shian et moi on retourne aussi à l’université des arts et des lettres, ajouta Lonh.
- Des études de lettres ? répéta Hugo à Shian dans un grand sourire.
- Oui, répondit-elle.
- Mais très bien ! J’adore la littérature !
- Ah vraiment ? s’étonna Shian. Quel est ton auteur préféré ?
- Eydar, j’ai lu toutes ses œuvres !
- Tu connais Eydar ?
- Bien sûr !
- Et tu arrives à le lire ?
- Ça t’étonne ?
- Attention, intervint Lonh, duel de littérature.
- Qui est Eydar ? demanda Gabriel.
- L’écrivain le plus célèbre de Myan.
- Je te passerai des bouquins, dit Josh en levant une main en signe de silence.

Ils étaient treize autour de la table. Ils se connaissaient depuis un moment pour certains, d’autres étaient en train de faire connaissance, mais tous s’entendaient très bien. La table derrière Gabriel et Axel murmuraient sur le Lymien. Celui-ci avait l’habitude d’être montré du doigt, mais Axel n’acceptait pas qu’on le traite comme ça. Il se retourna vers les dames et les messieurs qui avaient l’air si pimpants.
- Excusez-moi, dit-il poliment. Mais ce n’est pas convenable de faire ainsi des messes basses sur quelqu’un qu’on ne connaît pas. Faut-il vraiment que ce soit un « jeune » qui vous le rappelle, mesdames et messieurs ?
- Je vous demande pardon, répondit doucement une dame d’un âge mûr. Mais votre ami est un de ces Lymiens, et…
- Comment ça ? fit Axel, faussement étonné en se tournant vers Gabriel. Mon chéri ! Mais… tu m’avais caché ça !
- Quoi ?
- Tu… tu es un de ces Lymiens !
- Je suis désolé, Amour, dit Gabriel en se prêtant au jeu. Mais je pensais que si tu connaissais ma véritable identité, tu ne m’aimerais plus…

Axel lui sourit et l’embrassa sous les yeux de tous. Ils se retournèrent ensuite vers la table derrière eux.
- Je suis désolé de ne pas vous plaire, dit Gabriel dans un sourire.
- De toute façon on n’est pas là pour ça, continua Axel. Nous pouvons donc dire que nous sommes plus respectueux que vous, par exemple.
- C’est vrai quoi, intervint Hugo. Nous on ne vous dit pas, madame, que vous êtes fringuée comme un sac.
- Ou que vous avez une coiffure bien laide, ajouta Shian.
- Ou que vous avez certainement une déficience mentale irréversible, dit Uven.
- Bref, conclut Axel. Nous on ne se plaint pas de vous. Alors, laissez-nous vivre en paix, parce que vous voyez, ce Lymien comme vous dites, et bien il est adorable, gentil, mignon, courageux, et… et je l’aime plus que tout. Alors, même si lui il laisse passer vos remarques indignes, moi pas. Vous voyez, je suis calme. Continuez et je m’énerve. Bon appétit.

Pendant qu’il parlait il avait serré la main de Gabriel dans la sienne. Il se tourna vers son assiette et ils reprirent le cours de leur déjeuner. Ils rentrèrent assez tard le soir chez eux. Axel et Gabriel dirent bonne nuit à Hugo dans le couloir du deuxième étage.
- Dommage, dit Axel. Pour Shian.
- Mais j’y arriverais, crois-moi ! Je sais que je lui plais ! répondit Hugo dans un sourire.
- Tu n’as pas flashé sur la plus facile des cinq, commenta Gabriel.
- C’est pour ça qu’elle me plait, Gaby.
- Bonne nuit Hugo, dit Axel.
- Au fait, Gabriel, si tu cherches du travail… je te propose de venir chez nous ! Tu es sûr d’y être accepté !
- Je vais y réfléchir, merci de me le proposer. Mais je ne sais pas si…
- Mais voyons, tu ferais un excellent limier ! N’est-ce pas ?
- Euh…
- Quoi ? ria Hugo. Limier, Lymien… ça ne fait pas rire ?
- Va te coucher, coupa Axel en faisant entre Gabriel dans l’appartement.
- Ne vous couchez pas trop tard !

Gabriel était fatigué. Il se changea pour aller se coucher pendant qu’Axel prenait une douche. Il eut une soudaine envie de le rejoindre mais les draps doux et apaisants l’appelaient. Les yeux à demi ouverts, il attendait son amoureux. Celui-ci entra doucement et se glissa dans le lit rapidement. Il enlaça le Lymien qui marmonna un peu.
- Bonne nuit mon Ange, murmura-t-il à son oreille.
- Tu veux déjà dormir ?
- Je croyais que tu étais fatigué ?

Gabriel sourit et l’embrassa amoureusement. Il était si bien avec lui… il voudrait passer toute sa vie dans ses bras. Pendant ce temps, on ouvrit la cellule de Finh. Banho entra avec quelques uns de ses collègues.
- Que se passe-t-il ? demanda Finh en se levant.
- La mise aux arrêts est illégale. Ils ont engagé des poursuites mais ça ne vaut rien, répondit Banho. Ils le savaient de toute manière.
- La Maison les « Mille et Une Nuits » va reprendre, dit un deuxième homme. Mais toi, tu n’en auras plus la charge. Tu vas être libérer demain.
- Nous on reprend la maison, ajouta Banho. Et ils vont le payer. On sait où ils sont tous, tes chers employés. Ne nous fait pas de coup fourré. Bonne chance à toi !
- Qu’allez-vous faire ? s’exclama Finh.
- Ce ne sont plus tes affaires !

