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 Bara no Hime by Athéna

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MessageSujet: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeLun 3 Juil - 21:40

Auteur : Athéna
Genre : yaoi
Base : histoire originale
Couple : Chris et Masao, mais c’est un peu spécial…

Bara no Hime



le titre n'a rien à voir avec l'histoire... ça veut dire la princesse de la rose, et il n'y a ni princesse, ni rose... allez savoir d'où vient le titre ^^


Tokyo. Plus de onze millions d’habitants. Fleuron de l’économie nippone. Modèle de la ville dynamique, capitale d’un Etat au sommet de l’économie mondiale. Le l’Empire du Soleil Levant En fin de soirée, la population tokyoïte affluait dans les avenues. Loin de tout ça, dans une rue assez modeste et vide, passait un fier jeune homme à l’allure élancée. Les mains dans les poches de son pantalon de costume noir, sa veste posée sur son avant-bras, il marchait, seul, sur la route de chez lui. Ses cheveux d’un noir de jais et ses yeux gris faisaient de ce jeune homme de vingt-quatre ans le tombeur de ces dames qui espéraient tant être l’élue de son cœur, en vain. Meurtri par de lourdes peines de cœur et autres déboires amoureux, le jeune homme prénommé Masao se demandait où était celle qui le complèterait, et si la femme de ses rêves existait.

Il était plongé dans ses pensées quand il entendit des cris provenant d’une ruelle. Fervent défenseur de la justice, il s’y précipita et vit une jeune femme aux longs cheveux châtains clairs se faire agresser par deux voyous. Furieux de cet acte affreusement barbare et lâche, Masao se jeta sur l’un des deux malfrats et le cogna violemment. Sonné, l’homme s’effondra contre le mur. La jeune demoiselle regardait son sauveur avec stupéfaction et gratitude, la main étroitement serrée sur le col de sa chemise. Le deuxième homme prit peur et s’enfuit, suivi par son compère.
- Pff… cracha Masao. Quelle bande d’abrutis… Vous allez bien ?
- Euh… oui… balbutia-t-elle. Merci beaucoup, je…
- Il n’y a pas de quoi, sourit le jeune homme en plongeant ses yeux gris dans le vert émeraude de ceux de la demoiselle. Je m’appelle Masao Raphaël Sayaku. Mes amis m’appellent tout simplement Raphaël.
- Taori, dit-elle en lui serrant la main. Chris Taori. Bon je dois rentrer chez moi. Merci pour tout et à bientôt peut-être !

Elle s’inclina légèrement et reprit sa route vers les quartiers les plus pauvres de la ville. Quelle silhouette ! Quelle démarche ! Et ce visage si fin, si beau… et ce sourire ravageur, cette douceur dans les yeux… Habillée d’un jean taille basse moulant et d’une chemise blanche, Chris avait porté un coup fatal au cœur dudit Raphaël. Le jeune homme siffla pour se remettre de cette rencontre et vit sur le sol un sac en papier oublié par la jolie demoiselle. Il le prit vivement et tenta de retrouver la jeune femme pour le lui rendre. Cependant, il l’avait perdue de vue.

Chris était de retour dans son petit studio, encore sous le choc de ce qui s’était passé dans la ruelle. Il était temps de prendre une bonne douche bien fraîche pour s’éclaircir les idées. Laissant ses habits sur le carrelage de la salle de bain, Chris dévoila son corps mis à nu à son miroir et se regarda longuement, les sourcils légèrement froncés. Sa main se posa sur sa poitrine parfaitement plate et ses yeux se posèrent sur sa virilité. Si frêle… si gracile… le visage si fin… la voix si cristalline comme celle d’une femme… les cheveux longs… à vrai dire, même dans sa façon de se vêtir et dans ses manières il ressemblait à une fille. D’ailleurs quasiment tout le monde le prenait pour une belle nana trop canon à qui il manque une belle paire de seins. Il n’était donc pas étonnant pour Chris qu’on s’en prenne à lui à cause de cette fragilité. Il entra dans la douche pour se détendre… Quelques minutes plus tard on sonna à la porte de ce trois pièces. Il mit son long et douillet peignoir blanc et une serviette autour des cheveux avant d’ouvrir. Il reconnut alors le jeune homme qui l’avait sauvé. Il parut étonné.
- J’ai eu du mal à vous retrouver, dit Masao dans un sourire.
- Comment… balbutia Chris. Pourquoi…
- Vous avez oublié ça dans la ruelle tout à l’heure, expliqua-t-il en lui montrant le paquet.
- Vraiment je suis d’une étourderie incroyable ! s’exclama aussitôt Chris en se frappant le front. Encore merci… Mais comment avez-vous fait pour savoir où je vis ?
- Il faut croire que j’avais envie de vous revoir…

Chris rougit, se demandant si son sauveur se rendait compte de ce qu’il disait et l’imaginant frapper à toutes les portes du quartier pour le retrouver.
- Voulez-vous entrer ? demanda-t-il. Allez vous assoire un instant. Je vais m’habiller et je reviens. Ne vous préoccupez pas du désordre, j’ai emménagé depuis peu…
- Merci bien, j’accepte volontiers l’invitation, à vrai dire… je l’espérais…

Chris entra à nouveau dans la salle de bain, rouge comme une pivoine. Il était en train de se faire draguer, et même si cela venait d’un homme qui faisait probablement une grosse méprise, cela ne lui déplaisait pas. Il s’habilla rapidement. Il mit un jean propre, taille basse, et une chemisette mauve très féminine qu’il noua au-dessus du nombril. Il laissa également ses longs cheveux châtains sécher sur ses épaules. Pendant ce temps, Masao attendait, confortablement assis sur le canapé, détaillant le salon et son coin cuisine. Il y avait peu de meubles, juste ce qu’il fallait. Quelques cartons étaient posés contre le mur. Dès qu’il vit Chris sortir ainsi habillé, il resta bouche bée devant cette sublime apparition.
- Voulez-vous boire quelque chose ? demanda Chris en cherchant dans un placard de la cuisine. Je n’ai pas grand chose… Whisky, ça ira ?
- Totalement, répondit Masao, se surprenant à avoir les yeux fixés sur les épaules de son hôte.
- Vous m’avez sauvé de deux bandits, commença Chris en posant les verres sur la petite table du salon. Vous me rapportez mes affaires… mais qui êtes-vous donc ? Mon ange gardien ?
- Je vous l’ai déjà dit, Masao Raphaël Sayaku. Je peux l’être, votre ange gardien, si vous le voulez. Et ce que j’ai fait, n’importe qui aurait fait de même à ma place !
- Vous croyez ?
- J’aimerai bien qu’on fasse connaissance vous et moi, Chris Taori…
- Voilà quelqu’un qui ne tourne pas autour du pot, dit-il en servant la boisson.
- Ce doit être mon côté français. Ma mère était française… Et puis qui sait… C’est peut-être une rencontre du destin, non ?
- Et bien…
- Mais parlez-moi de vous… vous venez d’emménager dites-vous. Pourquoi un tel endroit ?
- Je n’ai pas beaucoup de revenus, répondit Chris en s’asseyant sur le fauteuil d’à côté. Aujourd’hui j’ai vingt-deux ans et je travaille à la bibliothèque du coin, mais avant j’enchaînais petits boulots sur petits boulots. Et vous, que faites-vous dans la vie ?
- Je suis cadre dans l’entreprise de mon père… Un jeune cadre de vingt-quatre ans.
- C’est une bonne situation.
- Oui assez. Mais on croit que d’être le fils du patron c’est être privilégié. Erreur. Il est toujours sur moi, à me surveiller… je suis constamment sur les nerfs. Sinon…

Il se tut un instant et se leva, parcourant la pièce.
- Et vous n’avez pas d’amis ?
- Je suis très solitaire. J’aime ma petite bulle et les gens généralement me trouvent… bizarre.
- Ne me faites pas croire qu’une si jolie jeune fille n’ait pas un amoureux !

Chris se paralysa. C’était donc ça. Un malentendu. Il s’apprêta à répondre quand Masao prit à nouveau la parole.
- Je comprends. Ça ne me regarde pas. Excusez-moi de me mêler de ce qui ne me regarde pas. Vous devez me prendre pour un véritable pervers.
- Non. Un véritable pervers aurait été soit beaucoup plus entreprenant soit, au contraire, plus fin et plus dangereux. Mais je voudrais vous dire que…
- Je ne suis pas comme ces gens-là. Je suis désolé de vous importuner…
- Il n’y a pas d’offense. Vous ne m’importunez pas. Ça me fait plaisir d’avoir de la visite, et comment en vouloir à quelqu’un qui m’a sauvé ?
- Alors vous voudrez bien qu’on se revoit ? s’exclama Masao, plein d’espoir.

Encore une fois, Chris parut surpris. Décidément cet homme l’étonnera toujours.
- Bien sûr, sourit-il. J’aimerais qu’on se revoit.
- Ah vraiment ?
- Vrai de vrai, Masao.

Ils se quittèrent ainsi. Quelques minutes plus tard, on sonna à nouveau à la porte. Chris n’eut pas le temps d’aller répondre qu’elle s’ouvrit à la volée.
- Boum ! Boum ! C’est moi ! s’exclama la personne.
- Miki… tu arrives bien tôt dis-moi.
- Chri-chan, je dois embaucher plus tôt. On a un invité de marque à la boîte, alors… je suis passé te voir plus tôt !