Ils le laissèrent aussi vite qu’ils étaient venus. Le lendemain, il était effectivement libéré et il partit chez lui. Quelques jours passèrent. On ne pouvait pas vivre plus tranquille à l’époque estivale de Myan. Il n’y avait toujours pas d’éclaircissement dans le ciel, mais on sentait la chaleur. Un soir, fatigués d’une longue journée, Axel et Gabriel se couchèrent assez tôt. Le Myanien avait du mal à s’endormir. Il avait un étrange pressentiment. Au bout d’un moment, il entendit un petit bruit étrange qui venait du salon. Il s’assit, aux aguets. Il sentait comme une présence. Il se leva en silence, fouilla dans un des tiroirs de la commode et sortit son arme de service. Il réveilla Gabriel en lui demandant de se rhabiller et de taire.
- Que se passe-t-il ? chuchota le Lymien.
- Ne dis plus rien, répondit Axel d’une même voix. Suis-moi et reste derrière moi.

Il sortit lentement de la chambre, en tenant bien son arme devant lui. Ses traits étaient tendus par la concentration. Gabriel semblait inquiet. Il ne savait pas ce qu’il se passait. Axel lui n’était pas sûr. Ils avancèrent dans le couloir. On entendait des bruits étranges. Tout d’un coup, la lumière s’alluma et les aveugla. Le jeune homme brun mit un temps avant de voir leurs visiteurs. C’était Banho, l’air triomphant, entouré de ses sbires.
- Toi ! s’exclama Axel.
- Oui, moi !
- Que veux-tu ?
- Tu sais ce que je veux, pourquoi poses-tu la question ?

Gabriel se mit à trembler et se blottit contre le dos d’Axel.
- Ne fais pas l’idiot, continua Banho en chargeant son revolver. Rend-moi le Lymien et il ne vous arrivera rien.
- Que comptes-tu faire si je refuse ?
- T’exploser la cervelle, c’est une bonne idée. On sera quittes pour le nez cassé.

Axel eut un petit rire et recula un peu. Banho était plus fort que lui pour ce soir. Il semblait tellement sûr de lui. Soudain, il entendit quelque chose derrière lui et se retourna vivement. Il y en avait d’autres derrière et l’un d’eux avait pris Gabriel.
- Lâchez-moi ! criait-il.
- Tu vas retrouver ton véritable chez toi, expliqua Banho. Tu retournes aux « Mille et Une Nuits » mon garçon. Ton ami ne t’a pas prévenu ?
- Quoi ? fit Axel en pointant son arme sur son ennemi.
- Ne fais pas l’innocent. Tu savais très bien que vous ne vivrez pas heureux bien longtemps. Tu savais qu’on viendrait le chercher.
- C’est faux ! s’écria Gabriel.
- Il t’a donné de l’espoir ! continua Banho. L’espoir d’une vie libre auprès de lui ! Et toi tu y as cru ? Mais mon garçon, jamais tu ne seras libre !
- Lâchez-le ou vous allez le regretter, murmura Axel.
- Tu n’es pas en mesure de me donner des ordres !
- Patron, nous avons trouvé ses affaires ! fit un des hommes.
- Alors allons-y.
- Non ! s’écria Gabriel.
- Lâchez-le ! répéta Axel, menaçant.
- L’amour est traître, tu le sais ? dit Banho. L’amour est cruel.

D’un geste rapide, il tira sur Axel qui ne l’avait pas vu venir. Gabriel vit son monde et son amour s’écrouler sous ses yeux. Il voulut s’échapper, et celui qui le tenait fut surpris et le lâcha. Le Lymien se précipita sur son amant.
- Axel ! cria-t-il. Axel ! Répond-moi !
- Gabriel… murmura-t-il.
- Doucement… je suis là.

La balle l’avait touché à l’abdomen. Il perdait peu à peu son sang mais il souriait au Lymien.
- Ne meurt pas, pleura-t-il.
- C’est stupide… marmonna Banho. Reprenez-le bande d’incapables ! On doit y aller !
- Non ! s’écria Gabriel.
- Emmenez-le. De toute façon l’autre va mourir dans quelques heures. On ne pourra pas le retrouver à temps pour le sauver, comme c’est dommage…

Ils prirent Gabriel par les bras et le forcèrent à les suivre.
- Axel ! ! !
- Tais-toi !

Ils partirent. Hugo était derrière la porte de son appartement et sortit de chez lui quand il fut sûr qu’ils étaient loin. Il entra précipitamment chez Axel et le vit, allongé sur le sol, inconscient.

« Tiens bon mon vieux… je vais te sortir de là… »

Quelqu’un d’autre entra en vrac dans l’appartement. C’était Finh.
- Vous !
- Je suis arrivé trop tard…
- Quoi ?
- Vite, il faut y aller ! se précipita Finh. J’appelle un médecin et vous emmenez-le dans la voiture grise !
- Téléphonez au numéro qu’il y a sur la carte à côté du téléphone. C’est le Docteur Kian, un ami.
- D’accord. Allez-y et faites attention ! répondit Hugo en prenant Axel dans ses bras.

Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la voiture. Finh avait demandé à Kian de venir chez lui. Ils se rendirent avant dans le lotissement où vivaient Josh et les autres. Ils attendirent quelques instants et virent Josh et Ilya.
- Ils ont emmené les autres ! s’exclama Ilya.
- Nous on était de sortie.
- Entrez, ordonna Finh. On va chez moi soigner Axel et s’occuper de tout ça !

Ils partirent en vitesse. Kian les attendait sur le pas de la porte. Aussitôt arrivés, on emmena Axel dans la chambre et Kian se chargea de le soigner. Finh quant à lui cherchait dans des coffres des armes à feu qu’il donna à Ilya et Josh. La suite promettait d’être difficile. Le médecin passa des heures pour tenter de sauver Axel. Hugo avait perdu son calme et son sourire. Il s’inquiétait. Le jour se leva quand Kian sortit de la chambre, les mains en sang et le visage en sueur. Ilya dormait sur les genoux de Josh. Celui-ci sortit de son demi sommeil et Hugo se leva brusquement de son siège.
- Il est sauvé, dit Kian.
- Par le ciel… murmura Josh, soulagé.
- Il dort encore, mais il s’en remettra.
- Allez vous reposer !

Gabriel reconnut l’immeuble dans lequel il avait vécu avec ses neuf amis pendant quelques mois. Ils le firent entrer dans la chambre et vit Uven, Shian, Taly, Perith, Lonh, Faïs et Hélia. Ceux-ci étaient complètement abattus, assis sur ce qui avait été leurs anciens lits. Ils levèrent un visage inquiet quand ils virent le Lymien. Banho entra par la suite, l’air victorieux, regardant de haut Gabriel qui était au sol, horrifié et désespéré.
- Qu’y a-t-il mon petit ? demanda l’homme.
- Assassin… murmura Gabriel en sanglot.
- Pauvre petit. Tu pleures ?
- Vous l’avez tué… je n’ai pas pu lui dire au revoir… pleura-t-il. Je ne le reverrai jamais…

Banho lui rit au nez et sortit de la chambre. Faïs se précipita sur Gabriel.
- Qui a-t-il tué ?
- Gabriel ? fit Uven, inquiet de l’expression de douleur pure qui était sur le visage du Lymien.
- Il l’a tué… il a tué mon soleil…
- Quoi ? s’étonna Lonh.
- Axel… murmura Perith.
- Il l’a tué… il l’a assassiné… par ma faute… pleura Gabriel.
- L’as-tu vu mourir ? demanda Uven.
- Uven ! ! s’exclama Taly, indignée.
- Quoi ?
- Quand tu es parti, était-il vraiment mort ?
- Et bien… non… il était encore en vie quand ils m’ont emmenés mais… mais il perdait son sang… il allait mourir si on ne lui prodiguait pas de soin… mais il n’y avait personne… il est mort…
- Tant que je n’aurai pas vu son corps, je refuserai de croire qu’il est mort ! Axel est toujours en vie, Gabriel. Aie confiance !
- Je ne peux pas… j’ai trop peur…

Uven le prit par les épaules. On ne pouvait pas lui en vouloir de ne plus croire à l’espoir. Dans deux jours, ils reprendraient le chemin des « Mille et Une Nuits » et devraient à nouveau subir ce qu’ils avaient cru quitter.
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 23 Juin - 12:13

Ouahh cousine !! tes fan fic son sup !!! bravo Bravo

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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 23 Juin - 12:15

merci beaucoup ^^
celle là est presque finie ^^
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 23 Juin - 12:19

oué il a l'air^^

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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 23 Juin - 15:17

Une journée passa avec une lenteur insoutenable. Le lendemain matin, alors que Finh surveillait si personne de suspect n’arrivait, Axel sortit de la chambre, pâle. Hugo s’avança vers lui pour lui dire d’aller se recoucher mais Axel refusait.
- Tu n’aideras pas Gabriel comme ça ! répliqua Hugo.
- Ce soir, nous irons à cette maison close, dit le jeune homme, tenant à peine debout.
- C’est de la folie pure…
- Et nous les sortirons à nouveau de là !
- Tu n’es pas en état de venir !
- Je lui ai promis que plus personne ne le toucherait, continua Axel, inquiet. Je devais le protéger, et j’ai échoué de la plus belle des manière !
- Qu’est-ce que tu aurais pu faire face à une dizaine d’hommes armés ? demanda Finh. C’était insensé de pouvoir d’interposer comme ça ! Gabriel croit que tu es mort ! Comment doit-il se sentir maintenant, à ton avis ?
- La situation est catastrophique mais pas désespérée, intervint Josh. Après tout, Axel n’est pas mort !
- Et comment allons-nous les sauver ? demanda Kian. A mon avis la surveillance est renforcée là-bas.
- On voit que tu ne connais pas Banho, soupa Finh. Non, il est tellement fier… il sait qu’il a gagné et il croit qu’on ne peut rien tenter.
- On va voir qui va exploser la cervelle de l’autre… marmonna Axel en s’asseyant dans un fauteuil.
- Et maintenant parlons stratégie, dit Hugo. J’appelle nos hommes, Yan sera à leur tête en attendant qu’on se rejoigne. C’est ce soir qu’ils vont rouvrir la boîte…
- Comment le sais-tu ? demanda le blessé.
- Ça, répondit Finh en montrant une affiche qui affirmait la réouverture des « Mille et Une Nuits ».
- Alors il faudra intervenir avant que quelqu’un ne les touche.
- C’est tôt mais je suis d’accord, dit le rouquin. On ne touche pas à Sh… à des hommes et des femmes libres ! Mais Axel, veux-tu vraiment venir ? Dans ton état…
- Ne t’inquiète pas pour moi. Je me sens assez fort pour faire regretter à Banho tout ce qu’il a fait à Gabriel.

Le soir venu, ils partirent en mission de sauvetage. Yan et les autres les attendaient au coin d’une rue désert. Hugo leur ordonna d’infiltrer toutes les entrées pour encercler tous ceux qui se trouvaient sur la place. Il allait partir avec eux, Josh et Ilya tandis qu’Axel était avec Kian et Finh et ils devaient passer par l’entrée principale. Ils réussirent à se faufiler dans la foule et Axel cherchait le Lymien. Il était dans sa chambre de verre en compagnie de Banho. Gabriel ne se laissait pas faire. Il n’avait absolument aucune envie de revivre tout ça. Banho le tenait fermement par le bras dans un sourire machiavélique. Axel sortit son arme et la pointa sur lui.

« Tu es trop loin ! » lui murmura Finh.

Il ne l’écoutait pas. jamais, au grand jamais il ne laisserait un homme comme Banho poser ne serait-ce que le petit doigt sur un être aussi pur qu’un Lymien. Il appuya deux fois sur la gâchette. La première balle brisa entièrement la vitre et la deuxième perfora Banho à l’abdomen, exactement au même endroit où avait été blessé Axel. Surpris, Gabriel tourna son regard vers la foule et tout disparut autour de lui sauf son amour. Il se précipita sur lui, en larmes. Les gens qui avaient entendu les coups de feu prirent peur et commençaient à paniquer. Hugo intervint à son tour, entrant dans la chambre de verre de Shian et assommant la personne qui était venue pour elle. Shian le regarda étrangement et resta immobile pendant que Hugo lui donna son manteau pour se couvrir. Josh quant à lui libéra Uven et il put enfin faire sortir toute la haine qu’il avait contre ces gens-là en frappant le client jusqu’à ce qu’Uven ne l’arrête. Ils se serrèrent la mains chaleureusement. Tout le monde s’était immobilisé, tous les Mignons et les Mignonnes des « Mille et Une Nuits » étaient libérés. Et maintenant qu’allaient-ils faire ? Banho s’avança en boitant vers Axel, animé par la rage.
- Tu es vivant… murmura Gabriel en prenant son visage dans ses mains et en l’embrassant. J’ai cru te perdre…
- Je sais, mais je suis là…
- Toi… fit Banho.
- Et oui, encore moi, et reste calme si tu ne veux pas mourir !

Une illumination dans le ciel les fit taire. Toutes les lumières des « Mille et Une Nuits » s’éteignirent brusquement. Tout le monde regardait dans un ciel, un événement très étrange se produisait. Axel serra Gabriel contre lui. C’était comme si un incendie était né en plein ciel. Soudain, un rayon descendit rapidement sur la place et tous s’écartèrent derrière Axel, Gabriel et Banho qui ne bougeaient pas, laissant une immense place. le feu subitement disparut et ils virent avec stupéfaction un homme aux cheveux rouges flamboyants habillé d’une drôle de façon, avec une sorte de fine armure en argent et une cape bleue. Il s’inclina légèrement et sourit chaleureusement.

« Bienvenu à Myan ! s’écria-t-il. Ça alors, comme c’est joli ici ! Un bordel, c’est ça ? Mais c’est charmant, c’est… c’est comme chez nous ! Sur ma planète, la spécialité ce sont les beignets de saumon des eaux rouges ! Chez vous c’est la prostitution. Ah oui, qui je suis ? C’est une bonne question. Vous voyez, l’univers est en équilibre grâce à des forces… mais je ne vais pas vous faire un cours n’est-ce pas ? Alors, je me présente simplement. Je m’appelle Oscar et je suis le Gardien du Feu ! Et je suis là pour régler une affaire qui est plus grave que ce que vous pensez. Merci de votre accueil, Myanien. Mais je ne suis pas seul… »

Le ciel s’éclaircit à nouveau mais d’une lumière blanche, intense. Les nuages disparurent et pour la première fois on vit les étoiles de Myan. Tous virent des formes humaines qui volaient gracieusement en cercle au dessus leur tête. Des éclairs blancs déchiraient le ciel, s’abatant sur le sol. Quelques uns de ces êtres ailés se posèrent sur les réverbères tandis que d’autres entourèrent Oscar. Gabriel les regardait étrangement, les yeux écarquillés. Des hommes, des femmes… Ils avaient tous les cheveux clairs : blancs, bleus clairs ou argentés, une silhouette fine et élancée, gracieuse et délicate. Les Myaniens eux aussi avaient une expression étrange sur leur visage. C’était presque de la peur. Alors qu’on racontait partout sur Myan que tous les Lymiens étaient disparus, voilà devant eux une cinquantaine, l’air noble et majestueux. Il n’y avait pas seulement que des Lymiens, il y avait aussi de simples Anges. Un d’entre eux s’approcha à côté d’Oscar. Il était assez grand et les cheveux argentés extrêmement fins et longs, attachés en catogan.
- Je crois que vous avez fait une petite bêtise, dit Oscar dans un sourire en joignant les mains.
- Provoquer la colère du Lymien le plus puissant, c’est carrément du suicide, dit un homme aux longs cheveux noirs et aux yeux profondément violets.
- Je vous présente Arios, continua le rouquin.