Chris posa son verre de limonade et leva les yeux de son bouquin pour regarder son ami. Miki Watanabe était un jeune homme de vingt-six ans, aux cheveux roux mi-longs. Ses yeux marrons pétillaient de malice. (modèle : Schuldig de Weiss Kreuz). Ancien prostitué, il était aujourd’hui propriétaire d’une boîte de nuit. Il connaissait Chris depuis leur plus tendre enfance. Selon lui, il avait toujours été comme ça, toujours aussi féminin. Cela ne le dérangeait pas. Il avait pris le jeune homme sous sa protection et était comme un grand frère, sa seule famille, puisque Chris n’avait plus de nouvelles de ses parents qui refusaient de le voir. Tous les jours, il lui rendait visite. Il était son seul ami. Et Chris était la seule personne qui savait quel métier il faisait et qui l’acceptait quand même.
- Chri-chan, t’es encore habillé comme une nana.
- Je sais. Et alors ?
- Je vais te sauter dessus si tu continues… T’es irrésistible ! Imagine qu’un psychopathe s’en prenne à toi pour te violer, quand il va remarquer que t’es un mec, ça va faire mal… pour lui… pour son amour-propre, mais tu risque d’en souffrir toi aussi.
- C’est gentil de t’inquiéter.
- C’était qui le mignon jeune homme que je viens de voir sortir ?
- Une rencontre.
- Et j’espère qu’il ne t’a pas pris pour une femme…

Chris but une gorgée de son verre de limonade. Cette attitude était la réponse de Miki.
- Ce n’est pas vrai… pourquoi tu ne lui as pas dit que tu étais un garçon ?
- Il me faisait des avances et je ne savais pas quoi répondre. Et je n’ai pas eu trop le temps non plus. Et je ne sais pas pourquoi je ne lui ai pas dit…
- Tu rougis, chéri…

Chris se mordit la lèvre inférieure.
- Il va falloir que je te laisse, continua Miki en regardant sa montre. Un chanteur de rock ça ne se loupe pas. Bisous et à demain !
- Bonne soirée !

Le lendemain, Chris partit à son travail. Les cheveux soigneusement relevés, il était tranquillement assis à l’accueil, lisant quelques fiches. Quand il leva enfin les yeux, il vit Masao qui le fixait, sans doute depuis un moment. Immédiatement, Chris prit sa pause et alla à la rencontre de son nouvel ami. Il prit la résolution de lui dire qui il était vraiment. Il n’eut pas le temps de dire un mot que Masao lui prit la main et la lui embrassa. Rouge comme une pivoine, Chris balbutia un bonjour presque inaudible. Ils se côtoyèrent pendant un peu plus d’une semaine et discutèrent longuement. C’était tout nouveau pour Chris qui ne connaissait que Miki. Faire la connaissance de quelqu’un d’autre était à la fois exaltant et effrayant. Il ne se lassait pas d’être avec Masao. C’était un jeune homme très intéressant. Mais il n’avait rien dit, rien laissé croire qui puisse avouer à Masao qu’il était un garçon. Il parlait même au féminin. Il en avait pris l’habitude. Masao quant à lui était totalement sous le charme de Chris. Il avait commencé à en parler à ses deux meilleurs amis.
- Dis Raph, Quand est-ce que tu nous la présente ta copine ? demanda Eiji en passant sa main dans ses cheveux noirs coupés courts.
- Ce n’est pas ma copine. On est seulement très lié, c’est tout.
- Elle est mignonne, intelligente, dis-tu, adorable, sexy… énuméra Toya, l’autre ami de Masao.
- C’est vrai mais on n’est pas ensemble.
- Oh, elle est timide ?
- Non je suis respectueux de sa personne ! répliqua Masao.
- Et comment dis-tu qu’elle s’appelle ?
- Chris.
- C’est mignon ! Si tu n’es pas avec elle je peux te la piquer ? ria Toya.

Ils continuèrent à discuter. Toya et Eiji ne cessaient de charrier Masao sur sa relation avec Chris. Et comme par hasard, ils le croisèrent dans la rue. Il portait dans ses bras un lourd paquet avec de la nourriture. Il sortait de l’épicerie.
- Ohayo ! s’exclama-t-il.
- Salut Chris, sourit Masao. Je te présente Namaru Eiji et Fuyuko Toya, mes deux meilleurs amis.
- Enchantée ! fit Chris dans son plus beau sourire. Alors, à demain, Masao !
- A demain…

Il s’éloigna alors et on commenta son allure.
- Wouah ! s’exclama Eiji. Quel joli petit lot !
- Elle serait parfaite avec un peu plus de poitrine ! ajouta Toya.
- Mais elle n’en a même pas besoin pour plaire ! continua Eiji. Tu es sûr qu’il n’y a rien entre vous ? Parce que je la veux bien moi…
- Non, pas touche, elle est prise, répliqua Masao en lui donnant une tape dans le dos.

Un mois passa et Masao et Chris continuèrent à se voir, à faire des sorties ciné, quelques balades… Miki s’inquiétait de plus en plus pour son petit frère, d’autant plus qu’il n’avait plus du tout l’intention de lui dire la vérité.
- Je crois que tu fais une énorme erreur, lui dit-il. Plus tard tu repousseras l’échéance, plus l’impacte de la révélation lui fera mal. Ça risque de tourner à la tragédie.
- Tu ne crois pas que je n’en ai pas conscience ? J’en ai du mal à dormir je te signal. Je sais que je suis dans le tort. Et je sais que je suis plus qu’une amie pour lui et qu’il aimerait bien aller plus loin.
- C’est pour ça que j’ai peur.
- Tu prends trop soin de moi, Miki. Je ne veux pas être un poids !
- Voyons Chri-chan, répondit-il en le serrant contre lui, si je ne suis pas là, qui prendra soin de toi ?
- Et je ne t’en remercierai jamais assez… murmura Chris en fermant les yeux et en se blottissant contre son ami.
- Petit frère…

Un soir, en rentrant d’une soirée cinéma, Masao raccompagna Chris jusqu’à chez lui. Il resta sur le palier, prolongeant les au revoirs et les bonnes nuits.
- C’était une soirée très agréable que j’ai passé en ta compagnie, je te remercie.
- Mais c’est toi qui m’a invitée, répondit Chris dans un murmure. C’est à moi de te remercier.
- Alors bonne nuit.
- Bonne nuit et à demain.

Sans qu’il ne s’y attende, Masao le prit par la taille et l’embrassa tendrement. Il se laissa faire et lui rendit son baiser. Il se retrouva perdu entre des émotions folles. Il ne voulait pas lui faire du mal. Il était un peu trop tard pour dévoiler le malentendu. Il ne savait pas quoi faire. Il était totalement amoureux de Masao, qui était également fou de lui, enfin, de son côté féminin. Miki avait raison. Il avait attendu trop longtemps. Il prit un peu peur de tout ça, lui qui ne voulait pas entamer une telle relation. Alors qu’il se laisser transporter par ce baiser, Masao lui lâcha les lèvres et murmura à nouveau « bonne nuit » avant de s’en aller.
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 11:28