Arios ignora totalement les Myaniens et s’avança vers Gabriel qui recula un peu. Le Lymien lui sourit chaleureusement tout en pleurant.
- Pardonne-moi Gabriel. J’ai mis du temps à venir te chercher, dit-il.
- Comment savez-vous mon prénom ?
- Je comprends que tu ne me reconnaisses pas. Cela fait si longtemps… je suis ton frère, Arios.
- Mon frère ?
- Son frère… murmura Banho.

Arios plongea son regard dans celui de Gabriel. Il vit alors tout… mais alors tout ce qu’il avait subit depuis qu’il était sur cette planète. Il resta calme et se tourna vivement vers Banho, en colère.
- Sais-tu qui je suis ? demanda-t-il, menaçant.
- Un Lymien…
- Je ne m’en suis jamais vanté, mais là, après ça… je sais ce que tu as fais, Humain… tu as tort de me mettre en colère. Je sacrifie ma vie pendant des années pour protéger l’univers et les Humains de l’Empire du Mal. Je suis torturé, violé, à deux pas de la mort… je perds les êtres que j’aime… tout ça pour quoi ? Pour protéger le monde, pour protéger l’équilibre des force, parce que je suis l’Elu, parce que ma puissance est supérieure à celle de mes semblables… et comment les Humains me remercient-ils ? Ils font de mon petit frère une putain. Il font de mon petit frère un objet. Ils font de mon peuple une abomination…
- Ça fout la rage… commenta l’homme aux yeux violets. Tu es trop gentil, je te l’ai dit.
- Sans commentaire Chaos, tu seras gentil.
- Si tu es mon frère, murmura Gabriel. Comment se fait-il que je sois ici ?

Arios le regarda tristement et commença à raconter.
- Tu avais trois ans quand on t’a enlevé. C’était un soir… quelqu’un est entré dans notre maison et t’a emmené. On l’a poursuivit pendant des semaines et quand on l’a retrouvé, tu n’étais pas avec lui. Il nous disait que tu étais mort, mais on n’a pas voulu le croire. Alors on t’a cherché pendant des mois, des années, mais on ne te trouvait pas. On a de moins en moins cherché, on a perdu tout espoir de te retrouver… Maman était tellement malheureuse. Elle disait que tout était de sa faute. Et un jour, il y a quelques semaines, nous avons reçu un message venant de très loin dans l’univers. C’était un appel au secours, pour un Lymien vivant à Myan qui était maltraité. On avait joint une photo et dès que notre mère l’a vue, elle a crié ton nom. Nous ne pouvions pas y croire, mais nous avons décidé de venir quand même.
- Pourquoi déjà ? demanda Oscar.
- Tout d’abord un innocent souffrait, ensuite c’était un Lymien et si en plus il s’agissait de mon frère… Du coup on est là, et puis il fallait régler une autre affaire à Myan.
- Comment puis-je accorder foi à votre histoire ? fit Gabriel. Excusez-moi de douter mais…

Arios s’approcha de lui et prit le cristal de Gabriel dans une main, et le sien dans l’autre. Dès qu’ils furent en contact, ils s’illuminèrent.
- Quand deux Lymiens sont du même sang, leur cristal réagit au contact de l’un et de l’autre, expliqua-t-il. Et puis, je sais qu’on fond de toi tu le sais.
- Arios… murmura Gabriel.
- Te souviens-tu aussi de Firenze ? Disnia ? Roselma ?

Il présenta un jeune Lymien qui lui ressemblait beaucoup et deux Lymiennes.
- Tous les cinq, nous sommes frères et sœurs, dit Firenze.
- Et voici Raphaël, notre cousin, ajouta Arios en montrant un autre Lymien.

Raphaël ressemblait énormément à Gabriel. Celui-ci semblait ailleurs et des souvenirs remontaient dans sa mémoire. Il fêtait ses trois ans et il jouait dans la neige avec ses frères, ses sœurs et ses cousins. Il était heureux, sous le regard bienveillant de ses parents, de sa famille. Il les reconnut tous aussitôt.
- Tu ne t’es jamais demandé pourquoi tu as survécu à tout ça alors que beaucoup de coups que tu as reçu aurait pu te tuer ?
- Et bien…
- Tant que ton cristal est intact, tu ne peux pas mourir. Pour tuer un Lymien, il faut tout simplement briser ton cristal ! Et j’ai testé ça à mes dépends, n’est-ce pas Chaos.
- Et bien…
- Arios… murmura Gabriel d’une voix brisée.
- Qu’y a-t-il ?

Versant des larmes de joie, il se précipita dans ses bras. Oui il se souvenait. Il se souvenait enfin. Il n’était pas orphelin. Il ne l’était plus. Il n’était pas le dernier Lymien, non… il en existait encore des millions et ils n’étaient pas prêts de s’éteindre. Arios s’avança alors vers Banho, prêt à le soigner. Le Myanien le repoussa en lui frappant la main.