Wouuuuuh !!!! Sympa tout ça !! a quand la suiiiiiiiiite ???? Bravo

~~~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~~~
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 12:54

oula ^^
merci bien ^^

-----

Chris ferma lentement la porte et s’adossa à elle, une main sur la bouche. Comment allait-il s’en sortir maintenant ? Ils passèrent beaucoup de temps ensemble comme un heureux couple. Eiji et Toya étaient des gars sympathiques qui avaient très bien accepté Chris. Le mieux pour lui c’était qu’ils le voyaient comme une fille. Mais il savait que cela ne durerait pas. Alors il en profitait un peu. Il aimait les baisers de Masao. Il se sentait si bien quand il le serrait dans ses bras. Ils étaient devenus de plus en plus proches et de plus en plus complices. Masao savait qu’il avait enfin trouvé la personne qui le complétait, son âme sœur.
- Et quand est-ce que tu vas me présenter cette si jolie fille qui te plait tant ? demanda Mamoru Sayaku, le père de Masao, un mois après.
- Papa, je ne veux pas aller trop vite…
- Alors je n’ai pas le droit de la rencontrer ? Je ne vais pas te la manger, mais tu m’en parles tellement… j’ai l’impression qu’elle n’a aucun défaut, qu’elle est la femme parfaite… je veux m’en assurer, Masao.
- Je lui en parlerai alors, répondit-il en rougissant.

Le lendemain, vers dix-sept heures, Masao partit chez son amour pour passer la soirée ensemble. Il arrivait un peu plus tôt que prévu et vit Chris, accoudé à une barrière en ferraille devant son immeuble. Un jeune homme roux le rejoignit et était un peu trop collé à lui selon Masao. Il le serrait dans ses bras et malgré lui, le brun ressentit de la colère. Il s’approcha un peu. Ils ne l’avaient pas vu et continuaient de parler.
- Je dois y aller maintenant, je t’adore mon bébé.
- A demain Miki, passe une bonne soirée…

Miki lui sourit et l’embrassa sur le front. Masao se précipita sur lui et le colla contre le mur.
- Masao ? ! s’exclama Chris.
- Ne la touche pas !
- Eho ! fit Miki dans un nouveau sourire. Ne t’excite pas comme ça !
- Lâche-le Masao, intervint Chris.
- Tu…
- Tu es jaloux, coupa Miki. Comme c’est mignon ! Mais je n’ai pas le temps pour toi malheureusement, je regrette. Je ferai ta connaissance plus tard. Bye Chri-chan !
- Toi, tu…

Miki s’éloigna en allumant une cigarette. Chris regardait Masao avec déception. Sans dire un mot, il rentra dans l’immeuble pour revenir dans son appartement. Masao le suivit. Un long silence s’installa, puis Chris lui murmura :
- Miki est un être très cher à mes yeux. Il est peut-être spécial, mais je l’aime.
- Tu… ?
- Pas dans le sens où tu le vois ! Bon, je vais me préparer pour notre soirée. Attend-moi.

Masao était gêné. Il ne savait pas quoi faire. Il restait plongé dans ses pensées quand Chris s’assit à côté de lui sur le canapé.
- Dire que je voulais te présenter mon père…
- Quoi ?
- C’est trop tôt ? Tu ne veux pas ?
- C’est… soudain… quand ?
- Demain ?
- Ah… je n’y vois aucun problème !

Dans un sourire, Masao l’embrassa dans le cou.
- Et toi, quand me présenteras-tu les tiens ?
- Je… je n’ai pas de parents.
- Ah… rougit-il, encore plus gêné. Je suis désolé.
- Tu n’as pas à l’être. Ils sont encore en vie. Seulement… ils m’ont un peu reniée.
- Quoi ?
- Je n’étais pas l’enfant qu’ils auraient voulu. Ils voulaient que je sois différent… e. Alors, ils m’ont mis à la porte. J’avais douze ans.
- Si tôt… comment ont-ils pu ? Tu es leur fille !

Chris baissa les yeux. C’était justement cette féminité qui était la cause de tout ça.
- Je les ai déçus…
- Tu es tellement adorable, si mignonne… franchement je ne les comprends pas ! s’indigna Masao en posant un doigt sur la joue de Chris.
- Ils voulaient quelqu’un de plus sérieux, de plus responsable…
- Tu es tout ça.
- Je me suis retrouvée toute seule, dans la rue. Et Miki m’a sauvée. On se connaissait déjà avant mais là on s’est rapproché. On n’a peut-être pas le même sang mais c’est mon grand frère. On s’est retrouvé tous les deux. Il avait dix-sept ans. Et après avoir enchaîner boulots sur boulots, il a dû vendre son corps pour pouvoir subvenir à nos besoins. Je suis la seule personne qu’il protège comme ça, qu’il aime. Je lui dois tout. Sans lui, on m’aurait sans doute retrouvée morte dans un caniveau…
- Et je me suis comporté comme un imbécile… Il faudra que je lui présente mes excuses, je me suis montré lamentable, n’est-ce pas ?

Chris se blottit contre lui dans un sourire.
- C’était plutôt mignon de ta part. Je me suis sentie flattée !
- Je t’aime tant…
- Moi aussi je t’aime.

Il l’embrassa tendrement avant de se lever pour commencer leur soirée, main dans la main. En sortant du restaurant pour se rendre au cinéma, Masao reparla de son père.
- Il a l’air assez impressionnant mais il n’est pas méchant. Il est très carré peut-être mais il a de l’humour. Ne t’inquiète pas.
- Mais je ne m’inquiète pas. Qui cherches-tu à rassurer ? Moi ou toi ?

Masao eut un petit rire et reprit la parole.
- Sinon, tu envisages de porter quoi ?
- Euh… hésita Chris. Et bien, comme d’habitude, non ?
- J’aurais bien aimé te voir en robe !
- En robe ?

Chris rougit et hocha la tête pour chercher une excuse.
- Je n’aime pas trop porter des robes et des jupes…
- Mon père aime beaucoup les femmes habillées ainsi.
- Mais j’espère plaire à ton père telle que je suis, Masao, répondit Chris en lui prenant la main.
- Tu as raison. Je fais de ce dîner une fixation.

Ils s’embrassèrent avant de reprendre leur route vers le cinéma. Tard dans la soirée, Masao le raccompagna dans son appartement et se quittèrent sur le palier, comme à leur habitude. Le jeune homme se retenait à ne pas chercher à aller plus loin et Chris en était satisfait. Il était tombé sur un quelqu’un de sérieux et de sincère. Le lendemain, vers dix heures du matin, le jeune homme si efféminé entra dans l’appartement de Miki sans frapper. Il ne fermait jamais à clé, pourtant à cette heure-ci il dormait. Chris le secoua un peu pour le réveiller.
- Hmmm… Quoi ? fit-il d’une voix pâteuse.
- J’ai besoin de ton aide !
- P’quoi faire… ?
- Il me faut des robes !
- Des… quoi ? s’étonna Miki en s’asseyant vivement.
- Ce soir je vais dîner avec Masao et son père. Il faut que je sois présentable !
- En robe ? Tu es fou mon vieux !
- Mais… s’il te plaît, supplia Chris les yeux embués de larmes.
- D’accord… céda Miki. Allons faire les boutiques.

Ils firent les magasins toute la matinée et choisirent plusieurs motifs de robes. A midi, ils s’arrêtèrent dans une cafétéria avant de rentrer chez Chris pour les essayer. Il s’enfermer dans la salle de bain tandis que Miki s’installa dans son fauteuil. Chris avait besoin de son avis pour ses goûts esthétiques. Il apparut alors dans une robe blanche assez longue et ample au jupon mais qui moulait affreusement la poitrine. Miki grimaça.
- Bien, si tu aimes les planches à pain… ça met trop ta poitrine absente en valeur… tu arrives à ressembler à un garçon dans une robe. Je n’aurais jamais cru…
- Kiaaaa ! Je vais en essayer une autre !

Il se précipita dans la salle de bain et ressortit quelques instants après portant une robe noire, beaucoup plus courte que la première. Elle lui moulait les cuisses et les fesses. Miki se retint de rire.
- Là ce n’est plus la poitrine qui est mise en valeur, mais autre chose, si tu vois ce que je veux dire !
- Arrête de te moquer de moi ! rougit Chris en s’enfermant à nouveau.

L’air boudeur, il sortit avec la troisième robe. Miki se figea un instant, les yeux grands ouverts. Elle était bleue pâle et assez ample, tombant à une dizaine de centimètres sous les genoux. Pas trop décolletée, elle avait du tissu en plus sur la poitrine, ce qui cachait son absence et faisait de Chris une jeune femme mystérieuse au profil d’une poupée de porcelaine. Elle n’avait pas de manches et accentuait le côté féminin du jeune homme qui rougit à nouveau en voyant la tête de Miki. Celui-ci était totalement sous le charme.

« Tu es… magnifique, conclut-il. Ne cherche plus, c’est cette robe-là que tu vas porter. Maintenant, la coiffure ! »

Miki adorait coiffer Chris. Il le faisait tout le temps. S’il avait pu continuer ses études il serait devenu coiffeur styliste tellement il était doué. Et d’après lui, la chevelure de Chris était une bénédiction dans tout le monde capillaire. Il lui releva les cheveux et fit un chignon, laissant libres plusieurs mèches qui bouclaient et qui lui tombaient sensuellement sur les épaules et le dos. Il était dix-huit heures. Dans une heure, Masao serait sur le pas de la porte.
- Il reste quelques petits détails à fignoler… ajouta Miki. Passons au maquillage !
- Tu crois ?

Il avait apporté une trousse remplie de produits de beauté. Comment s’en servait-il ? Chris ne l’avait jamais su. Il fit quelques essais puis trouva la touche idéale. Quelque chose de pas trop voyant ni transparent. Chris se regarda dans le miroir et se surprit lui-même.
- Par chance, tu t’es percé les oreilles, continua Miki en sortant une paire de boucles d’oreilles longues en or.
- Euh… oui…
- Voilà ! s’exclama-t-il après avoir mis les bijoux. Tu es parfaite ! Tu es magnifique, trop belle ! Je tomberai presque amoureux de mon petit frère ! Aaaaaah… j’avais toujours rêvé de te métamorphoser en femme ! Mais on peut continuer en mettant du rembourrage dans un soutient…