« Ne me touche pas, sale vermine ! »

Il ne put en dire d’avantage. Chaos s’était précipité sur lui et l’avait pris à la gorge. Les pieds du Myanien ne touchaient plus le sol.
- Maintenant, sale Humain, écoute-moi ! Tu n’es rien m’entends-tu ? Tu es de la poussière dans cet univers. Tu n’égaleras jamais la grandeur du peuple de la Lumière. Et je ne te permets pas de poser tes pattes sur la peau d’un Lymien. Tu en as torturé un pendant des années, et là tu viens de frapper mon Arios. Tu ne te rends pas compte de cet acte, car peut-être que lui est capable d’oublier sa colère mais moi… vois-tu, cet Empire du Mal dont il parlait tout à l’heure ?
- Chaos… murmura un Ange aux longs cheveux rouges du nom d’Arthas. Calme-toi…
- Cet Empire du Mal, l’Empereur c’est moi, pauvre abruti, continua Chaos en se transformant peu à peu. Je suis Chaos, maître des Ténèbres et Athonathyl de première classe !

Sa peau pâle devint sombre, entre le violet et le bleu. Des griffes écarlates poussaient au bout de ses doigts et s’enfoncèrent dans la gorge de Banho. Chaos le regardait de ses yeux rouges de colère.
- Même à Myan on connaît l’Ordre d’Athonath, non ?
- Non je ne crois pas, répondit Arthas.
- Chaos ! s’exclama Arios. Arrête ! Tu vas le tuer !
- Ne me dit pas que tu n’as pas envie qu’il crève ! ! hurla l’Athonathyl. Toi, misérable Humain… j’aurai dû m’occuper de ta planète quand j’en avais encore le pouvoir. En parlant de pouvoirs, les miens peuvent te transformer en cendre…

Arios se serra contre Chaos, posant sa main sur son visage.
- Je n’ai rien, tu vois ? Il ne m’a rien fait. Ne le tue pas. Tout va bien.
- Très bien… murmura-t-il en lâchant Banho qui tomba lourdement sur le sol.
- Tu vois ? sourit le Lymien.

Il soigna Banho et s’approcha à nouveau de Gabriel.
- Pourquoi n’as-tu pas utiliser tes pouvoirs pour te protéger ? demanda-t-il.
- Et bien… rougit Gabriel. Je n’en ai pas.
- Je vois. Personne n’était là pour t’apprendre à les utiliser et tu as fait comme un blocage depuis ton enlèvement je suppose…
- Et bien…
- Tes pouvoirs sont en toi. Ils sont de naissance ! Mais il faut apprendre à les utiliser. Le cristal n’est pas un simple pendentif pour faire joli. Il renferme ta vie, tes pouvoirs. Il faut faire un avec lui, et suis-moi. Je vais faire surgir tes pouvoirs… Ton cauchemar est terminé, petit frère.
- Ça va tellement vite, avoua-t-il. Alors que je me croyais seul, voici que j’apprends que j’ai une famille, et que mon peuple est bien là…
- Moi je trouve ça super ! intervint Hugo. J’ai l’impression que ce n’est qu’un rêve…
- Et pourtant, ajouta Axel dans un sourire. Oui, le cauchemar est fini.

Arios leur adressa son plus beau sourire. Il prit Gabriel par la main et lui demanda de se concentrer.

Il était une fois
C’est comme ça qu’une histoire
Commence.
On a tous en mémoire
Un reste au fond de soit,
D’enfance.
On part pour la vie
Sans la choisir
Vraiment

Tant qu’on rêve encore
Que nos yeux s’étonnent encore
Rien n’est perdu.
Tant qu’on rêve encore
Que jamais personne s’endorme
Et ne rêve plus.
Jamais plus

On va de l’avant
Dans la cours des plus grands,
Faire face.
Sans défier les géants
Trouver au premier rang,
Une place.
On remplit sa vie
Parce qu’on oublie
Qu’elle passe

Tant qu’on rêve encore
Que nos yeux s’étonnent encore
Rien est perdu.
Tant qu’on rêve encore
Que jamais personne s’endorme
Et ne rêve plus.
Jamais plus.

Il était une fois
Tout commence comme ça.
On prend son histoire
La vie comme elle va
Avec ses erreurs
Ses manques et ses lois
Pour croire le bonheur
Souvent loin de soi
Alors qu’il bat
Qu’il est toujours là, en soi.

Tant qu’on rêve encore
Que nos yeux s’étonnent encore
Rien est perdu.
Tant qu’on rêve encore
Que jamais personne s’endorme
Et ne rêve plus.

Tant qu’on rêve encore
Que nos yeux s’étonnent encore
Rien est perdu.
Tant qu’on rêve encore
Que jamais personne s’endorme
Et ne rêve plus.
Jamais plus…


Tout d’un coup, des ailes apparurent dans le dos de Gabriel. Ses habits se transformèrent et devinrent comme ceux des autres Lymiens. Il portait un pantalon blanc avec une veste blanche aux coutures bleues et dorées. Comme Arios, il avait à son oreille un ornement assorti à son cristal. C’était magique. Il s’envola à quelques mètres du sol en compagnie de son frère et découvrit ses pouvoirs. Par la pensée, il avait e pouvoir de faire apparaître du bout de ses doigts de la foudre, de l’eau, de la glace, du feu… il pouvait faire bouger les choses à distance… il avait encore tellement de choses à découvrir. Il s’approcha d’Axel et posa sa main sur sa blessure. Petit à petit, elle disparut. Arios semblait stupéfait.