- Non ! Merci, mais ça ira comme ça !

La sonnerie retentit et Chris sursauta, inquiet. Miki le rassura de sa voix douce et alla ouvrir. Masao fut surpris de le voir et rougit de honte.
- Je… commença-t-il. Je vous présente mes excuses pour hier.
- Ce n’est pas grave ! Entrez ! Mademoiselle vous attend !

Masao franchit le seuil de la porte et Chris sortit de la salle de bain, visiblement gêné. Le jeune homme eut à peu près la même réaction que Miki lorsqu’il le découvrit. Il se sentit plus que jamais amoureux. Il le serra dans ses bras et l’embrassa tendrement.
- Passez une bonne soirée ! s’exclama Miki en faisant un signe de main.
- Merci, murmura Chris.
- Vous aussi, ajouta Masao en offrant son bras à sa compagne. Viens, sinon on va être en retard, ce qui déplait à monsieur mon père.
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 12:56

Miki adressa un clin d’œil à Chris qui s’éloigna. Une voiture noire les attendait. Durant le trajet, Chris se remit en question. Il allait être présenté au près de Masao. C’était donc une histoire sérieuse. Et une histoire sérieuse menait toujours deux amoureux aux révélations. Il songea comment Masao réagirait-il s’il apprenait qu’il était en réalité un garçon. Il se sentirait trahi, déshonoré… il souffrirait… Ce que Chris ne supporterait pas. Masao vit qu’il était mal à l’aise, alors il posa sa main sur sa cuisse et lui murmura tendrement qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Chris le rassura d’un sourire forcé. Il risquait de détruire l’être qu’il aimait le plus au monde à cause d’un détail assez important dans une telle relation. Il paniqua.
- Chauffeur… dit-il d’une voix tremblante. Arrêtez la voiture !
- Quoi ? fit Masao. Chris !
- Arrêtez la voiture ! répéta-t-il en s’avançant vers les sièges avant.

Le chauffeur obéit et aussitôt Chris ouvrit la portière et s’enfuit. Masao le rattrapa par le bras.
- Qu’est-ce qu’il te prend ?
- Je ne peux pas !
- Mais pourquoi ?
- Je suis désolée, mais… tu ne me connais pas assez ! Tu ne sais pas qui je suis ! Cela va trop vite et…
- Qu’est-ce que tu racontes ? Comment ça je ne te connais pas ? Explique-toi ! Tu ne vas pas m’annoncer que tu es une meurtrière en puissance ?
- Non mais…
- Alors ?
- Je ne peux pas…

Masao le serra contre lui tendrement.
- Je comprends. Tu as beaucoup souffert…
- Oui c’est vrai… pensa Chris. Mais ce n’est pas ça…
- Mais je te promets que je ne te ferai jamais de mal. Je serai toujours là pour toi. Je t’aime.
- Je n’ai pas peur que tu me fasses du mal. J’ai peur que ce soit moi qui t’en fasse.
- Pourquoi m’en ferais-tu ? Tu m’aimes, n’est-ce pas ?
- Bien sûr que je t’aime mais… il y a quelque chose que…
- Alors pourquoi hésiter, Chris ? Ce n’est qu’un dîner, ne t’inquiète pas. Je serai là. Allez, viens…

Ils remontèrent dans la voiture et reprirent la route. Ils arrivèrent à la demeure du père de Masao : Sayaku Mamoru. Masao venait y dormir quelque fois, mais il avait son propre appartement qu’il partageait avec Eiji et Toya. Ils sonnèrent et on ouvrit quelques instants plus tard.
- Pardonne-nous d’être en retard, dit Masao.
- Ce n’est pas grave, répondit Sayaku en posant ses yeux sur Chris. Cela valait la peine d’attendre. Vous êtes en beauté ce soir, mademoiselle Taori.

Il lui fit le baisemain puis il entrèrent. Ils s’installèrent sur la table bien présentée tandis que des personnes étaient là pour faire le service, comme dans un restaurant.
- Alors, Masao m’a dit que vous travaillez dans une bibliothèque.
- Oui, je suis à l’accueil et j’enregistre les livres empruntés et rendus. Mais avant j’enchaînais les petits boulots.
- Quels genres ?
- Distribution de journaux, porte à porte… mais maintenant j’ai une situation stable.
- Tant mieux. Mais vous êtes très jeune.
- J’ai arrêté mes études quand j’ai eu mon examen de dernière année de lycée. Je ne pouvais pas continuer. Je devais subvenir à mes besoins.
- Vous êtes une personne très courageuse. La vie n’a pas dû être facile.
- Heureusement que j’avais un frère. Et maintenant j’ai rencontré Masao. Je suis tellement heureuse…
- Je comprends.

Ils discutèrent longuement. Sayaku avait très envie de connaître la femme amoureuse de son fils. Finalement cet homme n’était pas si terrible qu’on le disait. Ils avaient passé une bonne soirée. Masao raccompagna une nouvelle fois Chris chez lui. Il s’apprêtait à partir quand il le prit par la taille malgré lui et l’embrassa passionnément. Il avait envie d’ « elle ». Ils se traînèrent dans la chambre et Masao le colla contre le mur et lui baisa la gorge.
- Non arrête… murmura Chris, sentant le danger.
- Pourquoi ? fit Masao dans un souffle en posant sa main dans celle de Chris qui était contre le mur. J’ai envie de toi…
- Pas ce soir, Masao…

Mais Chris ne résistait pas aux baisers de son amoureux. Celui-ci passa sa main sous la robe et lui caressa tendrement la cuisse. Chris tenta de reprendre le dessus.
- Non arrête, je ne veux pas…
- Tu ne veux pas ?
- Non, s’il te plaît. Pas ce soir.

Masao lâcha Chris et se confondit en excuse. Pour lui faire comprendre que ce n’était pas grave, il l’embrassa.
- Bonne nuit mon amour.
- Bonne nuit, je t’aime.

Mais Chris n’alla pas se coucher. Il se précipita pour enlever sa robe et défaire sa coiffure et son maquillage. Il se regarda dans le miroir avec honte. Il se dégoûtait lui-même. Il ne savait pas combien de temps il réussirait à repousser Masao. Il le comprenait un peu. Chris aussi avait envie de passer une nuit avec lui. Mais il ne pouvait pas. Masao ne savait pas…

Quelques heures plus tard, vers deux heures du matin, Miki frappa à la porte et ouvrit avant que Chris ne vienne. Il le découvrit dans le salon… avec stupeur. Il portait un pantalon de cuir avec des chaînettes autour de la taille. Il avait aussi une veste noire sur les épaules et avait attaché ses cheveux en un catogan. Il regardait Miki d’une telle manière qu’il n’avait plus rien de féminin.
- Alors ? demanda-t-il.
- Ben… euh… ça te va bien… mais… balbutia Miki. Franchement va te coucher.
- Bonne idée !

Deux semaines passèrent. Chris et Masao vivaient comme un heureux petit couple. Masao envisageait sérieusement son avenir avec lui et présageait de prendre un appartement pour tous les deux. Chris ne disait pas un mot. Il ne savait pas quoi faire. Malgré le bonheur qu’il éprouvait auprès de ce garçon, il se sentait perdu. Ils étaient ensemble depuis un peu plus de quatre semaines et se connaissait depuis deux mois, et Masao croyait toujours que Chris était une femme. Eiji et Toya commençaient à trouver le comportement de la copine de Masao un peu étrange. Ils commençaient à se méfier. Masao quant à lui fit plus ample connaissance avec Miki. Il le trouvait sympathique et intéressant, et les deux hommes s’appréciaient. Miki était satisfait de voir que le jeune homme était sincère dans ses sentiments et il savait qu’il prendrait bien soin de son petit frère… sauf qu’il s’inquiétait car l’inéluctable était très proche. On avait beau avoir des sentiments très purs à l’égard d’une personne, un homme reste un homme, et il a des besoins… Un soir, au retour d’une soirée, Masao se laissa à nouveau emporté par ses désirs et ses sentiments, et Chris ne pouvait rien y faire non plus…

Doucement, Masao l’allongea sur le lit. Une main posée sur sa hanche, l’autre serrant étroitement celle de Chris, il jouait avec les lèvres qu’il aimait tant. En vain, Chris essayait de prendre le dessus sur ses désirs pour pouvoir repousser Masao. Mais son cœur lui criait haut et fort de se laisser faire, tout en sachant que c’était la meilleure, ou la pire, façon pour Masao de découvrir la vérité. Avec des gestes lents, il dégrafa le jean de Chris qui émit une plainte. Son esprit n’eut pas le temps de se préoccuper de s’empêcher l’inéluctable étant donné qu’il était fixé sur les caresses onctueuses que son amour prodiguait sur ses cuisses et son langoureux baiser irrésistible. Celui-ci colla alors son bassin contre celui de Chris et sentit quelque chose d’étrange contre lui. Il ne lui lâcha les lèvres mais fronça légèrement les sourcils. Il délaissa la main de son aimée et lui parcourut la poitrine. Au fond de lui, Chris savait qu’il était découvert mais il n’abandonna pas pour autant. Il enserra la taille de Masao de ses bras et passa une jambe sur celle de son amant pour le coller encore plus contre lui. Masao n’eut plus aucun doute à présent. Il délia vivement ses lèvres de celles de Chris et s’éloigna de lui, lui lançant un regard horrifié. C’était fini… Chris le savait. Il s’assit lentement et posa sur l’homme qu’il aimait tant un regard à la fois tendre et désolé. Ils se fixèrent ainsi pendant de longues secondes, puis, ne supportant plus l’air trahi et consterné de celui qui lui faisait face, Chris baissa les yeux et s’apprêta à parler. Mais ce fut la voix de Masao qui rompit le lourd silence.
- Tu… tu es un garçon… Chris… comment as-tu pu m’embobiner à ce point ?
- Crois-moi, je voulais tout te dire depuis le début, mais plus les jours passaient, plus il était difficile pour moi de te révéler la vérité à mon sujet.
- Pourquoi ne l’as-tu pas dit tout simplement le premier jour ? s’exclama Masao d’une voix suraiguë. Cela aurait évité… tout ça…
- Dès le début tu m’as pris pour une fille. Tu me faisais des avances en tant que telle. Je ne savais pas quoi répondre ! Et je retardais l’échéance, toujours repoussée au lendemain…
- Il t’a fallu combien de temps pour mettre au point une excuse aussi bidon ?
- Je…
- Pourquoi ? Tu y prenais du plaisir à tout ça ?
- Parce que je savais que si tu apprenais que j’étais un garçon, tu m’aurais repoussé comme tu le fais maintenant ! cria Chris, la gorge nouée. Et plus le temps passait moins je ne pouvais l’accepter et le supporter !
- Et tu n’as pas pensé à moi dans tout ça ? Tu me dégoûtes… Tu savais bien que tôt ou tard on en arriverait là ! Comment as-tu pu me faire ça, me mentir ? Il me semble que j’avais le droit de savoir ce tout petit détail !
- Masao, tu…
- Ne prononce plus jamais mon prénom… marmonna-t-il, menaçant. Est-ce clair ?
- Je… je ne voulais pas te faire du mal… murmura Chris qui sentit une larme couler sur sa joue.
- C’est trop tard, répondit l’autre, le regard furieux comme s’il avait devant lui un être répugnant. Je te félicite… Tu as eu ce que tu voulais…
- Non ! C’est faux ! Masao, je…

Il s’approcha de lui et avança sa main pour le toucher mais son compagnon le frappa.
- Ne me touche pas ! Ne t’approche pas de moi, erreur de la nature ! Et ne me regarde pas comme ça. Te devrais avoir honte ! Tu me donnes envie de vomir ! Je ne peux plus supporter ta présence ! Je ne veux plus te voir ! Reste loin de moi ! Va au diable !
- Masao ! !

Il se précipita vers la sortie pour ne plus jamais revenir. Chris se leva en tremblant et tenta de le suivre mais c’était comme si un mur invisible l’empêchait de franchir le seuil de la porte.

« Masao ! ! ! ! ! ! ! »

Au ralenti, il alla dans le salon, l’esprit ailleurs et tomba à genoux devant la fenêtre d’où il put le voir entrer dans sa voiture et s’enfuir sans demander son reste. « Erreur de la nature »… c’était ainsi que ses parents l’avaient appelé avant de le chasser de chez eux. Le scénario se répétait à nouveau. Chris ne sanglotait pas, perdu dans le vide. Les heures s’écoulèrent lentement. Masao arriva chez lui en claquant les portes.
- Tu es déjà entré ? s’enquit son père. Je croyais que tu passais ta soirée avec Chris ?
- Ne prononce plus jamais son nom ! hurla-t-il. Je ne veux plus entendre parler de lui !
- Lui ? répéta Namoru. Comment ça ?
- C’est un mec ! répondit Masao avant de s’enfermer dans sa chambre.

Il était six heures du matin quand Miki rentra de travail. Quand il passa devant la porte de Chris, il fut étonné qu’elle soit grande ouverte. Il entra, quelque peu inquiet.

« Chris ? Où tu es ? »
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 12:59

Il le vit alors, agenouillé devant la fenêtre, l’air horrifié et rempli de remords. Il était resté ainsi toute la nuit et il semblait trop en état de choc pour sentir la fatigue. Miki s’agenouilla à ses côtés. Chris n’avait pas besoin de le dire. Il comprit que Masao avait découvert la vérité et qu’il l’avait plutôt mal pris. Le jeune homme se contenta de poser un main sur l’épaule tremblante de son petit frère pour le consoler tout en sachant que c’était impossible. Chris eu un hoquet de sanglot.
- Non, ne pleure pas… reste calme…
- Je l’ai perdu…
- Voyons mon ange… murmura Miki en le serrant contre lui. S’il savait ce qu’il perdait…
- Qu’est-ce que j’ai fait ? Comment ai-je pu le faire souffrire autant ? Suis-je aussi monstrueux ?
- Ne dis pas de bêtise ! Je t’interdis de dire de telles choses, mais comment croyais-tu qu’il allait le prendre ?
- Oh mon dieu…

Il commença à suffoquer sous les larmes et le chagrin. Et plus il suffoquait, plus il avait peine à respirer. Il étouffait, et ne fit rien pour se calmer.
- Arrête ça ! s’écria Miki. Tu sais très bien comment ça te fait quand tu pleures comme ça !
- Je… peux… pas… m’a… rrêter… Mi… Mi… ki…
- Calme-toi, regarde le plafond ! s’exclama le rouquin en le faisant basculer en arrière. Inspire par le nez, expire par la bouche ! Calme-toi !

Tout d’un coup, Chris, le visage en sueur, cessa de respirer. Il ouvrit les yeux en grand, horrifié. Miki lui prit la main et lui parla doucement.

« Calme-toi… allez… respire… calme-toi… tu es fort, tu vas y arriver ! »

Chris prit le dessus sur lui même et inspira une longue bouffée d’air par le nez, et malgré quelques suffocations il parvint à l’expirer.
- C’est bien… continue…
- Mi… ki…
- Ne parle pas, dit-il en essuyant les larmes. Allez, respire lentement.

Peu à peu, Chris redevint serein et s’endormit dans les bras de son grand frère. Celui-ci l’emmena dans sa chambre et l’allongea dans son lit, visiblement très inquiet. Il resta là, à le veiller. Il n’eut pas à attendre beaucoup. Quelques heures après, Chris daigna enfin ouvrir les yeux. Miki s’assit à côté de lui en lui passant sa main dans ses cheveux.
- Hey… comment te sens-tu, Chri-chan ?
- Affreusement mal…
- Je ne te dirai pas que je ne t’ai pas prévenu mais…
- Tu viens de le faire, coupa Chris d’une voix lointaine.
- Dis-moi ce qu’il s’est exactement passé, ce qu’il t’a dit.
- Je le dégoûte… il ne veut plus me voir. Je suis une erreur de la nature…
- Il t’a dit ça ?

Miki poussa un long soupir exaspéré.
- Pardonne-moi, mais il fallait que tu le dises.
- Je l’ai perdu…
- Ça va s’arranger, ne t’inquiète pas.
- Non, je sais que c’est fini, répondit Chris dans un sanglot.
- Ne pleure pas.
- Il me hait. Il ne veut plus me voir. Il en souffre. Si tu savais comme j’ai honte de moi.
- Tu veux qu’on sorte prendre l’air aujourd’hui ? Tu ne travailles pas, alors…
- Non je ne veux pas.

Il passa sa journée dans son lit à dormir, sachant que le lendemain il devait aller travailler. Le lendemain, dans un bar :
- Un mec ? fit Eiji. Je le savais !
- Tu dois être effondré, dit Toya, compatissant.
- Dégoûté, oui, furieux, certainement, effondré, je ne crois pas… répondit Masao en buvant son verre.
- Tu l’aimais.
- Ne me le rappelle pas.

Le matin, Chris dut partir assez tôt de chez lui pour la bibliothèque. La propriétaire, madame Kawazu, le connaissait bien et l’aimait beaucoup, même si leur relation était d’ordre professionnel vu que le jeune homme craignait les autres. Elle savait qu’il était un garçon, et le trouvait adorable.
- Bonjour Taori, dit-elle.
- B’jour.
- Vous êtes bien pâle…
- Ça va.
- Bien, alors…

Chris s’assit sur son siège, prêt pour la journée. Plusieurs fois, il se leva pour aller aux toilettes. Kawazu l’entendait vomir à chaque fois et s’inquiétait.
- Vous n’êtes pas malade ?
- Non.
- Vous devriez rentrer chez vous.
- Je vais bien !

Quelques instants plus tard, quelqu’un se planta devant Chris qui leva peu à peu les yeux. C’était Mamoru Sayaku.
- Comment as-tu osé ?
- Ecoutez, je…
- Ne t’approche plus de mon fils, ni de ma famille.
- Qu’y a-t-il ? intervint Kawazu.
- Savez-vous que votre employé était un garçon ?
- Bien sûr.
- Et bien mon fils non. « Monsieur » Taori l’a délibérément caché. N’est-ce pas ?
- Je ne voulais pas…
- Tu ne voulais pas quoi ?
- Cela suffit, coupa la patronne. Partez monsieur. Je ne veux pas d’histoire. Laissez-le tranquille.
- Ne t’approche pas de ma famille. J’ai le pouvoir de te faire exiler de la ville. Et si tu tentes de retrouver Masao, je te tuerai. Est-ce clair ? Comment pouvez-vous accepter un tel énergumène chez vous ?

Et sur ces mots, il partit. Chris tremblait et ne pouvait pas s’arrêter. Kawazu lui conseilla de rentrer chez lui.
- Alors… vous me renvoyez ?
- Non, pas du tout. Mais vous n’allez pas bien, alors allez vous reposer quelques jours.

Chris la remercia et prit le chemin de chez lui. En route, quelqu’un le siffla dans la rue. Il n’y prêta aucune attention mais il se sentit suivi.
- Attend-moi ma belle ! fit une voix derrière lui.
- Laissez-moi, murmura-t-il sans se retourner.

Il sentit une main le prendre par le bras et on le plaqua contre le mur. Il reconnut Eiji et Toya. Il comprit alors.
- Alors ? Tu ne voulais pas nous dire bonjour ?
- Lâchez-moi…
- C’était pas sympa de ta part de faire ça à notre meilleur copain, dit Toya.
- Ça te plait tant tout ça ? De te faire passer pour une nana ?
- Je n’ai ni l’envie ni le temps de vous expliquer. Maintenant laissez-moi partir.
- Non. Je crois qu’on va te faire payer ta bêtise. T’es un mec, non ?

L’un d’eux lui donna un violent coup de poing dans l’estomac. Chris eut la respiration coupée et tomba sur le sol. Ils n’en avaient pas fini avec lui. Ils lui donnèrent successivement des coups de pied. Il n’y avait personne dans la rue. Personne n’était là pour le secourir. Au bout d’un moment, ils le laissèrent là, à terre. Chris se releva avec difficulté et reprit sa route, estimant avec tort qu’il avait mérité cela. Miki était en train de fumer à l’entrée de l’immeuble. Quand il vit Chris dans un état déplorable il le prit dans ses bras. Il lui prit la main gauche et Chris émit une plainte.
- Qui t’a fait ça ? demanda-t-il.
- Personne.
- Tu m’étonnes… tu as le poignet cassé, je t’emmène à l’hôpital. Qui t’a fait ça ?
- Eiji et Toya…
- D’accord… sympa.

Chris se retrouva avec un bras dans le plâtre et quelques ecchymoses. Il ne voulait plus sortir. Miki quant à lui était frustré de le voir comme ça sans pouvoir rien faire. Il le laissa alors quelques heures. Par chance, il trouva ce qu’il cherchait. Il tomba sur Masao, Eiji et Toya. Seul Masao le connaissait. Il s’immobilisa et fronça les sourcils.