Tant Qu'On Rêve Encore, Le Roi Solei


Dernière édition par le Ven 23 Juin - 23:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna   Boucles d'Argent ou le Dernier Lymien - by Athéna Icon_minitimeVen 23 Juin - 16:20

- Ça alors… murmura Raphaël en passant sa main dans ses longs cheveux boucles. Il faut un niveau élevé pour pouvoir soigner !
- Ce n’est pas le frère de son frère pour rien, commenta Chaos qui avait retrouvé une apparence entre l’Être des Ténèbres qu’il était et un Ange.

Gabriel embrassa tendrement Axel. Un carrosse apparut alors dans le ciel. Deux Lymiens en sortirent et Arios expliqua que c’était leurs parents. La femme semblait inquiète. Gabriel la serra dans ses bras. Elle pleurait.
- Pardonne-moi, dit-elle. Tu ne voulais pas que je te laisse seul dans ta chambre. J’aurais dû rester avec toi. Pardonne-moi mon fils que j’aime tant…
- Ce n’est pas de ta faute maman… je suis là…
- Je fêtais ton anniversaire tous les ans, priant qu’un jour je te puisse à nouveau te serrer dans mes bras…

Elle leva tête vers l’enseigne de la maison close. Elle ne savait pas ce qu’était devenu son fils. Elle comprit alors, et comme Arios l’avait fait, elle vit tout ce que Gabriel avait vécu. Elle semblait horrifiée. Elle posa alors ses yeux sur Banho et le fixa comme si elle pouvait le tuer d’un simple regard. Elle leva sa main vers lui. Le bout de ses doigts s’illumina.
- Non, maman, non, murmura Gabriel en lui prenant la main. C’est fini.
- Ce monstre…
- Calme-toi Mirvania, dit le père en serrant sa femme et son fils contre lui.
- Papa ! s’exclama le Lymien.

Ne pouvant plus parler, Niteron embrassa son fils sur le front. Gabriel recula un peu et se tourna vers Banho. Il leva brusquement sa main et mit le feu à la chambre de verre.
- C’est fini, oui, dit-il à Banho. Je ne suis plus ton jouet. J’aurais tellement voulu dire ça à Tony également.
- Ce n’est pas un problème, coupa Arthas en posant ses mains sur les épaules de Raphaël. Je ne peux ressusciter personne, à part mon chéri, mais je peux donner corps à des âmes pendant quelques minutes.
- Alors je veux bien parler à Tony et à Lily. Je veux être sûr qu’elle sache que tout va bien.

Tony et Lily apparurent, surpris. Les Myaniens étaient encore plus abasourdis.
- Bien, commença Gabriel, satisfait. Cette fois c’est à moi de parler et à vous d’écouter. Je ne te dis pas bonjour Tony, écoute-moi simplement. Je ne suis pas une putain, je ne suis pas un objet, et maintenant votre dictature est terminée.
- Nous allons reprendre Myan en main et tenter de la sauver, dit Arios.
- Quant à moi je ne serais plus jamais soumis. Vous vous croyez les maîtres de l’univers mais je viens de comprendre que vous n’êtes en fait que des imposteurs. Pour ma part, je suis trop heureux maintenant d’être amoureux et d’avoir retrouvé les miens pour vous punir. De toute façon, Tony tu es mort. Finalement je n’ai pas grand chose à vous dire. Non, c’est à Lily que je veux parler.
- Quoi ? dit-elle d’une voix en écho.

Il s’approcha de Lily.
- Pourquoi t’es-tu interposée ?
- Tu ne comprends pas ? répondit-elle dans un sourire. C’était mon choix.
- Oui mais… de toute façon je ne pouvais pas mourir ! Mon cristal n’allait pas être détruit !
- Penses-tu qu’on réfléchit à ça dans de tels moments ? Non mon chéri… j’ai agis par instinct. Je me devais de te protéger. J’avais promis de donner ma vie pour te sauver.
- Alors je veux que tu saches que tout va bien, murmura-t-il en lui prenant les mains. Je suis tombé profondément amoureux de quelqu’un de formidable, j’ai retrouvé ma famille… Je suis libre.
- Comme tu l’avais souhaité, n’est-ce pas ? Oui je vois que tu es heureux, et je suis comblée.
- J’ai un cadeau pour toi…

Il se concentra et les nuages réapparurent. Mais ils étaient différents. Des flocons commencèrent à tomber. Jamais il n’avait neigé à Myan.
- Tu te souviens ? pleura Lily.
- L’Ange sous la neige… je l’ai toujours… tu aimais la neige…
- Merci Gabriel.

Elle l’embrassa sur la joue. Décidément on ne pouvait pas renier l’origine de Gabriel, digne frère de l’Elu. Tony et Lily disparurent alors.
- Et maintenant ? demanda Kian. Que vas-tu faire ?
- Tu rentres avec nous, ou tu restes ici ? intervint Arios.