- Hello, dit Miki.
- Que fais-tu là ? demanda Masao.
- Je voulais te voir, petit con. Je sais qu’il t’a menti et que tu dois te sentir trahi. Je comprends un peu ta réaction, et lui aussi. Mais Chris est quelqu’un de très cher à mes yeux et je ne supporte pas de vous voir comme ça, tous les deux.
- Fiche-lui la paix, coupa Eiji.
- C’est exactement ce que je voulais te dire toi ! s’exclama Miki. La prochaine fois que vous posez vos mains sur lui je ne serais pas aussi gentil !
- Quoi ?
- Tu ne savais pas Sayaku ? Tes copains se sont montrés plus intelligents que toi et, à deux contre un, l’ont sacrément amoché !
- Il l’avait mérité ! répliqua Toya.
- Non. Il avait mérité des remontrances, une discussion juste et posée, mais pas de se faire insulter ni de se faire tabasser, pauvres niais ! Chris est une personne adorable, qu’il soit homme ou femme ! J’avais tellement de trucs à te dire, j’avais préparer mes phrases, mais maintenant que je te vois, je ne peux pas.

Il s’éloigna un peu, ils se retrouvèrent dos à dos.
- Tu sais, il t’a caché qu’il était un mec. Il t’a menti sur ce point-là, d’accord, je le reconnais, et il le sait. Mais sache que c’est la seule chose. Il t’a peut-être menti pour ça, mais pas sur ses sentiments. Quand il te disait qu’il t’aimait, il était plus que sincère. Il ne voulait pas te faire du mal. Lui qui avait peur des autres, je crois qu’après ça il ne voudra pas recommencer. Il restera seul longtemps.
- Et qu’est-ce que je peux y faire ?
- Il t’a menti que pour une seule chose, répéta Miki. Mais toi ? Quand tu lui disais que tu l’aimais, est-ce que tu mentais ? Je suis en droit de me poser la question. Si tu l’aimais sincèrement, tu ne peux pas du jour au lendemain ne plus rien ressentir, ou même le haïr. Cela veut dire que tu lui ais menti sur tes sentiments, et pour moi, ce mensonge-là est pire que le sien. Ou alors, tu l’aimes encore et tu te mens à toi-même.

Il n’attendit pas que Masao réponde. Il rentra à l’appartement. Chris était assis sur son lit les bras autour des genoux et la tête enfouie dedans, se balançant d’avant en arrière.
- Où étais-tu ? demanda-t-il d’une voix tremblante.
- J’étais sorti, mais je suis là.
- Pourquoi m’as-tu laissé seul ?

Miki le prit délicatement dans ses bras, lui posant la tête contre son cœur pour le calmer. Il le berça avec douceur et fredonna une petite musique. C’était comme cela qu’il avait l’habitude de le réconforter. Peu à peu, Chris se calma et s’endormit dans ses bras. Il ne voulait plus sortir de son appartement. Il avait encore plus peur des autres qu’avant sa rencontre avec Masao. Il se repassait sans cesse les paroles qu’il avait échangé avec celui qu’il aimait après qu’il ait découvert la vérité. Il l’aimait tant. Il se sentait vide. Masao quant à lui avait du mal à dormir. Et se remettait toutes les nuits en question et malgré lui il ne pensait qu’à Chris. Les moments de bonheur qu’ils avaient partagé lui remontaient en mémoire. Il ne le supportait pas.

Un matin, devant son miroir, Chris fut pris d’une crise d’angoisse. Il dut se tenir fermement à l’évier tellement il tremblait. Plus il se regardait, plus il se dégoûtait. Pour lui, c’était une évidence : il n’était pas normal, et il semblait le faire exprès. Des larmes ruisselaient sur ses joues. Il en avait honte. Plus jamais il ne sortirait de cet appartement miteux. Plus jamais il n’irait mettre son nez dehors à vouloir rencontrer les gens. Sa gorge se noua douloureusement jusqu’à ce qu’il serra dans sa main un flacon de parfum avant de le jeter violemment contre le miroir qui explosa sous l’impacte. Le cri désespéré qu’il avait poussé résonnait encore dans la salle de bain et Chris éclata en sanglot, tombant à genoux parmi les restes tranchants de la glace, le visage enfoui dans ses mains. Il ne supportait plus. Il n’en pouvait plus. Tremblant à nouveau, il ouvrit un tiroir et en sortit une paire de ciseaux. Avec des gestes vifs et grossiers, il commença à couper, mèche par mèche, sa longue chevelure bouclée.

Vers midi, Miki entra dans l’appartement pour sa visite qui, plus que jamais, était nécessaire à son petit frère. Il n’y avait personne dans le salon, et le studio était trop petit pour qu’on puisse se cacher. Il ouvrit lentement la porte de la salle de bain et découvrit Chris, assis dans un coin, la tête contre ses genoux, des mèches de cheveux éparpillées autour de lui parmi les débris du miroir.

« Qu’est-ce que tu as fait ? » s’exclama Miki.

Chris releva la tête. L’expression douloureuse de son visage noua le cœur de Miki.
- Tes cheveux… murmura-t-il. Qu’as-tu fais ?
- Je ne voulais pas… je… répondit le jeune homme d’une petite voix. Ils sont la cause de tout ça…
- De quoi ?
- Je suis fatigué.
- Alors, ça y est. Tu abandonnes ! fit-il en s’approchant de lui.
- Je t’en prie…

Il ferma les yeux, le visage crispé.
- Tu n’es pas comme ça, Chri-chan. Toi et moi on a affronté des épreuves plus difficiles encore.
- Je n’en peux plus. J’en ai assez. Je ne veux pas que ma vie entière ressemble à ça !
- Comment oses-tu dire ça alors que tu n’as que vingt-deux ans ?
- Que veux-tu que je fasse ? demanda Chris, toujours immobile.
- Lève-toi déjà. Allez lève-toi !

Il obéit avec lenteur.
- Maintenant, on va arranger ça. Tu as fait un beau gâchis mais ils repousseront.
- Je ne veux plus les avoir longs.
- Comme tu voudras. Va dans le salon que je m’occupe de tes fesses… euh de ta tête !

Pour tenter de lui remonter le moral, Miki lui proposa de sortir faire les boutique. Chris fut contraint d’accepter. Il mit un simple pantalon noir avec un pull gris à col roulé. Il faisait un peu froid dehors ces derniers temps. Se retrouver seuls à seuls ainsi, comme avant, rendit un peu le sourire à Chris. Son ami était une personne incroyable, capable de faire passer sa bonne humeur à n’importe qui. Avec une extravagance révoltante, il commença à entonner en pleine rue les chansons de leur enfance, tout en demandant à Chris de l’accompagner. Rougissant, le jeune homme remonta son col pour mieux se cacher du comportement de Miki.
- Allons voyons, petit frère, ria-t-il. Tu commences enfin à reprendre des couleurs, ne les cache pas !
- Tu n’es pas forcé de danser non plus.
- Moi je m’amuse, au moins.
- Tu remarqueras quand même que je ne me suis jamais amusé comme ça.
- Tu prends toujours tout au sérieux.
- Il y a de quoi.

Miki passa son bras autour du cou de Chris et le rapprocha contre lui. D’un air amusé, il tenta de le dépeigner, puis il fit une moue déçue.
- Ça ne marche pas quand on a les cheveux aussi courts.
- Ça te change.

En effet Miki avait tenté d’arranger la coiffure grossièrement taillée que Chris s’était fait. Il avait à présent les cheveux très courts, de quelques centimètres, du fait qu’il avait coupé ses mèches de manière très inégales. Cela avait complètement changé son look. Il restait toujours frêle et féminin mais son visage avait l’air un peu plus masculin. Ils reprirent leur route en silence jusqu’à ce que Miki prenne la parole.
- J’ai quelque chose à faire. Tu veux bien m’attendre sur ce banc ?
- D’accord. Tu en as pour combien de temps ?
- Vingt minutes environ.

Chris eut un petit sourire et s’assit sur le banc, dos à la boutique où venait d’entrer son ami. C’était un de ces bancs doubles de la cité où les passants s’y arrêtaient pour se reposer ou pour lire le journal. C’était un lieu de rencontre comme tous les autres, convivial et même romantique parfois, dans les parcs. Chris sortit de son sac un petit livre et plongea dans la lecture. Il ne remarqua pas que trois jeunes hommes s’assirent de l’autre côté du banc. Masao pencha la tête vers l’arrière, regardant le ciel.
- Karaoke, c’est fait, murmura Eiji. Restaurant, fait, c’était franchement pas super.
- Ça nous apprendra à suivre ton programme, répliqua Masao dans un sourire.
- Très drôle. Cinéma, c’est fait.
- Vive Hollywood.
- Les quelques dialogues c’était des « ha ! ! » et des « ho ! ! » et des « argh ! ».
- Alors, dis-moi ce que tu veux faire pour occuper ta journée ! bouda Eiji.
- Dormir.
- Voyons. Un jeune homme tel que toi pendant un jour de congé sait très bien ce qu’il peut faire, non ?
- Je n’ai envie de rien.
- J’ai trouvé ! Un club de rencontre ! s’exclama Toya.

Même s’il ne trouvait pas cela drôle, Masao eut un petit rire et tourna la tête de gauche à droite. Il s’arrêta un instant sur la personne à l’autre bout du banc qui lisait silencieusement un roman. La tête plongée dans les pages, les cheveux si courts, Chris était méconnaissable, et Masao et ses amis continuèrent de discuter sans le regarder. Une demie heure passa. Une fois Chris tourna la tête sans voir les personnes qui l’entouraient avant de replonger dans son livre. Il n’y avait que ça pour s’évader de ce monde. Soudain, une voix le sortit de sa transe.
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 13:02

« Chri-chan ! C’est reparti pour la suite de la balade ! »

Miki était devant la porte d’entrée de la boutique et adressait de grands gestes à l’attention de son ami. Dans un soupir, Chris se leva et rangea son livre dans sa poche. Masao, qui avait reconnu Miki, se retourna vers Chris qui s’immobilisa, tournant son regard vers celui qu’il aimait tant. Son cœur s’arrêta un instant. Masao ne put prononcer un mot. Celui qui lui faisait face n’était pas la même personne que celle qu’il avait quitté quelques jours plus tôt. Chris avait maigri, le visage un peu plus émacié, quant à ses belles boucles… disparues. Quand Miki se rendit compte de ce qu’il se passait il prit vivement le bras de Chris et l’éloigna du banc.

« Vois ce que tu lui as fait » dit-il d’une voix assassine.

Ils partirent à vive allure, laissant les deux anciens amants abasourdis et muets. Les jours passaient lentement. Malgré tous ses efforts pour le faire sortir prendre l’air, Miki ne parvenait pas à faire réagir Chris. Depuis sa rencontre soudaine avec Masao, il refusait tout contact avec l’extérieur. Cela avait été une expérience très douloureuse. De voir son protégé ainsi, Miki avait beaucoup de peine. Il ne savait pas dans combien de temps il allait s’en remettre. Il ne pouvait rien y faire sinon lui donner son épaule pour pleurer, tant qu’il n’avait pas de crise. C’était quelque chose de très rare. Chris avait des problèmes respiratoires mais il avait réussi à surmonter tout ça. Il n’avait de crises que s’il pleurait à gros sanglots. Il pouvait avoir la respiration coupée pendant plus de trente secondes et Miki avait très peur lors de ces moments-là, mais c’était très rare.

Un soir, Miki était parti au travail, non sans s’inquiéter pour Chris qui se retrouvait seul. Cela devenait une habitude. Au bout d’un moment, le jeune homme qui souffrait tant se leva et alla dans le salon. Il regarda en hauteur, en larmes. Mais il était calme. Il semblait serein. Il avait au coin des lèvres un petit sourire. Seulement, il avait mal. De sa main, il se frappa la poitrine, sur ce cœur qui le faisait tant souffrir. Il prit des feuilles de papier et commença à écrire. Il fallait qu’il écrive quelque chose. C’était cathartique pour lui.

Masao, mon Amour…

Ses souvenirs auprès de lui revinrent dans sa mémoire et son sourire s’accentua.

J’ai été tellement heureux avec toi…

Il mordilla le bout de son stylo. Pendant ce temps, Masao qui s’était couché tôt, se releva en vitesse et s’habilla pour sortir.
- Où vas-tu ? lui demanda son père qui était dans le salon
- Je sors.
- Où ?
- Ça ne te regarde pas. Après j’irai chez Eiji et Toya

Il prit le premier taxi et il lui donna l’adresse de Chris. Il avait bien réfléchi. Tout était clair dans son esprit. Homme ou femme… peu importe. Il aimait Chris tellement… il voulait le revoir. Le toucher. Le serrer dans ses bras. L’embrasser. Et peu importe ce que les autres pouvaient en penser. Le choc de l’avoir vu… Il avait pris conscience de tout ça. Il gravit en courant les marches qui le menaient à l’appartement de Chris et frappa à la porte.

« Chris ? C’est moi ! Je sais qu’il est tard mais il faut qu’on se parle ! »

Personne. Pas un bruit.

« Chris ? Je suis revenu. C’est moi, Masao ! Ouvre je t’en prie ! »

Toujours rien. Il tourna la poignée. C’était ouvert. Il entra. Il faisait sombre. Il alluma alors la lumière du salon. Il appela à nouveau Chris. Pas de réponse. Il vit sur la table du salon deux enveloppes, l’une adressée à Miki, l’autre à lui-même. Il s’avança et vit quelque chose derrière le fauteuil. C’était Chris, allongé, inconscient sur le sol.

« Chris ! » s’écria Masao en se précipitant sur lui.

Près du corps, il y avait des tubes de médicaments. Masao comprit. Avec des gestes tremblants, il essaya de le réveiller. Il respirait très faiblement.
- Oh non ! Tu n’as pas fait ça ? s’exclama-t-il la voix brisée en prenant le téléphone et en composant le numéro des urgences. A… allô ?
- Service des urgences je vous écoute ? fit une voix féminine.
- Mon ami a avalé des trucs, euh… il… il… est évanoui !
- Quels genre de trucs ?
- Je… je ne sais pas… répondit Masao d’une voix saccadée. Des médicaments… antidépresseurs… toute une boîte… il respire encore… il a voulu en finir… il…
- A quelle adresse êtes-vous ?
- Euh… 23 rue Bara no Hime, appartement 27 au deuxième étage !
- Une ambulance arrive, ne vous inquiétez pas.
- Qu’est-ce que je dois faire ?
- Restez auprès de lui et attendez.
- D’accord…

Il raccrocha en tremblant et prit la main de Chris dans les siennes et la lui embrassa.

« Je suis revenu Chris. Tu vois ? Je ne te quitterai plus jamais… c’est fini… je t’aime… »

Il lui embrassa à nouveau la main.

« Je t’aime tant. Reste avec moi. Attend encore. Si tu savais comme je regrette. C’est moi le monstre. Ô Chris, mon Chris, pardonne-moi. Pardonne-moi. Je t’aime. Accroche-toi mon amour ! Je vais m’occuper de toi, tu verras. Allez, tiens bon ! Je t’aime… »

L’ambulance arriva quelques minutes après. Ils posèrent quelques questions à Masao.
- Depuis combien de temps est-il comme ça ?
- Je… je ne sais pas… je l’ai trouvé vers vingt-trois heures et demi…
- Très bien. Suivez-nous à l’hôpital.
- Va-t-il s’en sortir ?
- Je ne sais pas.

Miki arriva à son tour. Il avait laissé la maintenance de la boîte à son associé pour s’occuper de Chris. Il vit l’ambulance et comprit tout de suite qui avait un problème. Il vit d’ailleurs avec effroi son petit frère, totalement inconscient. Masao le suivait, d’un pas lent, tenant les lettres dans sa main. Miki accourut vers lui.
- Que s’est-il passé ?
- Il… il a voulu se suicider… avoua Masao le regard vidé.
- Quoi ?

Ils montèrent tous les deux dans l’ambulance. Masao prit à nouveau la main de Chris et pria pour qu’il s’en sorte.

« Tiens, dit-il, le dos tourné à Miki. Il t’a écrit une lettre… »

Miki avait le cœur serré. Il prit la lettre mais ne la lut pas. Masao non plus n’avait pas eu la force de l’ouvrir. Chris fut immédiatement pris en charge, tandis que Miki et Masao attendaient dans le couloir. Miki faisait les cent pas alors que Masao restait assis. Il ouvrit fébrilement la lettre et commença à la lire. Il pleura dès les premiers mots.

Masao, mon Amour…

J’ai été tellement heureux avec toi… tu es ce que la vie m’a apporté de meilleur. Dès notre première rencontre, je me suis senti tellement bien avec toi, cependant, je n’ai pas été honnête. Si tu savais comme je m’en veux… pardonne-moi. Je ne t’en veux pas pour ta réaction. Elle était tout à fait normale, je comprends. Moi-même je me dégoûte. Tous les jours j’avais peur de te perdre. Maintenant c’est fait. Je ne me supporte plus. Le monde m’est totalement indifférent. Je ne voulais pas tomber amoureux. Je savais que tu allais très mal prendre la vérité. Et pourtant… tu me manques tellement.

Tu es un homme magnifique, Masao. Je n’ai pas pu m’empêcher de t’aimer. Je ne te méritais pas. Ce que je retiens de nous n’est pas notre séparation, mais plutôt tous les bons moments qu’on a passé ensemble. Je ne me supporte pas. Je ne supporte pas de ne plus te voir. Ne t’en veux pas pour ce que je vais faire. Le problème vient de moi. Ce monde n’est pas le mien. Je ne suis pas d’ici. Je t’aime Masao, je t’aime plus que tout. Mais toi, maintenant, vis. Tu as le droit d’être heureux. Penser à moi te fait mal je le sais. Alors oublie-moi. Je vais sortir définitivement de ta vie. Ce n’est pas de ta faute surtout.

Adieu mon Masao.
Je t’aimerai toujours, où que je sois. Je rentre chez moi.
Laisse-moi partir.

Chris.


Masao fondit en larmes en froissant la lettre. Il se sentait malgré tout fautif. Si seulement… si seulement il avait été moins idiot, moins buté… si seulement il était venu plus tôt. Miki le regarda. Il ne lui en voulait pas pour ça. Il s’en voulait suffisamment lui-même. Quelques heures passèrent. Le médecin qui avait pris en charge Chris s’avança vers les deux hommes d’un air solennel. Masao se leva vivement, serrant les poings.
- Vous auriez dû rester assis.
- Comment va-t-il ? demanda précipitamment Miki.
- Je suis désolé, déclara le médecin.
- Non ! s’exclama Masao, horrifié.
- Il n’a pas survécu.
- Non ! ! Je ne vous crois pas ! !

Miki resta sur place, sentant son cœur s’arrêter. Masao se précipita dans la chambre où on avait emmené Chris. Il enleva en tremblant le drap blanc qui lui recouvrait le visage. Il lui prit la main.
- Chris ! Réveille-toi ! Je suis là ! Regarde, je suis revenu ! Ne me laisse pas !
- Masao… murmura Miki, l’air absent. C’est fini.
- Chris, ne m’abandonne pas ! Regarde ! C’est moi, c’est ton Masao ! Pardonne-moi mon bébé… je t’aime, ne me laisse pas. Reviens ! J’ai compris. J’ai été odieux. Mais j’ai ouvert les yeux… que tu sois un homme ou une femme, peu importe, tu es toi. Tu es Chris, mon Chris. Je t’aime toi, et toi seul…

Il attendait vainement une réponse. Miki s’adossa au mur et glissa, la gorge nouée.
- Chris ! ! ! ! Ne me fais pas ça ! Reviens ! ! s’écria Masao en le secouant.
- Arrête… fit Miki.
- Pourquoi ne me réponds-tu pas ? continua-t-il en larmes en l’embrassant sur les lèvres.
- Masao, dit le rouquin en se levant et en le prenant pas les épaules. C’est fini… Chris est… il est…
- Il est parti…
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 13:26

Aucun des deux ne pouvaient dire qu’il était mort. Masao s’agenouilla lentement et posa sa tête sur Chris.
- Rentre chez toi et repose-toi.
- Il a besoin de moi… répondit Masao.
- Je reste auprès de lui. Tu reviendras demain.

Masao se releva lentement. Il sortit sans dire un mot et prit un taxi. Il ne voulait pas rentrer chez son père alors il alla à son appartement. Eiji et Toya n’étaient pas couchés.