Gabriel se retrouva alors déchiré. Axel baissa les yeux et prit la parole.
- Tu mérites d’être heureux, dit-il. Rentre chez toi.
- Je ne peux pas, répondit le Lymien. Pardonne-moi mon frère mais…

Il se blottit contre Axel.
- Je ne peux pas vivre sans mon soleil.
- Je comprends, petit frère, dit Arios.
- Et est-ce que ton amoureux veut vraiment rester vivre ici ? demanda Chaos.
- Il y a de la place au Palais Crystal ? fit Oscar à Arios.
- Oui mais…
- Tu voudrais venir vivre loin de Myan ? demanda Gabriel à Axel.
- Partir d’ici ? Mais… Myan c’est chez moi ?
- Vraiment ? ironisa Hugo. Si tu as la chance de partir, et bien part de Myan. J’aimerai tellement voyager…
- Et bien…
- Que ceux qui souhaitent venir viennent ! s’exclama Arthas. Il y a de la place chez nous et c’est tellement mieux qu’ici !
- Tu n’y penses pas ! répliqua Raphaël.
- Mais s’ils veulent partir, Amour…
- Moi je voudrais changer d’air, intervint Josh. Pas toi Ilya ?
- Oh si ! Je ne respire plus !
- De toute manière, Myan sera prise en charge, dit Niteron de Lanamyl. Il est inconcevable de laisser une planète qui avait une telle illumination des années auparavant.
- Oui mais je crois que je n’ai plus rien à faire ici, répondit Josh.
- Vous trouvez ? continua Niteron. Si je ne me trompe, vous êtes Alian Josh de Myan, le descendant de la famille royale disparue.

Arios se tourna vers son père étonné et tous les Myaniens regardèrent Josh. Celui-ci avait les yeux écarquillés. Il semblait abasourdi.
- Je… commença-t-il.
- Vous l’ignoriez ? Vous ressemblez tellement à votre grand-père que c’en est incroyable et croyez-moi je l’ai bien connu. Alors effectivement vous venez avec nous pour qu’on puisse le certifier. Gabriel. Que choisis-tu ?
- Axel ? fit le Lymien. Moi, tant que je suis avec toi, tout ira bien.
- Je sais. Alors je veux que tu quittes cet endroit, cette planète.
- Très bien, sourit Arios. Il y a de la place chez moi. Et puis s’il le faut on peut vous trouver un logement. Il y a des villes, bien différentes de Myan.
- Moi personnellement, je voudrais tellement voyager et connaître le monde des Lymiens ! s’exclama Shian. Ça me ferait tellement mal au cœur d’être séparé de Gabriel…
- Plus rien ne me retient non plus ici, dit Hugo. Si Axel part, si Shian part, alors allons à la rencontre d’un nouveau monde !

Alors c’était décidé. Hugo, Shian, Uven, Lonh, Taly, Perith, Hélia, Faïs, Ilya et Josh décidèrent de suivre Axel et Gabriel. Le monde des Lymiens était tellement différent de Myan, tout à fait l’opposé. Le Palais Crystal d’Arios et le Palais de Niria des Gardiens étaient entourés de luxueux jardins. Une forêt immense les entourait. C’était tellement magnifique… Gabriel en pleurait. S’il avait imaginé le paradis, c’était cette image-là qui venait. Il se rappelait maintenant. Il avait commencé à grandir dans un monde semblable. On lui avait arraché ce monde et enfin il le retrouvait. Il fit connaissance avec sa famille. Arios lui présenta ses neveux, de si beaux enfants. L’air était serein et doux.

Alian Josh de Myan retrouva lui aussi la mémoire. Il se maria avec Ilya au Palais Crystal et vécut avec elle deux ans près de Gabriel avant de retourner sur Myan. Cette planète n’était déjà plus la même. Banho s’était suicidé dans sa cellule quelques jours après son arrestation. Bientôt il serait rejoint par ses amis, prêt à revenir là où ils avaient tant souffert. Shian préférait rester avec Hugo dans la ville la plus proche du Palais Crystal. Ils trouvèrent du travail chez Chaos qui tenait avec les Athonathyl une boutique d’apothicaire et de librairie, ainsi qu’un café terrasse. Ils avaient une grande maison et allaient bientôt se marier.

Gabriel et Axel avaient vécu avec Arios pendant trois ans et s’installèrent ensuite dans un manoir dans un immense pré. Ils avaient acheté un chien qu’ils appelèrent Aïden comme ils se l’étaient promis. Bien sûr ils retournèrent à Myan de temps en temps pour rendre visite à leurs amis. Le passé était loin à présent. Gabriel était très proche d’Arios et de Raphaël. Ils avaient eu aussi un passé difficile, notamment à cause de Chaos et d’Arthas qui avaient été les Athonathyl, c’est à dire des Êtres des Ténèbres extrêmement puissants, les plus cruels. Mais tant qu’on garde l’espoir, tout peut s’arranger. Il faut seulement y croire.

Et voilà, mon histoire est terminée. Ce n’est pas la fin le plus important. Et je ne dirais pas « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » ceci n’est pas un conte. Etait-ce mieux de lire Boucles d’Argent ou le Dernier Lymien avant l’histoire même d’Arios, de Chaos, de Raphaël et d’Arthas de La Trilogie des Anges ? Vous comprendrez certaines choses sur Arios et Chaos dans cette trilogie bien sûr. Boucles d’Argent se passe après celle d’Arios. J’espère que cette histoire vous a plu, et que celle d’Arios vous plaira au moins autant, car mon couple Yaoi fétiche n’est pas Gabriel et Axel, non. En fait c’était mieux de vous faire connaître celle-là avant celle d’Arios et Chaos, parce qu’elle va vraiment vous plaire, je le sens. A bientôt pour la suite de la Trilogie des Anges !

Tant qu'on rêve encore
Que nos yeux s'étonnent encore
Rien n'est perdu
Tant qu'on rêve encore
Que jamais personne s'endort
Et ne rêve plus
Jamais plus...

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