- Ton père a appelé ! Où étais-tu ? demanda Toya.
- Nul part…
- Tu es bizarre… murmura Eiji en voyant la mine à la fois déchirée, sombre et absente de Masao. Que s’est-il passé ?
- Tu as revu ce Chris ? s’exclama Toya.

En entendant ce nom, Masao releva vivement la tête, l’air horrifié.
- Qu’est-ce qu’il t’a fait ? fit Eiji en le prenant par les épaules.
- Laissez-moi…
- Pourquoi t’es allé voir cet énergumène ? continua Toya.
- Tais-toi…

Il s’adossa au mur et glissa, le cœur serré. Eiji vit la lettre et la prit. Il ne comprenait pas. Quelqu’un entra dans l’appartement. C’était Mamoru.
- D’où viens-tu ? questionna-t-il sévèrement.
- Il a été voir Chris.
- Quoi ? Masao, tu…
- Taisez-vous… répondit-il dans un souffle.
- Je vais faire sa fête à cet…
- La ferme ! ! ! s’écria Masao en prenant son père par le col. Ne parle plus jamais de lui dans ce ton-là ! Recommence et je te tue, est-ce clair ?
- Que s’est-il passé ? demanda Eiji.
- Il est parti… pleura Masao. Il… il ne supportait plus tout ça… Il avait mal… il… il est… Chris… mon Chris est…

Il tomba à genoux sur le sol.
- Je suis allé le voir. Je l’aime tellement. Je ne pouvais pas le laisser tout seul… je suis arrivé trop tard…
- Comment ça ? fit Mamoru en prenant son fils par les épaules.
- Il est… Chris est mort !

Il hurla tellement il avait mal. Les trois autres se sentirent très mal. Miki était resté à l’hôpital et ouvrit à son tour la lettre de Chris. Il le remerciait pour tout et lui disait qu’il l’aimait, son grand frère. Il lui demandait également d’être heureux et de vivre. Mais c’était difficile pour le rouquin de penser à ça alors qu’il avait perdu l’être qui lui était le plus cher au monde. Il s’approcha d’un téléphone et composa un numéro.
- Résidence Taori, j’écoute ? fit une petite voix.
- Asuka ? C’est Miki…
- Miki ? Ça alors ! Comment vas-tu ? Comment va Chris ? Il est avec toi ?
- Ton père est là ? continua Miki d’une voix absente.
- Euh… oui… je te le passe… qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- Passe-le moi…
- Papa ! C’est Miki Watanabe !
- Qu’y a-t-il ? fit la voix de Taori, un peu tendue après avoir entendu le nom de Miki.
- C’est à propos de votre fils…
- Je n’ai pas de fils, et je ne veux pas savoir, répliqua Taori sèchement tandis qu’Asuka mit le haut parleur.
- Vous devez m’écouter. Il s’est passé quelque chose… vous devez le savoir. Chris est… votre fils est mort, monsieur.
- Quoi ? fit Asuka, ne pouvant y croire.
- Comment ça ? Si c’est une idée pour qu’on aille le retrouver c’est…
- Je n’ai pas le cœur à rire, monsieur Taori. Votre fils s’est suicidé en avalant toute une boîte d’antidépresseurs, et nous n’avons pas pu le sauver ! Il vous a adressé un mot… il ne vous en a jamais voulu, et il vous a toujours aimé.
- Il…
- Il s’en voulait de vous avoir déçu, à cause de sa façon d’être. On l’enterre dans deux jours. Venez lui dire au revoir. Pour lui, votre fils. Il est au funérarium de l’hôpital Saint Anne. A bientôt, monsieur Taori.

Il raccrocha, alors que chez les Taori, le temps s’était comme arrêté. Asuka regardait son père comme s’il était le responsable tandis que la mère s’était immobilisée.
- Qu’est-ce qu’on fait encore ici ! s’exclama la jeune fille de quinze ans. Sors la voiture et partons pour Tokyo !
- Je n’ai pas l’intention d’aller le voir, Asuka ! répliqua Taori. Et ça suffit !
- Pendant dix ans tu m’as empêchée d’aller voir mon grand frère pendant qu’il était encore en vie ! Tu ne pourras pas m’interdire d’aller lui dire au revoir maintenant qu’il est mort ! Je te déteste ! Tout est de ta faute !

En larmes, elle monta dans sa chambre et sortit de sous son oreiller la seule photo qu’elle avait réussi à garder de son frère. Ils étaient heureux à l’époque. Elle avait cinq ans, lui douze. Plus jamais elle ne pourrait le revoir. Le lendemain, Miki se rendit à la bibliothèque où travaillait Chris pour l’annoncer à la patronne. C’était la deuxième fois qu’il disait de vive voix qu’il était mort. Il avait réussi à voir la réalité en face. Juste après, il se rendit au funérarium, habillé d’un costume noir. Masao était là, dans le couloir, l’air absent. Ils attendirent. Trois personnes arrivèrent. Miki murmura à Masao que c’était les parents de Chris. Le jeune homme brun ne répondit pas. Miki se leva. Asuka se jeta dans ses bras. Elle avait tellement grandi depuis tout ce temps. C’était une jeune fille magnifique et ressemblait énormément à Chris.

« Masao, va le voir, il faut que je parle aux Taori. »

Masao se leva en silence et entra dans la chambre mortuaire. Chris était habillé tout en blanc. Il semblait dormir.

« Regarde-toi… murmura-t-il. Tu es si beau mon ange… et tu le resteras à jamais. Je t’aimerai toujours. Je trouve la vie si injuste, tu ne trouves pas ? Alors que j’étais revenu vers toi, elle t’a arraché à moi, pour toujours. Plus jamais je ne t’embrasserai. Plus jamais je te serrerai dans mes bras. Plus jamais je ne verrai le si beau vert de tes yeux. Tout est à jamais fini. Je ne veux pas oublier ton visage. Je ne l’ai pas assez regardé ! Alors, au revoir mon Amour, et à bientôt. Attend-moi là où tu es. »

Miki s’adressa à Asuka.
- Il n’a jamais cessé de penser à toi. Il t’aimait tant, tu lui manquais. Il avait toujours une photo de toi à portée de main. Il t’a laissé un mot.
- Je voulais… je me disais que quand je serai majeure, je quitterai la maison et viendrai retrouver Chris. Mais je ne peux plus maintenant, n’est-ce pas ? dit-elle en prenant le mot, les larmes coulant sur ses joues.
- Je suis désolé.
- Il ne faut jamais attendre quand on aime. On risque de perdre beaucoup…
- Va le voir, Masao sort.

En effet, le jeune homme ne supportait plus de voir celui qu’il avait perdu à jamais. Asuka se tenait devant lui et il daigna enfin la regarder. Il n’aurait pas dû. Son cœur s’arrêta un instant.
- Chris ? fit-il d’une petite voix.
- Non, répondit Miki en le prenant par le bras. C’est Asuka, sa petite sœur.
- Mais…
- Ecoute… Chris ne veut pas que tu sois malheureux.
- Il n’a pas su que j’étais revenu vers lui…
- Moi je suis sûr qu’il le sait. De là où il est, il veillera sur toi !
- Epargne-moi ce genre de discours, s’il te plaît.
- Il te demande d’être heureux. Tu dois vivre. Vivre pour lui. Il t’en voudra si tu pars le rejoindre maintenant.
- Mais… tu as raison.

Plus tard dans la journée, Masao alla à l’entreprise de son père et entra dans son bureau.
- Que veux-tu ? demanda Sayaku.
- Je viens te donner ma lettre de démission.
- Quoi ?
- Je ne veux pas rester comme ça. Demain on enterre l’être que j’aimais le plus au monde. Et après, je pars.
- Tu vas où ?
- Je vais aller en France, pour je ne sais pas combien de temps. J’irai me recueillir sur la tombe de maman en Auvergne. Et j’en profiterai pour voir mes grands-parents. Je resterai là-bas le temps de faire le point sur tout ça.
- Comment être sûr que tu me reviendras ?
- Ne t’inquiète pas, répondit Masao d’une voix tremblante. Chris veut que je sois heureux. Par amour pour lui je vais obéir à ses dernières paroles. Tu sais, il m’a toujours aimé et…
- Je sais. Et je ne saurais comment me faire pardonner le mal que je lui ai dit. Si tu savais comme je m’en veux…
- Il te pardonne. J’en suis sûre. Il était comme ça. C’était quelqu’un d’admirable, de courageux… jamais méchant… je suis sûr que là où il est il est heureux. Retourner chez lui a-t-il dit. Chez les anges.
- J’en suis sûr… Il fait parti de la famille…
- Papa…

Mamoru sourit et serra son fils contre lui. Il n’irait pas à l’enterrement. Il avait trop honte pour s’y présenter. D’ailleurs il y avait peu de personne ce jour-là. Madame Kawazu était venue, ainsi que les trois membres de la famille de Chris et bien sûr Miki et Masao. Pour un dernier au revoir.

Miki fut le dernier à partir.

« Je savais que tu allais mal depuis longtemps, et je n’ai rien fait pour t’aider. Tu n’as pas voulu te faire aider. En finir ainsi, c’est indigne de toi. Mais étonnamment, je ne t’en veux plus du tout. Tu me forces à vivre sans toi, et c’est peut-être mieux ainsi. On était trop dépendant l’un de l’autre. un amour fraternel ? C’était vraiment poussé à l’extrême. Mais tu n’as pas voulu survivre pour moi. Je ne t’en veux pas. Pardonne-moi. On ne reverra n’est-ce pas ? Pas avant longtemps, mais on se retrouvera. Ne t’inquiète pas, je savais très bien que tu ne te sentais pas chez toi, dans ce monde. C’est étrange n’est-ce pas ? Ce sentiment de ne pas appartenir à cette terre. A bientôt petit frère. »
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 13:26

Quite à mettre la suite j'ai mis toute l'histoire ^^
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitimeMar 1 Mai - 16:13

merci ! ^^

très jolie histoire mais super triste ! Pleure

C'est bien écrit, j'étais vraiment triste en lisant la suite ! t'as bien fait passer les émotions ! ^^

Bravo à toi ! ^^

Et vive le Yaoi ! wouah

~~~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~¤¤¤~~~
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merci beaucoup ^^
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MessageSujet: Re: Bara no Hime by Athéna   Bara no Hime by Athéna Icon_minitime

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